Beaucoup se demandent si la Bible est digne de foi, si elle n’a pas été trafiquée, mal recopiée, ou adaptée par des chefs religieux sans scrupules…

J’aimerais que nous voyons ici comment s’est formée la Bible française que je tiens dans mes mains. Pour ce faire, nous devrons remonter le fil de sa conception depuis sa traduction jusqu’à son inspiration.

Les traductions françaises

Les méthodes de traduction

Les apocryphes de l’Ancien Testament

D’où vient ma traduction?

Les écoles de copistes

Les manuscrits de l’Ancien Testament

La composition du texte hébreu

Témoignages archéologiques

Les manuscrits du N.T.

Les familles de manuscrits

Histoire de la critique textuelle

Comparaison des textes anciens

Le Canon du Nouveau Testament

L’inspiration divine

Évidences de l’inspiration

Fiable pour mon existence

 

Les traductions françaises

Ma Bible est une traduction. Il existe plusieurs traductions françaises dont le texte est très fiable :

* la Bible de Jérusalem, utilisée par les catholiques. Elle contient néanmoins des livres apocryphes.

* la Traduction Œcuménique de la Bible (1975), réalisée par des traducteurs protestants et catholiques.

* la traduction de Louis Segond (1901) utilisée par les protestants.

* Les protestants ont d’autres traductions : Synodale, Darby, Osterwald, Français Courant, Semeur, etc.

* Par contre, la Traduction du Monde Nouveau, utilisée par les Témoins de Jéhovah uniquement, n’est pas la Bible (voir article sur la Tour de Garde)

L’intervention de Dieu dans la traduction de la Bible est visible. En 1999, le texte biblique était disponible en 2233 langues selon le rapport des United Bible Societies. Vingt millions sept cent cinquante mille bibles ont été distribuées dans le monde en 1998. Des hommes et des femmes donnent leur vie chaque année pour traduire et apporter la Bible aux tribus les plus reculées du monde. La Bible n’est pas un livre du passé mais toujours présent et renouvelé.

Les méthodes de traduction

Aujourd’hui, il existe deux méthodes de traduction : la traduction dite littérale et la traduction par équivalence dynamique. La première cherche à rester au plus près des mots de la langue originale ; la seconde recherche à en transcrire le sens pour l’homme contemporain. La Bible de Jérusalem, de Segond, de Darby, sont plus littérales. La Bible en Français Courant et du Semeur suivent la méthode d’équivalence dynamique.

La force de la traduction littérale est de nous offrir dans notre langue un texte le plus proche de l’original. La force de l’équivalence dynamique est d’être plus proche du parler contemporain et donc d’interpeller plus fortement le lecteur néophyte moderne sans le repousser avec des expressions théologiques obscures ou vieillies.

La faiblesse de la traduction littérale est de tomber parfois dans le piège du mot à mot qui ne rend pas forcément le vrai sens d’une phrase. La faiblesse de l’équivalence dynamique est qu’elle oblige à interpréter le texte et donc à le limiter ou le modifier.

Je préfère la traduction plus littérale, parce qu’elle me donne un texte neutre proche de l’original. L’équivalence dynamique est plus fortement marquée par les a priori théologiques du traducteur, ce qui est inacceptable pour une bible. De plus, par volonté de rendre le texte accessible, la méthode d’équivalence dynamique peut l’affaiblir grandement.

Les apocryphes de l’Ancien Testament

Les bibles protestantes diffèrent des catholiques en ce qu’elles ne contiennent pas les sept livres apocryphes de l’Ancien Testament (Maccabées, Sagesse, Bel et le Dragon, etc.).

Ces livres apocryphes sont écartés de la Bible parce que :

- Le Canon hébraïque ne les reconnaît pas;

- Ils contiennent des légendes et des erreurs;

- Jésus et les apôtres ne les ont jamais cités;

Comment ont-ils été ajoutés au texte biblique, alors ?

Au IVe siècle, l’évêque de Rome Damase 1er demanda à son secrétaire Jérôme de réaliser une traduction de la Bible en latin courant, qu’on appela la Vulgate. Jérôme était un érudit tout à fait apte pour accomplir cette tâche. Il utilisa la Septante grecque et perfectionna son hébreu en habitant plusieurs années en Israël. L’église de Rome l’obligea à ajouter les livres non inspirés qui se trouvaient dans la Septante. Il le fit mais en ajoutant une introduction, le « Prologue Galaetus » que, tout au long du Moyen Age, les copistes reproduisirent à l'en-tête des deux livres de Samuel : « Tout ouvrage qui ne figure pas parmi les 24 livres de la Bible hébraïque doit être considéré comme apocryphe, c'est-à-dire non canonique. »

Le Concile de Trente, réuni entre 1545 et 1563, condamna chacune des affirmations de la Réforme, décréta que les apocryphes ne l’étaient plus mais qu’ils devaient être considérés comme deutérocanoniques, et supprima définitivement de la Vulgate le Prologue Galaetus de Jérôme.

