Le témoignage de Ramsay

Actes 2, Actes 3, Actes 5, Actes 6:9, Actes 8, Actes 11

Actes 13, Actes 14, Actes 16, Actes 17, Actes 18

Actes 19, Actes 21, Actes 28

 

Le témoignage de Ramsay

A la fin du XIXe siècle, la Haute Critique, notamment avec F.C. Baur de Tübingen, s'attaqua aux 2 livres de Luc, son Évangile et les Actes. On mis en doute l'exactitude de ses indications et de son récit. Selon eux, Luc aurait intentionnellement dévié de la vérité historique pour favoriser ses propres tendances. C'est surtout William M. RAMSAY qui, en voulant confirmer l'inexactitude du récit de Luc, a découvert que Luc était un véritable historien : "Je puis déclarer avoir conduit mes investigations sans préjugés en faveur des conclusions que j'essaierai de justifier devant mes lecteurs. Au contraire, j'ai entrepris mon étude dans un état d'esprit qui était peu favorable à celles-ci, car la théorie de Tübingen m'avait franchement convaincu. J'ai du reconnaître l'autorité du livre des Actes sur le plan de la topographie, des données anciennes et de la société de l'Asie Mineure. Petit à petit, j'ai eu le sentiment que, jusque dans ses détails, le récit exposait la vérité. " (dans Saint Paul & the Roman Citizen ) Ramsay a souligné l'abondance de repères historiques, géographiques et culturels dans ses récits, qui s'avèrent tous exacts et font de Luc, selon lui, "un historien de premier ordre".

Actes 2 : ce chapitre révèle la présence de juifs dans toute l'Asie Mineure, en Phrygie, en Égypte et à Rome. Les fouilles organisées par Ramsay l'ont confirmé. Deux mille familles juives, par exemple, avaient été emmenées de Babylone en Phrygie en -200. Ils s'y installèrent, grossirent en nombre et en richesse. Certains oublièrent même l'hébreu, ce qui expliquerait pourquoi Dieu a donné le don des langues aux apôtres. On a retrouvé les traces d'une colonie juive en Égypte, appelée Samarie, et se trouvant sur une oasis près du Caire. Le 4è arrondissement d'Alexandrie était un quartier juif, comme le Marais à Paris! On a, enfin, retrouvé un important cimetière juif à Rome qui prouve la présence de juifs à cette époque.

Actes 3 : la Porte "Belle". On pense que cette porte était placée sur la façade est du temple et qu'elle n'est autre que la Porte Dorée. Il existe une explication à cela : "belle" en grec se dit "horaios" et "dorée" en latin se dit "aureus". On pense qu'il s'agit de la Porte de Nicanor mentionnée dans la Mishnah. On a retrouvé sur le Mont des Oliviers un ossuaire dont un portait l'inscription grecque : "Les os de Nicanor, l'Alexandrin qui fit les portes" (British Museum). L'historien juif Josèphe fait référence à ces portes qui étaient si lourdes qu'il fallait 20 hommes pour les déplacer.

Actes 5 : Saphira. Ce nom ne se trouvait que dans le livre des Actes jusqu'en 1933, où l'on découvrit un ossuaire datant de cette époque et mentionnant le nom Saphira.

Actes 6:9 : La Synagogue des Affranchis. En 1913, le capitaine WEILL a retrouvé à Jérusalem un inscription disant : "Théodote a construit cette synagogue..." Le père de Théodote, mentionné dans l'inscription, avait un nom romain (Vettenos) ce qui tendrait à prouver que ces juifs faisaient partie des "Affranchis", réduits à l'esclavage par Pompéi en +63 et libérés (affranchis) ensuite.

Actes 8 : la Reine Candace d'Éthiopie. Philippe rencontre un ministre de la Reine Candace d'Éthiopie. Il n'y a pas eu qu'une seule Candace, mais toute une lignée de reines appelées Candace. C'est ce que McIver a découvert en faisant des fouilles en Nubie en 1908-09. Les Nubiens appelaient leurs reines successives Candace; il les nourrissaient de lait en grande partie, considérant l'obésité comme un attribut royal.

