Introduction

Que signifie le mot "baptiser" ?

Comment baptisait-on dans le nouveau testament ?

Qui pouvait être baptisé dans le nouveau testament ?

Le baptême est-il un moyen de grâce ?

Des versets mal interprétés.

Des arguments insuffisants.

A quoi sert donc le baptême ?

D'où vient l'aspersion des bébés ?

Les problèmes que pose l'aspersion des nourrissons.

Conclusion

 

Introduction

• Pour traiter la question du baptême et de l'aspersion des enfants, et savoir ce que Dieu demande à ce sujet, il faut étudier les Saintes Écritures, et non ce qu'en disent les Pères de l'Église.

• Il faut reconnaître, en lisant les écrits protestants ou catholiques à ce sujet, qu'il est fait plus souvent appel à la Tradition de l'Église qu'aux Écritures elles-mêmes.

• Pour un sujet aussi important que le baptême, nous devons nous appuyer sur les Saintes Écritures uniquement, sans quoi nous pourrions facilement être entraînés dans de graves égarements, à la suite des Pères de l'Église eux-mêmes.

1. Que signifie le mot "baptiser" ?

• Il vient du grec baptizo (Baptizw) qui vient lui-même du verbe bapto (Baptw) qui signifie plonger. Toutes les fois où ce mot apparaît dans la Bible, il désigne l'action de plonger, d'immerger un individu, un groupe ou un objet.

• En Marc 7: 1-5, passage souvent cité à l'appui de l'aspersion, le mot est employé à l'encontre des anciens qui "ne mangent qu'après s'être purifiés", et à l'encontre des coupes, des cruches qui étaient "lavées". Cela appuie au contraire l'immersion, puisque les juifs se purifiaient par des bains et que la vaisselle était lavée en la plongeant dans une cuvette remplie d'eau.

• De plus, il existe un mot grec pour "asperger", rhantizo (Rantizw), que l'on trouve principalement dans l'Épître aux Hébreux pour désigner l'aspersion du sang de Jésus (Hébreux 9:21; 10:22; 12:24 et I Pierre 1:2). Deux ou trois manuscrits (dont le Sinaïticus) ont rhantizo à la place de baptizo en Marc 7/4, mais cela ne change rien au sens de baptizo = immerger, plonger. Ce verbe rhantizo n'est jamais employé dans le cas d'un baptême biblique, ce qui prouve que l'aspersion était inexistante au temps des apôtres. C'est l'aspersion du sang de Jésus sur notre cœur (reçue par la foi) qui nous purifie et nous régénère, et non l'aspersion d'eau !

• Martin LUTHER, pourtant fervent partisan de l'aspersion des nourrissons, a dit lui-même dans son sermon De sacramento baptismi, que l'étymologie du mot "baptiser" réclamerait que l'on plonge les baptisés dans l'eau, mais que la pratique ayant pratiquement disparu, il ne la recommandait pas.

2. Comment baptisait-on dans le nouveau testament ?

• Tous les exemples de baptême dans le Nouveau Testament suggèrent une immersion complète.

• Le baptême de Jésus lui-même le prouve : Matthieu 3:13-17. Il vient à Jean dans le fleuve du Jourdain et "sort de l'eau" après avoir été baptisé. De la même façon, Philippe et l'eunuque éthiopien, en Actes 8:36-37, "descendirent tous deux dans l'eau".

• Que l'immersion soit la règle dans le N.T. n'est pas étonnant puisque nous lisons en Romains 6:4 que "nous avons été ensevelis avec lui par le baptême en sa mort".

• Il n'y a, dans le N.T. aucun cas de baptême de nourrisson ou d'enfant. Lorsqu'une personne était baptisée avec sa maison ou avec sa famille, (voir le paragraphe suivant) c'était par-ce qu'ils avaient aussi entendu l'Évangile et cru en Christ pour leur salut.

3. Qui pouvait être baptisé dans le nouveau testament ?

• En examinant toutes les mentions du baptême dans le Nouveau Testament, il ressort un dénominateur commun entre tous les baptisés (le baptême de repentance de Jean étant mis à part) : une foi personnelle en Jésus-Christ, le Fils de Dieu.

• En Matthieu 28:19, le commandement de Jésus exige de baptiser "des disciples", ce qui exclut les nourrissons et les enfants qui n'auraient pas une foi personnelle en Jésus-Christ.

• En Actes 2: 38-41, nous voyons que la repentance (v.38) et une réception profonde du message (v.41) devaient précéder le baptême. Il est exclu qu'un nourrisson puisse se repentir et croire en la Bonne Nouvelle, donc encore moins être baptisé.

• En Actes 8:12, ceux qui crurent en la Bonne Nouvelle, hommes et femmes -à l'exclusion des enfants- furent baptisés.

• En Actes 8:36-37, l'eunuque éthiopien ayant demandé à Philippe : "Voici de l'eau, qu'est-ce qui empêche que je ne sois baptisé ?" a reçu pour réponse : "Si tu crois de tout ton cœur, cela est possible". Il ressort clairement de cette parole que l'on ne peut être baptisé à moins de croire personnellement et de tout son cœur. Un nourrisson n'entre pas dans ce cas.