D’où vient ma traduction?

Je le précise, nous ne disposons d’aucun original hébreu ou grec, écrit de la main même d’un prophète. Ce n’est pas trop étonnant, parce que nous ne possédons aucun original d’aucun texte de l’Antiquité. Nous possédons par contre de nombreuses copies à partir desquelles ont été retrouvés le texte hébreu et grec de la Bible.

L’ANCIEN Testament est traduit d’un texte en hébreu et araméen (une partie du livre de Daniel).

Le NOUVEAU Testament est traduit d’un texte en grec koine, c’est-à-dire un grec commun plus simple que le grec classique et le plus répandu dans l’Empire romain au temps des apôtres.

Les écoles de copistes

Comment les copies des textes bibliques nous sont-elles parvenues ? Grâce à des copistes, dont le métier était de recopier, avec la plus grande exactitude possible, les textes sacrés.

Chez les juifs, les écoles de scribes remontent au moins à l’époque d’Esdras (Ve s. av. J.C.). Le professeur Gleason Archer mentionne 5 écoles au long des siècles :

Les sopherim d’Esdras (Ve-IIe s. av. J.C.)

Les zugoth (IIe-Ier s. av. J.C.)

Les tannaïm (jusqu’au IIIe s. apr. J.C.)

Les talmudistes (100-500 ap. J.C.)

Les massorètes (VIe-Xe s. apr. J.C.)

Concernant les Massorètes, l‘Encyclopedia Britannica explique :

« Le travail monumental des Massorètes commença au VIe siècle pour s’achever au Xe grâce aux académies talmudiques de Babylonie et de Palestine. Leur but était de reproduire aussi précisément que possible le texte original de l’Ancien Testament hébreu. Ils ne cherchèrent pas à interpréter le sens des Ecritures mais à transmettre aux futures générations l’authentique parole de Dieu. Pour ce faire, ils rassemblèrent des manuscrits et des traditions orales partout où ils purent s’en procurer. Le texte massorétique qui en résulta montre que chaque mot et chaque lettre fut vérifié avec soin. Que ce soit pour l’hébreu ou pour l’araméen, ils soulignèrent les mots étrangement orthographiés, les différences inhabituelles de grammaire et notèrent toutes les variantes entre les différents manuscrits. Alors que les textes hébreux omettaient toutes les voyelles quand on les écrivait, les Massorètes introduisirent des signes-voyelles pour garantir une prononciation correcte. »

John Alexander, de l’Institut Biblique de Genève, apporte d’autres précisions :

« [les Massorètes] additionnèrent le nombre de lettres semblables à travers l’Ancien Testament : la lettre hébraïque aleph s’y trouve 42 377 fois, beth 38 218 fois, etc ; au total, il y a 815 280 lettres dans l’Ancien Testament. Toujours dans le but de repérer la moindre omission dans le manuscrit, ils recherchèrent également le mot et la lettre du milieu de chaque livre ou collection de livres. » (John Alexander, L’Histoire de la Bible, La Maison de la Bible, Genève 1984).

Le Nouveau Testament est aussi au bénéfice de copistes, principalement des moines dont c’était le métier. La méticulosité des copistes n’a pas empêché des erreurs, soit d’inattention, soit lors de la dictée du texte; mais la providence de Dieu a pallié ce problème grâce au nombre énorme de manuscrits à notre disposition, qui permet d’éliminer la plupart des erreurs de copistes. Les spécialistes des manuscrits distinguent entre plusieurs erreurs possibles (tiré de G. Archer, Introduction à l‘Ancien Testament, Editions Emmaüs, p.52-56) :

- l’haplographie : écrire une lettre, une syllabe ou un mot une seule fois quand il aurait fallu les répéter.

- la dittographie : l’inverse, c’est-à-dire répéter une lettre, une syllabe ou un mot là où il n’y en avait qu’un.

- la métathèse : inverser la position d’une lettre ou d’un mot.

- la fusion : réunir deux mots en un seul.

- la fission : scinder un mot en deux.

- l’homophonie: substituer un homonyme à un autre.

- la confusion entre deux lettres qui se ressemblent.

- l’homoeoteleuton : omettre un passage entier.

- la lecture de lettres quiescentes.

Un certain nombre d’erreurs pour l’A.T. est dû au fait que l’hébreu s’écrivait sans voyelles avant les Massorètes. Pour le texte grec du N.T., les problèmes venaient du fait que le texte était écrit d’un seul trait, sans espaces et sans ponctuation.