Actes 11 : La grande famine sous l'Empereur Claude. Ramsay a retrouvé de nombreuses mentions de cette famine. Suétone et Tacite en parlent, au sujet de Rome. Eusèbe parle de la famine en Grèce et une inscription la mentionne en Asie Mineure. L'expression de Luc "sur la terre entière" a donc sa raison d'être. L'aide des chrétiens d'Antioche à ceux de Jérusalem est à mettre en parallèle avec l'aide aux pauvres de Jérusalem apportée par la reine Hélène d'Abilène.

Actes 13 : Proconsul de Chypre. En 35 ans, Chypre connut 4 formes différentes de gouvernement romain. C'est vers l'an 46 que Paul et Barnabas furent envoyés par l'église d'Antioche. A cette époque, Chypre était gouvernée par un proconsul, terme exact donné par Luc (v.7) (avant, il y avait un légat)/ Sergius Paulus. Ramsay a retrouvé une inscription à Antioche mentionnant ce nom. En latin, on écrivait "Paullus" (avec 2 l) mais en grec "Paulus" (avec 1 l) et là encore, Luc est exact.

Actes 14 : Icone, Lystre et Derbe. Paul et Barnabas s'arrêtent d'abord à Icone, puis, menacés, s'enfuient dans les villes de Lycaonie, Lystre et Derbe. C'est ce point qui a convaincu Ramsay de la véracité des écrits de Luc. Cicéron, historien romain, écrit que Icone faisait partie de la Lycaonie, ce qui paraît évident tant les trois villes en question sont proches. Or Luc semble dire qu'Icone était à part. C'est l'auteur grec Xénophon (-400) qui parle d'Icone comme d'une ville de Phrygie, et Ramsay découvrît qu'elle le resta jusqu'en +295. Luc est donc un meilleur historien que les écrivains romains! Pour savoir qu'Icone était phrygienne et non lycaonienne, il fallait vivre à cette époque et connaître bien ces lieux/ Jupiter et Mercure. En romain Zeus et Hermès; Zeus était le chef du Panthéon et Hermès le messager de Zeus. Barnabas était vu comme le chef et Paul comme le porte-parole (v.12). On a retrouvé à Lystre un autel de pierre dédié à Zeus et Hermès.

Actes 16 : Philippes. C'était en effet une colonie romaine (v.12) peuplée au départ de vétérans de la légion romaine. C'était aussi la première ville du district, titre attribué à d'autres ville de Macédoine, d'Asie et de Bythinie/ La porte (v.13). A l'ouest de la ville, les fouilles ont révélées le croisement entre la voie romaine et une rivière, près d'une grande porte voûtée ce qui correspond parfaitement à la description de Luc. On remarquera que le pronom "nous" est employé à partir du verset 11 (Troas). Luc a donc du accompagner Paul à ce moment/ Les magistrats de Philippes. strategoi, en grec, ils étaient préteurs (le plus haut grade) ou duumvirs. Les licteurs (rabdouchoi) étaient "les porteurs de verges" chargés d'exécuter les sentences des préteurs.

Actes 17 : Thessalonique. Jason et les frères sont emmenés devant des magistrats, non pas strategoi mais politarchos mot utilisé uniquement pour les villes de Macédoine. On a retrouvé 17 inscriptions à Salonique contenant le mot "politarques"/ Athènes. Paul com-mence par visiter la ville, qui était encore à ce moment la plus belle ville du monde. La place publique où il commence à parler était l'agora, la place du marché, où l'on était coutumier des discussions philosophiques (à Ephèse, il était plus approprié d'enseigner dans l'école de Tyrannus). On l'emmène alors à l'Aréopage, sorte de petit tribunal près de l'Acropole. Aréopage vient que c'est là que le dieu Arès de la guerre comparut pour le meurtre du fils du dieu de la mer. Ce lieu servit longtemps de cour de justice (la Grèce antique a inventé la démocratie). Deux pierres blanches servaient à l'accusé et au plaignant (un jury populaire tranchait). A l'époque de Paul, cette cour avait perdu son pouvoir judiciaire, mais avait un avis moral et religieux => invitation de Paul. Deux auteurs grecs mentionnent un autel à un dieu inconnu, Pausanias (II è s.) et Philostrate ( début IIIè s.).

