par Dave HUNT, écrivain et conférencier américain (traduit de l'anglais)

Nous sommes nombreux à nous enthousiasmer devant une nouvelle découverte qui confirme ce dont nous sommes déjà convaincus, à savoir que la Bible est véritablement la révélation écrite de Dieu pour toute l'humanité. Qu’il s’agisse d’une découverte archéologique, telle la récente découverte d’un objet attestant l’existence du Roi David, ou qu'il s'agisse de la dernière preuve scientifique confirmant la Bible, cela nous encourage beaucoup dans notre foi personnelle, et nous donne du zèle pour partager ces preuves avec les incroyants.

Étant donné le grand nombre de chrétiens qui se réjouit lorsque survient une preuve de la véracité des Écritures, il n'est pas étonnant que beaucoup s’intéressent à la nouvelle tentative de prouver que Dieu est le véritable auteur de la Bible. L’idée, largement répandue dans des best-sellers et dans des articles de journaux à grand tirage, consiste à trouver des messages cachés dans les cinq premiers livres de la Bible. Selon cette théorie, Dieu aurait non seulement communiqué par le biais du texte normal des Écritures, mais Il aurait aussi dissimulé, dans le texte des livres de la Genèse jusqu’au Deutéronome, des mots codés. Ces mots, cachés depuis trois mille ans, ne peuvent se lire qu’à l’aide d’un ordinateur. Cela prouverait scientifiquement que Dieu est réellement intervenu dans la rédaction de la Bible. Une fois testée, si la théorie s’avère être véridique, il nous incombe d’accepter que le Pentateuque a été le objet d’un codage par Dieu...

Voilà, en termes généraux, comment fonctionne cette méthode : l’ordinateur cherche certains mots dans une version particulière du Pentateuque (cela ne marcherait qu’avec le texte Massorétique). En fonction d’un code appelé S.L.E. (pour Séquence de Lettres Equidistantes), l’ordinateur cherche un mot donné, en piochant une lettre toutes les x lettres. Le texte hébreu est ainsi traité, à partir de Genèse 1:1 jusqu'à Deutéronome. La valeur de x est modifiée à plusieurs reprises, jusqu’à ce que l’on trouve le mot recherché. Par exemple, on prend chaque cinquième lettre dans le texte afin de trouver un certain mot. Si l’ordinateur ne réussit pas à trouver le mot en question de cette manière, il prendra chaque sixième lettre, etc... De cette façon, la valeur donnée à x peut aller de 1 à des milliers.

Il y a un certain auteur qui prétend avoir trouvé le nom du Premier Ministre assassiné, M. Itzhak Rabin, dans le livre de Deutéronome, en choisissant une consonne toutes les 4.772 lettres. Étant donné que la langue hébraïque ne comporte pas de voyelles, il faut en ajouter de façon arbitraire lors d’une telle recherche. Ainsi, l'ordinateur a repéré la lettre hébraïque Y puis, 4.772 lettres plus tard, la lettre T, finissant par retrouver, étalées sur 22 chapitres du livre de Deutéronome, les consonnes "Y, T, Z, H, K, R, B, N". Il ne restait alors que d’ajouter les voyelles pour obtenir le nom "Itzhak Rabin".

Le travail récent sur le code biblique a été effectué par trois israélites : Yoav Rosenberg, Eliyahu Rips et Doron Witztum, ce dernier étant réputé comme le plus grand chercheur du monde au sujet du code. Ils ont d'abord publié leur étude dans le Journal of the Royal Statistical Society (1988), puis l'ont révisée et publiée ensuite dans le Statistical Science (1994), deux journaux scientifiques prestigieux.

Le journaliste Michael DROSNIN a attiré l’attention du grand public sur le code par son livre "The Bible Code" (1977, Simon et Schuster) qui se vante de révélations sensationnelles et prophétiques. De nombreux auteurs chrétiens utilisent même le code pour défendre la foi en Christ et en la Bible comme Parole de Dieu.

Le fait que Yeshua Shemi ("Yeshoua est mon nom") se trouve codé dans Esaïe 53 et que Dam Yeshua ("le sang de Yeshoua") est caché dans le Lévitique, est considéré par certains évangéliques comme la plus grande découverte et la preuve la plus convainquante que l’on ait jamais trouvées. Malheureusement, par la même méthode, on a aussi trouvé dans le Lévitique, et à plusieurs reprises ailleurs dans la Pentateuque: "le sang de Mahomet" ainsi que "le sang de (David) Koresh".

Dans le Pentateuque, on trouve "Mahomet" 2328 fois, "Krishna" 104 fois et "Koresh" 2.729 fois, en se servant des codes à moins de 1 000 chiffres. On trouve même "Bouddha" dans le livre de la Genèse, et "Lénine" et le "Révérend Moon" dans Daniel. Par ailleurs, certains rabbins se servent du code pour tenter de prouver que Jésus était un faux Messie : Yeshoua (Jésus) et Mechashif (sorcier), ainsi que Nabi Shekr (faux prophète) se trouvent dans le Pentateuque à l’aide d’un code identique.