A la recherche du texte hébreu

Le texte hébreu qui sert de base à nos traductions est un composé de différents manuscrits comparés ensemble. Cette comparaison a permis d’établir un texte unique dont se servent toutes les traductions. Ce texte est certainement très proche de l’original parce qu’il a été travaillé suivant des méthodes précises de critique textuelle.

Les manuscrits de l’Ancien Testament

Les savants ont à leur disposition un nombre important de manuscrits de l’Ancien Testament pour réaliser un texte le plus fiable possible. Ces manuscrits nous sont parvenus grâce au travail des archéologues et des paléographes. Les savants ont donc travaillé sur :

* Les 600 textes massorétiques dont le Codex de Leningrad (1000 ap J.C.) est le plus connu. Ils constituent la base principale du texte hébreu utilisé pour nos traductions.

* La Septante grecque (IIIe s. av. J.C. ; du latin septuaginta, soixante-dix). La forte communauté juive d’Alexandrie décida de traduire les livres juifs en grec pour deux raisons : 1) certains juifs ne lisaient plus l’hébreu et les Egyptiens et 2) les Grecs s’intéressaient à cette religion unique en son genre. La Septante contenait toute la littérature hébraïque de l’époque, c’est-à-dire tous les écrits inspirés plus des textes religieux, légendaires ou historiques. L’histoire de cette traduction nous est racontée dans une lettre d’Aristeas à son frère Philocrates. Elle est citée par Josèphe et par Philon, deux historiens juifs du premier siècle de notre ère. Cet Aristeas se fait passer pour un écrivain païen vivant à Alexandrie et admiratif de la culture juive. En fait, plusieurs erreurs historiques dans la lettre laissent penser que c’est un juif d’Alexandrie qui a écrit cette lettre, peut-être au deuxième siècle avant J.C.. Comme cette lettre est la seule source que nous possédions pour accréditer l’histoire de cette traduction, on ne peut pas lui faire confiance à cent pour cent. On y apprend néanmoins que Ptolémée Philadephe, roi d’Egypte, aurait commandé au souverain sacrificateur de Jérusalem une version du Pentateuque. Comme il ne lisait pas l’hébreu, on aurait fait appel à 72 rabbins (6 par tribu) pour réaliser la traduction. Les rabbins auraient travaillé indépendamment pendant 72 jours et leur résultat aurait été miraculeusement identique ; de plus, le souverain sacrificateur aurait exigé en contrepartie de la traduction la libération d’un million de juifs esclaves en Egypte. Quelles que soient les circonstances de sa réalisation, la Septante, comme on l’a appelée, connut un vif succès parmi la diaspora juive qui avait perdu la maîtrise de l’hébreu. (cf. L’Histoire de la Bible par John Alexander, La Maison de la Bible, 1984, p.26)

La Septante apporte un éclairage important sur le texte hébreu. Par ex : Esaïe 7/14 est traduit ‘la vierge sera enceinte’. Or, en hébreu almah peut signifier ‘jeune fille’ ou ‘vierge’; mais les juifs d’Alexandrie ont traduit almah par parthenos, qui signifie uniquement ‘vierge’.

* Les Manuscrits de la mer Morte (IIe s. av J.C.). Alors que les biblistes de la Haute Critique mettaient de plus en plus en doute le texte massorétique, la providence de Dieu guida un jour de 1947 un jeune berger arabe vers les grottes de Qumran, près de la mer Morte. Courant après une chèvre égarée, il entra dans l’obscurité et marcha sur des débris de jarres en argile. Il ramena un morceau de parchemin et c’est ainsi que l’une des plus importantes découvertes archéologiques du XXe s. a commencé. Dans une dizaine de grottes, on a pu retrouver des centaines de fragments de textes en hébreu et araméen principalement, écrits sur des papyrus et des parchemins de peau. La plupart était sous forme de rouleaux. Ce sont des textes de la Bible hébraïque, mais aussi des textes religieux d’une communauté juive essénienne. Cela démontre que la littérature juive et araméenne était assez développée à l’époque, contrairement à ce qu’on croyait. On a tout de suite comparé les textes bibliques de Qumran avec les textes massorétiques 1000 ans plus vieux. Et les différences sont minimes : selon Gleason Archer, spécialiste de l’AT et des langues sémitiques, l’accord est de 95% entre les textes. Et une majorité des variantes concerne l’orthographe des mots et non le sens. Cette préservation d’un texte ancien sur plus de 1000 ans est un miracle. C’est aussi grâce au travail méticuleux des scribes juifs, portés par leur foi et leur respect pour la parole de Dieu.