Actes 18 : Corinthe. Colonie romaine devenue capitale de l'Achaïe. On y a retrouvé une synagogue où Paul est peut-être passé (avec l'inscription GOGEEBBR = sunagoge ebbraion "synagogue des juifs"). C'est dans l'Epître aux Corinthiens que Paul mentionne la prostitution et les courses d'athlètes. On a retrouvé sur l'Acropole de Corinthe un lieu où un millier de prêtresses pratiquaient la prostitution religieuse. Les Jeux Isthmiques avaient lieu près de Corinthe. A la fin de l'Epître aux Romains (écrite de Corinthe) Paul mentionne Eraste, le trésorier de la ville (Ro.16/23). Près du théâtre grec, on a retrouvé une inscription sur un bloc de pierre disant: "Eraste, procurateur et édile, a posé ce dallage à ses propres frais". Les édile étaient des magistrats spécialisés dans les affaires financières./ Gallion était en effet proconsul à cette époque, comme le montre une inscription découverte à Delphes (50-52). Il était fis de Sénèque l'Ancien et frère de Sénèque le Jeune. Il fut nommé proconsul par Claude. Le tribunal bema a été retrouvé sur la place du marché.

Actes 19 : Éphèse. Dans cette ville, on tenait des débats dans les écoles plutôt que sur les places publiques (v.9). Elle était renommée pour ses pratiques occultes, même de la part des juifs dont on a retrouvé des papyrus contenant des formules magiques (v.13). Éphèse était également le centre du culte d'Artémis, Diane pour les romains. Son temple est une des 7 merveilles du monde. Il était considéré comme sacré et inviolable et servait de banque aux Éphésiens et aux rois étrangers. Tout cela rapportait beaucoup d'argent. Démétrius était un des fabricants de souvenirs vendus aux pèlerins. L'expression "grande est la Diane des Éphésiens" a été retrouvée par Ramsay dans de nombreuses inscriptions. Le théâtre (v.29) peut être visité aujourd'hui; il contenait 24.000 places. Les Asiarques (v.31) étaient responsables du culte de Rome et de l'Empereur dans les provinces d'Asie.

Actes 21 : v. 28-29 Scandale au Temple de Jérusalem. On a retrouvé une inscription, près du Temple de Jérusalem disant ceci : "Aucun gentil ne peut franchir la barrière qui entoure le Temple. Celui qui y sera trouvé sera seul responsable de sa mort." Les gentils étaient considérés comme impurs, et ne pouvaient entrer dans l'enceinte du Temple. En fait, ils ne pouvaient accéder qu'au "parvis des gentils" dont la limite était matérialisée par le Soreg, mur bas entourant le Temple (on se référera au plan dans la Bible Thompson p.1774 ou note 4308). Comme on avait vu Paul en compagnie de païens, les juifs ont cru qu'il les avait introduit dans le Temple, alors qu'il s'agissait des 4 juifs ayant fait vœu de naziréat avec lui (il existait d'ailleurs un parvis des naziréens)/ La forteresse v.34. C'est la forteresse Antonia située à côté du Temple. C'était une tour au nord du Temple construite sous Hérode en mémoire d'Antoine. Pilate l'utilisa comme prétoire, pour rendre la justice. On y a retrouvé un pavement de 2500 m2 qui est peut-être le Gabbatha (le pavé -Jean 19/13), là où Pilate condamna Jésus-Christ.

Actes 28 : le premier personnage de Malte v.7. Ce titre revient deux fois sur des inscriptions maltaises sous la même forme grecque protos = premier.

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