Si tout cela ne suffisait pas à nous mettre en garde, la véracité du code est de plus en plus mise en doute par des mathématiciens, des statisticiens et des scientifiques. Même les partisans du code sont en désaccord entre eux. Eliyahu RIPS, l'un des découvreurs du code et professeur de mathématiques réputé, a critiqué le livre de M. Drosnin. Drosnin lui-même remet en cause son propre travail, en affirmant à la fin de son livre : "Le code de la Bible... nous avertit-il... d’un danger réel? Nul ne peut le savoir. Le code pourrait être ou vrai ou faux." Où cela nous mène-t-il?

Plusieurs statisticiens et mathématiciens réputés élèvent leur voix pour dénoncer le code. Shlomo Sternberg, par exemple, membre de l'Académie Nationale des Sciences et professeur de mathématiques spéciales et appliquées à l’université de Harvard, estime que le livre de Drosnin est "un non-sens total".

Daniel Block, professeur au Séminaire de Théologie des Baptistes du Sud, spécialisé dans l’Ancien Testament, accuse Drosnin de transformer la Bible en "un oracle de Delphes... ambigu, à qui l'on peux faire dire ce que l'on veut".

Ronald S. Hendel, avec un doctorat de l’Université de Harvard, tient le livre de Drosnin pour "une supercherie journalistique".

Le physicien David E. Thomas a appliqué la technique du code au livre de la Genèse (Version King James), et y a découvert 5 812 "ovnis", dont plusieurs survolaient de très près le mot caché de "Roswell"... M. Thomas est d'avis (avec d’autres experts), que l’on peut trouver tout ce qu’on veut dans n’importe quelle pièce de littérature, pourvu qu'elle soit suffisamment longue.

Malgré le fait que nous manquons de connaissances en mathématiques, en informatique, en hébreu, en cryptographie, etc. pour faire une évaluation fiable du code de la Bible, nous en comprenons assez, tout de même, pour nous rendre compte de quelques problèmes évidents. S’il est vrai que Dieu a codé la Torah il y a 3 000 ans, sachant que notre génération à haute technologie allait en faire le décodage, savons-nous quelle est la bonne version à décoder ? Les personnes les plus en vue dans ce domaine affirment que c'est la version originale qui a été codée par Dieu, et que nous possédons cette version.

Selon Michael Drosnin, "toutes les bibles que nous possédons en langue hébraïque originale, sont identiques". Ces paroles sont tout simplement fausses. Parmi les manuscrits hébraïques, il se trouve de nombreuses variantes au niveau de l’orthographe, (et cela veut dire, bien sûr, qu’il y a une variation au niveau des lettres utilisées). Bien que le texte essentiel n’altère point la signification du message entre, par exemple, la version d’Esaïe dans les manuscrits de la mer Morte (IIe siècle av. J.C.) et dans les manuscrits Massorétiques (IXe siècle ap. J.C.), il existe, néanmoins, une différence au niveau des lettres. Ceci est crucial, car toute modification dans le texte original va se répercuter forcément sur le code qui s’y cache. Et personne ne possède une copie de la version originale !

Un autre problème majeur du code est le suivant : si Dieu a effectivement dissimulé des messages dans la Torah afin de prouver que Sa parole est d’origine divine, on devrait donc être incapable d’obtenir des résultats similaires en dehors de la Bible. Si, en se servant de la même méthode, on parvenait à un résultat comparable (au niveau du contenu et des statistiques), alors l'idée que le code est une preuve de l’inspiration divine ne tiendrait plus.

Après tout le tapage fait autour du livre Le Code de la Bible, le code a été appliqué à toute une sélection de livres profanes, avec des résultats similaires à ceux trouvés dans la Torah. L'application du code à une traduction en hébreu de Guerre et Paix de Tolstoï, a produit plus de 50 mots liés au mot Hanoukka. Personne ne nie la valeur de ce livre monumental, mais il ne relève pas du domaine divin.

Certains ont essayé de démontré que l’assassinat de Itzhak Rabin dans un message codé n’était pas non plus d’origine divine. En utilisant la même méthode, le roman Moby Dick a "prédit" l’assassinat de 13 personnages connus, dont plusieurs premiers ministres ou présidents, et d’autres leaders.

De plus en plus, il devient clair que si l'on applique le code biblique à n’importe quel texte d’une longueur suffisante, on trouvera n’importe quel message désiré. Ceci ne risque pas d'impressionner notre génération de sceptiques. Le fruit principal du code biblique, à vrai dire, semble être une confusion totale.

Il y a un proverbe qui résume bien la situation: "ce qui prouve n’importe quoi, ne prouve rien du tout."

Il est maintenant certain qu’un bon nombre d’experts compétents (dont nous ne prétendons pas faire partie) a soulevé un nombre suffisant de questions pour mettre en doute l’authenticité du code de la Bible. Notre enthousiasme initial a été fondé sur ce qui semblait être des faits mathématiques irréfutables. Il est clair maintenant que ceci n’est pas du tout le cas. Le nombre d’experts qui discréditent la véracité du code est assez grand pour que nous nous en méfions complètement.