* Les Targums araméens (IIIe s. ap. J.C.). Pendant l’exil à Babylone, les juifs ont commencé à s’exprimer plus en araméen qu’en hébreu (bien que ce soit deux langues assez proches). Lors de la lecture de la Bible hébraïque, un commentateur faisait la traduction en araméen, mais avec une paraphrase qui devenait parfois une interprétation. Ces paraphrases orales étaient assez codifiées et ont finalement été mises par écrit deux cents ans après J.C.. Ces targums aident parfois à comprendre le sens de mots hébreux.

* La Peshitta syriaque (IIe s. ap J.C.) : Peshitta signifie « simple ». Sans doute composée au IIe ou IIIe s. apr. J.C. en langue syriaque. Certaines versions ont été traduites à partir de l’hébreu, d’autres de la Septante.

La composition du texte hébreu

Le canon juif est composé de 22 livres en 3 parties : La Loi, les Prophètes et les Ecrits poétiques et de sagesse. Cela s’appelle le canon, c’est-à-dire « l’ensemble des livres considérés comme sacrés et inspirés par Dieu et faisant autorité dans la vie et la foi des hébreux. »

L’A.T. est formé de 22 livres pour 22 lettres de l’alphabet hébreu. Nos bibles françaises ne reprennent pas l’organisation hébraïque des livres mais plutôt un ordre chronologique.

L’A.T. a été écrit par 37 écrivains, de Moïse (1500 av. J.C.) à Malachie (400 av. J.C.).

Comment a-t-on décidé quel livre serait inclus dans le canon ? Il fallait que ce soit écrit par un prophète ou par un homme de Dieu d’Israël poussé par le Saint-Esprit. Nous avons à ce propos le témoignage de Flavius Josèphe, historien juif du 1er siècle de notre ère :

« Rien ne peut être mieux attesté que les écrits autorisés parmi nous. En effet, ils ne sauraient être sujets à aucune discordance; car on n’approuve parmi nous que ce que les prophètes écrivirent il y a de nombreux siècles, enseignés qu’ils étaient par l’inspiration même de Dieu… Nous n’avons pas parmi nous une multitude innombrable de livres, se contredisant l’un l’autre. Nous n’en avons que vingt-deux, qui contiennent les récits de toute l’histoire ancienne, qui sont à juste titre considérés comme divins, dont cinq ont été écrits par Moïse et contiennent ses lois et les traditions de l’origine de l’humanité jusqu’à sa mort… Les prophètes ont écrit ce qui se passa de leur temps en treize livres. Les quatre livres qui restent contiennent des cantiques en l’honneur de Dieu et des préceptes pour la conduite de la vie humaine… Depuis des siècles si nombreux, personne n’a été assez hardi pour y ajouter ou y retrancher quelque chose… Ils nous sont donnés par l’inspiration qui vient de Dieu. Mais quant aux autres livres composés depuis les temps d’Artaxerxès [dits ‘livres apocryphes’] ils ne sont point regardés comme dignes d’une foi semblable. » (Flavius Josèphe, Contre Apion, livre 1 §8).

Témoignages archéologiques

La fiabilité du texte hébreu est confirmée par de nombreux témoignages archéologiques. Je ne mentionnerai ici que les témoignages écrits :

Le Code d’Hammurabi (2500 av. J.C.) contient un code de lois religieuses et civiles édictées par le roi babylonien Hammurabi au temps d’Abraham. Il montre que la loi de Moïse n’est pas une invention tardive mais que des codes civils et religieux existaient depuis longtemps au Moyen-Orient.

Les Tablettes d’Ebla (2300 av. J.C.) mentionnent des noms propres que l’on retrouve dans la Genèse, notamment Abram et Isaac. Elles montrent que la civilisation et l’écriture étaient déjà avancées à cette époque reculée.

Le Prisme de Weld (2170 av. J.C.) énonce la généalogie des rois Babyloniens après le Déluge. Cela montre que le Déluge était un événement très important dans le monde de l’époque.

Les Tablettes de Mari (1700 av. J.C.) décrivent la vie quotidienne au temps d’Abraham et confirment plusieurs détails de la Genèse.

Les Tablettes d’Ugarit (1400 av. J.C.) sont des textes religieux et littéraires qui nous informent beaucoup sur l’écriture et le style à l’époque de Moïse et confirment la Bible.

Les Tablettes de Nuzi (1400 av. J.C.) décrivent les lois et les coutumes du temps des patriarches et éclairent beaucoup le texte biblique.

Les Tablettes de Tell El Amarna (1300 av. JC) sont des lettres adressées à la cour égyptienne. Elles confirment les incursions sémites en Canaan et donc les livres de Josué et Juges.

Tous ces témoignages écrits ont permis d’accroître notre connaissance des langues de la région aux temps bibliques, et de confirmer le lien entre les récits de la Bible et la réalité historique.

A la recherche du texte grec

Voyons maintenant comment nous avons obtenu le texte grec qui sert de base à nos traductions.

Les manuscrits du N.T.

Nous possédons 5.300 manuscrits en grec + 10.000 en latin + 9.300 en d’autres langues, ce qui fait env. 24.000 copies, un chiffre énorme. Nous verrons ensuite un tableau de comparaison avec d’autres textes anciens.

Les manuscrits principaux en grec sont :

* Le Papyrus d’Oxford (daté de 50 ap. J.C. par C. Thiede)

* Le Papyrus Ryland (125 ap. J.C.)

* Le Papyrus Chester Beatty (IIIe s. ap. J.C.)

* Les Codex Alexandrinus, Vaticanus, Sinaïticus (IVe ap J.C.)

Le papyrus est plus ancien mais aussi plus rare parce qu’il se désagrège plus facilement.

Le parchemin est un livre en forme de rouleau écrit sur de la peau de bête.

Le codex désigne un livre de forme semblable aux livres modernes, écrit recto-verso.

Les manuscrits étaient soit écrits en lettres capitales, appelées onciales, soit en minuscules. En général, il n’y avait ni espaces ni ponctuation entre les mots.

Depuis le XIXe siècle, des biblistes ont utilisé la critique textuelle pour établir un texte grec le plus fiable possible. Des hommes comme Tischendorf (1841), Westcott et Hort (1881) puis Nestle et Aland (1898) ont établi ce texte qui est à la base de toutes nos traductions.

Les familles de manuscrits

- le Texte Alexandrien serait apparu en Egypte et est considéré comme le plus proche de l’original. Les biblistes Westcott et Hort, qui l’appelaient le Texte Neutre, pensaient que le Codex Sinaiticus et le Codex Vaticanus, les plus anciens manuscrits grecs en notre possession (IVe siècle) avaient préservé la forme la plus pure du Texte Alexandrien. En fait, ces deux manuscrits diffèrent en 3000 endroits rien que dans les Evangiles. Il semble que Westcott et Hort (deux hommes qui ne croyaient pas à l’autorité divine de l’Ecriture) aient formé arbitrairement une partie de leur texte grec. Ils ont, de plus, inventé une histoire de complot, réfutée par les historiens, qui aurait écarté le Texte Alexandrinien plus pur au profit du Texte Byzantin corrompu.

- le Texte Byzantin fut adopté à Constantinople et utilisé dans tout l’Empire Byzantin. Il est aussi appelé « texte majoritaire » parce que les manuscrits grecs qui le contiennent sont les plus nombreux. C’est vers le IVe siècle que Lucien aurait produit ce texte à Antioche, en Syrie. Erasme (1466-1536), qui fut à l’origine du premier texte grec imprimé du N.T., l’a utilisé. Le plus connu est le Codex Alexandrinus (Ve siècle). C’est sur le texte byzantin qu’a été formé le Texte Reçu utilisé par les Réformateurs protestants.

- les textes Occidentaux sont liés plus précisément à l’Afrique du Nord. Certains remontent au IIe siècle de notre ère. Mais l’évidence montre qu’ils ont subi des corruptions. On les retrouve dans la version Syriaque, dans les anciennes versions latines et dans les Pères de l’Eglise. Le plus fameux est le Codex de Bezae.

- le Texte Césaréen était utilisé à Césarée et dérive en partie du texte alexandrinien mais avec des corruptions. Le plus connu est le Codex de Washington (Ve siècle).

Histoire de la critique textuelle

La critique textuelle est l’étude et la comparaison des manuscrits bibliques dans le but de retrouver le texte le plus proche de l’original. Le nombre immense de manuscrits nous permet de retrouver à coup sûr 99% du texte original. Il existe néanmoins de nombreuses petites variantes entre les manuscrits, et un débat sur la pureté de telle ou telle famille de manuscrits est toujours en vigueur. Mais je précise qu’aucune de ces variantes ne modifie le contenu doctrinal du N.T.. Elles ne portent que sur des détails. Les théologiens modernes Dockery, Matthews et Sloan ont écrit dans leur étude Foundation For Biblical Interpretation que « pour la majorité du texte biblique, une seule interprétation nous a été transmise. En éliminant les erreurs de scribes et les changements intentionnels, les variantes ne laissent qu’un tout petit pourcentage de doute sur le texte. » (Broadman & Holman Publishers, Nashville, 1994, p.176)

Un intéressant débat existe néanmoins au sujet du texte grec. Deux textes grecs sont utilisés par les traducteurs : le Texte Reçu, qui remonte à la Réforme; et le texte formé par des savants comme Westcott et Hort. Il existe entre ces deux textes un certain nombre de différences.