Puisqu’il existe un tel désaccord entre les experts, nous sommes libres de tirer des conclusions que nous ne pouvions pas faire avant, tant que subsistait l’idée que le code avait pour soutien des mathématiques irréfutables. Ce soutien est actuellement en miettes. C’est un phénomène bien trop embrouillé pour être une oeuvre de Dieu. Citons un avis profane, celui du Professeur Jeffrey Satinover, spécialiste en mathématiques et en physique, et diplômé des universités du MIT et d'Harvard. Il a étudié le code consciencieusement et en voulant y croire. Il déclare : "A vrai dire, moi-même, je ne peux pas être certain à 100% des résultats" (cité par John Weldon dans son livre Decoding The Bible Code - Harvest House Publishers - 1998). Dieu n’est pas, pourtant, un Dieu de confusion (1 Cor. 14:33).

La Bible affirme à plusieurs reprises qu’elle est "plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants" (Héb. 4:12) et suffisante en elle-même (2 Tim 3:16-17). Partout dans la Bible on voit des preuves qu’elle est bien la parole de Dieu. Les prophéties au sujet d’Israël et de son Messie témoignent qu’elle est inspirée de Dieu, qu’Israël est Son peuple et Son pays, et que Jésus est le Sauveur. Nous n’avons pas besoin de davantage de preuves, mais il y en a tout de même ! Quelques-unes sont présentées dans un livre de Dave Hunt In Defense of the Faith. Et pour nous qui avons ouvert notre cœur à Jésus Christ, il y a le témoignage du Saint Esprit qui habite en nous. Nous avons rencontré Dieu d’une façon personnelle par le Seigneur Jésus Christ, et nous ne cherchons plus de preuves.

"Dieu a caché ces choses aux sages et aux intelligents et les a révélées aux enfants" (Luc 10:21). Ce ne serait donc pas logique que Dieu fournisse une preuve si compliquée que seul un expert en mathématiques, en statistiques, en informatique et en cryptographie parviendrait à la comprendre - et encore sans être d'accord avec les autres experts!

L’idée d’un code ne figure nulle part dans la Bible. Elle affirme plutôt que la vérité de Dieu est révélée uniquement par le Saint Esprit à Ses brebis, et non pas aux mathématiciens, ni aux statisticiens, ni aux psychologues. Le code biblique s’adresse, par contre, à une élite. Tout comme les cultes prétendent que seuls les dirigeants de Salt Lake City (pour les mormons) ou la Société de la Tour de Garde à Brooklyn (pour les Témoins de Jéhovah) ou les évêques, les cardinaux et le pape (pour les catholiques) sont en mesure d’interpréter la Bible, le code laisse l’homme de la rue entièrement à la merci des "experts".

En fin de compte, même si le code était unique et vérifiable et si les experts se mettaient d'accord à son sujet, la Bible dit que l’évidence qu’il apporterait ne serait d’aucune valeur. Jésus a dit que même si la preuve la plus spectaculaire possible apparaissait, - à savoir, si un homme mort revenait de la mort pour parler des horreurs de l’enfer - cela ne convaincrait pas ceux qui ne sont pas disposés à écouter ce que dit la parole de Dieu (Luc 16:27-31). Ceci est aussi vrai pour le code de la Bible, bien moins spectaculaire. Il est donc sans grande valeur.

Ce dont nous avons besoin, c’est de la bonne doctrine, d'un enseignement solide de la parole de Dieu, d'un retour à la Bible, et non pas au code de la Bible. Beaucoup perdent actuellement leur temps et leur énergie à rechercher un code caché, et négligent ainsi de mettre en pratique ce que la Bible enseigne avec clarté : "Approchez-vous de moi et écoutez! Dès le commencement, je n'ai point parlé en cachette…" (Esaïe 48:16

"Ce commandement que je te prescris aujourd'hui n'est pas au-dessus de tes forces et hors de ta portée. Il n'est pas dans le ciel… Il n'est pas de l'autre côté de la mer… C'est une chose qui est tout près de toi, dans ta bouche et dans ton cœur…" (Deutéronome 30:11-14). 

Puisse le Seigneur renouveler dans le cœur de chacun un amour profond pour Sa parole, une persévérance pour l’étudier, la sagesse pour bien la peser, et le zèle pour la vivre et pour communiquer aux autres la vérité qui affranchit (Jean 8:31-32).

Il n’y a pas le moindre doute que toutes les injonctions de vivre selon la Parole de Dieu (Deut 8:2-3; Matt. 4:4), de la méditer (Ps. 1:1-3) de l’écouter, et à nous purifier par elle (Ps. 119:9), etc., font référence au texte lui-même, et non pas à un code caché. Quand Paul a dit, "et maintenant je vous recommande à Dieu et à la parole de sa grâce" (Actes 20:31), nous savons bien ce qu’il entendait par "Parole". C’est à cette parole que nous recommandons nos lecteurs, ainsi que nous-mêmes.

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