Voici l’historique du Texte Reçu : il a été appelé ainsi par les deux frères Elzévir qui l'ont publié à Leiden en 1624. En préface de leur texte, ils écrivirent : "Vous avez là le texte maintenant reçu par tous, que nous transmettons sans rien omettre ni corrompre." En fait, ils transmettaient là une révision du manuscrit grec de Robert Estienne, le fameux imprimeur protestant du roi François 1er. Pour réaliser cette révision, les frères Elzévir se sont servis d'un autre texte, celui de Théodore de Bèze, le successeur de Calvin à Genève.Robert Estienne, lui, s'était basé sur deux textes grecs du N.T., celui d'Erasme, le savant hollandais, et sur la Polyglotte de Complutum.

La polyglotte fut réalisée par des catholiques espagnols d'Alcalà de Henares (anciennement ville romaine de Complutum). Terminé en 1517, ce texte grec du N.T. avait été réalisé grâce à l'aide du pape Léon X qui avait fourni les manuscrits les plus anciens et les moins erronés. Erasme publia en 1516 à Bâle son texte grec du NT. Il se basa sur cinq ou six manuscrits, dont le plus ancien datait du XIIe siècle, et qui se trouvaient à l'université de Bâle.

Les traducteurs ont l'honnêteté et l'humilité d'avouer qu'ils ont fait ce qu'ils ont pu. Ainsi, Olivétan, en préface de sa traduction : "Car Jésus... m'a donné cette charge et cette commission de tirer et déployer icelui thrésor hors des armoires et coffres hébraïques et grecs, pour après l'avoir entassé et empaqueté en bougettes [boîtes] françaises le plus convenablement que je pourrai, en faire un présent à toi, ô pauvre église, à qui rien l'on ne présente." (Histoire de la Bible Française, D. Lortsch, p.110)

Plus tard, on a retrouvé des manuscrits plus anciens que les protestants n'avaient pas en leur possession. Le plus fameux est le Codex Sinaiticus découvert par Tischendorf en 1859 au monastère Sainte Catherine. Des savants comme Griesbach ou Bengel les ont étudiés et utilisés pour réviser les traductions existantes. Ils sont partis du principe que les manuscrits les plus anciens sont les moins corrompus. C'est leur choix, mais on en n'a pas la preuve.

Plusieurs arguments nous laissent des doutes au sujet de la plus grande pureté des codex Sinaiticus et Vaticanus : 

1) Un manuscrit plus ancien n’est pas forcément meilleur qu’un plus récent, s’il est la copie d’une copie corrompue.

2) On a découvert que Sinaiticus et Vaticanus avaient subi des corrections par d’autres scribes tardifs (VIe et VIIe siècle), dans le sens du Texte Byzantin. William Burgon, spécialiste du N.T. et défenseur du Texte Byzantin écrit en 1883 : « L’impureté du texte de ces codex n’est pas une question d’opinion mais un fait… Dans les Evangiles seulement, le Codex B (Vaticanus) omet des mots et des clauses entières pas moins de 1491 fois. Il porte les traces d’une transcription peu soigneuse à chaque page. Le Codex Sinaiticus abonde en erreurs de copie et en ratures à un degré rarement vu dans les documents anciens de cette importance. Souvent, il omet 10, 20, ou 30 mots à la suite. Des lettres et des mots, parfois des phrases entières, sont réécrits deux fois ou sont commencés et immédiatement rayés. »

Comparaison des textes anciens

La comparaison entre les copies du N.T. et d’autres écrits anciens révèle que la diffusion et la préservation du texte chrétien est unique (voir le tableau qui suit). Aucun texte grec de l’Antiquité n’est aussi bien représenté que le Nouveau Testament. Le nombre immense de manuscrits témoigne de la dirigé par la providence de Dieu pour préserver le texte sacré, mais aussi du rôle de premier plan qu’a joué la Bible dans la société pendant des siècles.

Date

Nb de

copies

La +

ancienne copie

écart

Nouveau Testament

40-100

24.000

125

25

Iliade d’Homère

- 800

643

- 400

400

Platon

- 400

7

900

1300

Sir Frederic Kenyon, qui fut dès 1909 l’un des grands directeur du British Museum écrivait : « L’intervalle de temps entre les compositions originelles et les manuscrits les plus proches est si ténu qu’il en devient négligeable; le dernier obstacle qui laissait un doute sur l’authenticité des Ecritures que nous possédons a été levé. L’authenticité et l’intégrité générale des livres du N.T. peut être considérée comme définitivement établie. » (The Bible and Archeology, Harper and Row, New York, 1940, p.288)

Le Canon du Nouveau Testament

A partir du XIXe siècle, des savants ont commencé à enseigner que les Evangiles avaient été écrits tardivement (IIe ou IIIe siècle) et seraient des exagérations de la vérité sur Jésus. D’autres ont affirmé que des chefs religieux auraient ajouté des textes et retranché d’autres (des évangiles apocryphes) pour sauvegarder leur pouvoir.

Ces allégations ne tiennent plus debout. On sait aujourd’hui que le N.T. était déjà terminé aux alentours de l’an 100 sous la forme que nous possédons aujourd’hui comme en témoignent ces écrits dûment datés qui citent presque complètement le Nouveau Testament :

* La Didache (100)

* L’Epitre de Clément de Rome (96)

* L’Epitre de Barnabas (100)

On a dit aussi que c’est au Concile de Carthage en 397 que le canon chrétien a été fixé. C’est vrai et faux à la fois. C’est en partie vrai parce que le concile a déclaré qu’on ne pouvait plus lire dans les églises d’autres écrits que les écrits canoniques. Mais les chrétiens faisaient depuis longtemps la différence entre les écrits inspirés et les écrits d’encouragement non inspirés.

En 200, par ex., Tertullien a forgé le nom « Nouveau Testament » pour désigner les écritures après Jésus-Christ.

Le canon de Muratori, daté de 170 environ, énumère déjà les livres canoniques : 4 Evangiles, les Actes, les 13 Epitres de Paul, Jude, 2 Epitres et l’Apocalypse attribuées à Jean.

L’inspiration divine

Nous pouvons d’ores et déjà affirmer que le texte biblique que nous possédons est très, très proche des originaux à quelques lettres près.

Une question demeure : ces textes ont-ils été inspirés par Dieu ou sont-ils l’invention d’hommes à la forte imagination ?

Je ne prétendrai pas prouver ici à 100% l’inspiration de la Bible ; c’est une question de foi. Mais il existe un grand nombre d’évidences qui démontrent qu’un auteur unique a conduit les écrivains de la Bible à écrire la Bible.

Voyons tout d’abord les affirmations des auteurs sur leur inspiration :

- 3808 fois on trouve l’expression ‘Ainsi parle l’Eternel’ montrant ainsi que l’écrivain retranscrit la parole même de Dieu.

- Paul écrit : ‘Toute l'Ecriture est inspirée de Dieu, et utile pour enseigner, pour convaincre, pour corriger, pour instruire dans la justice…’ (2 Timothée 3:16). Le mot « inspirée » est littéralement « soufflée par Dieu ». Ce n’est pas la même inspiration que pour un musicien ou un écrivain. La pensée exacte de Dieu est communiqué au prophète à travers son style d’écriture et sa personnalité sans qu’elle soit déformée.

- Pierre écrit : ‘Sachez tout d'abord vous-mêmes qu'aucune prophétie de l'Ecriture ne peut être un objet d'interprétation particulière, car ce n'est pas par une volonté d'homme qu'une prophétie a jamais été apportée, mais c'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu.’ (2 Pierre 1:20-21)

Evidences de l’inspiration

Voici maintenant d’autres évidences qui révèlent l’inspiration de Dieu :

- L’unité entre tous les livres de la Bible alors qu’elle a été rédigée par 45 écrivains sur une période de 16 siècles ! Tous pointent vers un seul Dieu, un seul Sauveur, un seul Messie, un seul message de repentance et de foi. Tout au long de la Bible, on découvre le même Dieu, à la fois juste et bon, qui veut cohabiter avec sa créature, jusqu’au sacrifice immense, la mort de Jésus-Christ sur la croix.

- L’accomplissement parfait entre le premier livre, la Genèse, et le dernier, l’Apocalypse. La Genèse commence dans l’éternité et introduit la création et la chute de l’homme. L’Apocalypse termine par la re-création, l’élimination du péché et l’accueil des croyants dans l’éternité.

- L’exactitude historique et scientifique. Même si une majorité d’individus croient que le récit de la Création est un mythe et que la Bible fourmille d'erreurs, ils n’ont jamais réussi à prouver la théorie de l’Evolution (voir article sur Les Deux Modèles). L’univers et la biologie témoignent au contraire de la marque d’un créateur intelligent. La vie n’est pas un hasard et la Bible en témoigne. Sur le plan historique, la Bible s’avère très exacte et précise quant aux noms propres, aux coutumes de chaque époque et au domaine géographique.

- La révélation d’un Dieu unique et supérieur : l’homme ne peut pas inventer un Dieu plus grand et plus saint que lui, un Dieu éternel (il n’y a rien d’éternel sur la terre). C’est pourquoi Salomon a justement écrit : « Il fait toute chose belle en son temps ; même il a mis dans leur coeur la pensée de l'éternité, bien que l'homme ne puisse pas saisir l'oeuvre que Dieu fait, du commencement jusqu'à la fin. » (Ecclésiaste 3:11)

- Les prophéties accomplies au détail près. Inspirer une prophétie qui se réalise précisément plusieurs siècles après est surnaturel et requiert l’omniscience et l’omnipotence d’un Dieu créateur.

- Les vérités toujours actuelles : la Bible est universelle et s’adresse à tous les peuples de tous les temps. Son message d’amour, de justice, de sagesse et d’éternité est toujours aussi utile et important. Goethe (1749-1832) écrivait : « Rien ne remplacera la Bible, base de toute culture et de toute éducation. C’est une foi dans la Bible qui m’a servi de guide dans ma vie morale et littéraire. Plus la civilisation avancera, plus la Bible sera employée. » (Iphigénie en Tauride, cité par A. Lukasik)

- La puissance de transformation : la Bible est vivante et change le cours de l’existence, la mentalité et le caractère des personnes. Elle n’est pas un livre d’histoire ou de légendes. Elle est vraiment la parole de Dieu : « C'est pourquoi nous rendons continuellement grâces à Dieu de ce qu'en recevant la parole de Dieu, que nous vous avons fait entendre, vous l'avez reçue, non comme la parole des hommes, mais, ainsi qu'elle l'est véritablement, comme la parole de Dieu, qui agit en vous qui croyez. » (1 Thessaloniciens 2:13)

Fiable pour mon existence

La Bible est-elle fiable ? Oui, le texte que nous possédons est fiable, mais pas seulement pour retracer l’histoire du peuple juif ou de Jésus, mais fiable pour mon existence même :

- La Bible m’explique l’origine du monde

- La Bible révèle mon Créateur

- La Bible me donne la sagesse pour vivre

- La Bible me présente le Sauveur Jésus-Christ venu me délivrer du mal, me pardonner et me réconcilier avec mon Créateur.

- La Bible contient des promesses pour le présent et pour la vie éternelle.

Parole de Jésus-Christ

Je voudrais terminer avec cette parole de Jésus :

« C'est pourquoi, quiconque entend ces paroles que je dis et les met en pratique, sera semblable à un homme prudent qui a bâti sa maison sur le roc. La pluie est tombée, les torrents sont venus, les vents ont soufflé et se sont jetés contre cette maison, elle n'est point tombée, parce qu'elle était fondée sur le roc. » (Matthieu 7:24-25)

 

Sur quoi avez-vous bâti votre vie ? Avez-vous déjà subi les revers du vent et de la pluie qui ont déstabilisé votre existence ? Vous savez qu’il y aura une tempête finale, la mort qui viendra pour tous. Etes-vous prêt à rencontrer Dieu ?

Je vous encourage de tout cœur à fonder votre vie sur les promesses de Dieu et sur Dieu lui-même.

Ma propre vie, présente et future, est bâtie sur les Saintes Ecritures : j’y trouve amour, paix, justice, sagesse et assurance pour l’éternité.

Bibliographie

Ouvrages en français

La Bible Segond, Nouvelle Edition de Genève, 1979

La Bible de Jérusalem, Ecole Bibl. de Jérusalem, Editions du Cerf, 1996

La Traduction Œcuménique de la Bible, Alliance Bibl. Française, 1975

Les Saintes Ecritures- Traduction du Monde Nouveau, Watchtower Bible and Tract Society, 1995

L’histoire de la Bible, John Alexander, la Maison de la Bible, Genève, 1973 (épuisé)

Introduction à l’Ancien Testament, Gleason Archer, Emmaüs, St Légier, 1974

Les Manuscrits de la mer morte, Wise-Abegg-Cook, Plon, 2001

L’inspiration et l’autorité des Saintes Ecritures, René Pache, Emmaüs, St Légier, 1992

La Bible à la lumière de l’archéologie, J.A Thompson, LLB, Guebwiller, 1988

Histoire de la Bible Française, Daniel Lortsch, mise à jour J.-M. Nicole, Emmaüs, St Légier, 1984

1001 Citations pour Réfléchir, A. Lukasik, Nouvelle Alliance, Suisse, 1993

 

Ouvrages en anglais

Encountering New Testament Manuscripts, Jack Finegan, Eerdmans Publishing, Michigan, 1974

The New Testament Documents, F.F. Bruce, Eerdmans Publishing, Michigan, 1968

The New Evidence That Demands A Verdict, Josh McDowell, Nelson Publishers, Nashville, 1999

The Works of Josephus, Flavius Josèphe traduit par Whiston, Hendrickson Publishers, Peabody, 1987

The Revision Revised, John William Burgon, J. Murray, London, 1883

Depth Exploration In the NT, Julius Mantey, Vantage Press, 1980

 

Langues bibliques

Ancien Testament en Hébreu, Biblia Stuttgartensia

Ancien Testament en Grec, Septuaginta

Nouveau Testament en Grec, Aland-Black-Martini, United Bible Societies, 3e édition

 

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