• En Actes 9: 17-19, qui raconte la conversion de Paul, nous voyons qu'il est baptisé après avoir cru et avoir été rempli du Saint-Esprit.

• En Actes 10: 43-48, nous voyons Pierre annonçant la bonne Nouvelle à la maison de Corneille, un païen. Il est clairement dit que "le Saint-Esprit descendit sur tous ceux qui écoutaient la parole", Pierre venant de dire (v.43) que le pardon est "pour ceux qui croient". C'est alors qu'il ajoute (v.47) : "Peut-on refuser l'eau du baptême à ceux qui ont reçu le Saint-Esprit aussi bien que nous ?" Il est clair ici que la foi en la Parole de Dieu et la réception du Saint-Esprit précèdent le baptême, et que celui qui n'aurait pas cru n'aurait pas été baptisé par Pierre.

• En Actes 16: 13-15, nous découvrons Lydie, la première convertie d'Europe. Elle écouta Paul, et le Seigneur lui ouvrît le cœur. C'est ensuite qu'elle fût baptisée, avec sa famille. Sa famille a-t-elle été baptisée automatiquement parce que Lydie avait cru ? Cela n'est pas dit, mais le deuxième converti de la ville de Philippes prouve le contraire. En Actes 16:30-34, le geôlier demande aux apôtres ce qu'il doit faire pour être sauvé; ils lui répondent (v.31-32) : "Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et ta famille. Et il lui annoncèrent la Parole, ainsi qu'à tous ceux qui étaient dans sa maison". Encore une fois, la foi précède le baptême, et la foi ne peut s'obtenir qu'en écoutant la Bonne Nouvelle, selon qu'il est écrit : "Comment croiront-ils en celui dont ils n'ont pas entendu parler ? Et comment en entendront-ils parler s'il n'y a personne qui prêche ?" (Romains 10:14) La famille du geôlier n'a été baptisée que parce qu'elle a entendu l'Évangile et cru en lui. Il est donc exclu que des nourrissons aient été baptisés dans ce cas, comme dans le cas de Lydie.

• En Actes 18: 7-8, nous trouvons Crispus, le chef de la synagogue de Corinthe, qui "crût au Seigneur, avec toute sa famille". D'autres crurent aussi qui furent ensuite baptisés. La foi est encore présente, avant le baptême.

• En Actes 19: 4-5, Paul rencontre des hommes baptisés par Jean mais qui n'avaient pas entendu parler du Saint-Esprit. Il leur explique alors qu'il faut croire en Jésus-Christ. "Sur ces paroles, ils furent baptisés".

• Certains partisans de l'aspersion des bébés citent Marc 10:14 "Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les empêchez pas, car le Royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent". Nous dirons premièrement, qu'il n'est ici nullement question du baptême puisqu'on apportât ces enfants à Jésus afin qu'il leur impose les mains et prie pour eux" (Matthieu 19:13). Ensuite, Jésus ne dit pas que ces enfants seront sauvés par le baptême, mais que le Royaume de Dieu est "pour ceux qui leur ressemblent". Enfin, l'expression "petits enfants" (paidion en grec) ne désigne pas des nourrissons (nepios en grec) mais des enfants en bas âge. L'expérience prouve, en effet, que des enfants de 4 ou 5 ans ont pu comprendre l'Évangile, se repentir de leurs péchés et croire en Jésus, même à leur niveau.

4. Le baptême est-il un moyen de grâce ?

• L'Église Catholique enseigne que le baptême régénère, apporte la nouvelle naissance, fait devenir un enfant de Dieu, accorde le Saint-Esprit, libère du péché, et qu'il est nécessaire au salut.

• L'Église Luthérienne enseigne que le baptême doit être administré aux enfants, qu'il est un moyen de grâce (même si un renouvellement de la foi est demandé ensuite par la confirmation). La Confession d'Augsbourg, en son neuvième article, dit ceci : "Les luthériens enseignent que le baptême est nécessaire au salut, et qu'à travers lui la grâce de Dieu est offerte; que les enfants doivent être baptisés qui, étant offert à Dieu par le baptême, son reçu dans la grâce de Dieu. Ils condamnent les anabaptistes, qui rejettent le baptême des enfants et disent que les enfants sont sauvés sans le baptême."

• Calvin définit le baptême comme un sacrement et "une marque d'initiation par laquelle nous sommes admis dans l'Église de telle façon que, étant incorporés à Christ, nous puissions faire partie des enfants de Dieu." Voici, selon Calvin, ce que le baptême apporte au baptisé : 1) Il assure que nos péchés sont pardonnés pour toujours; 2)Il nous révèle notre mort avec Christ et nous permet de vivre en nouveauté de vie. Il était contre les anabaptistes qui rebaptisaient les nouveaux convertis, car il considérait le baptême catholique comme valable.

• Catholiques et Réformés reconnaissent néanmoins que le baptême n'est pas absolument nécessaire au salut, suivant Marc 16:16 : "Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné." Quant aux bébés, ils soutiennent tous cependant, qu'il vaut mieux les baptiser afin qu'ils soient lavés du péché originel en cas de mort subite. Ainsi, bien qu'ils affirment que le baptême n'est pas absolument nécessaire au salut (suivant le témoignage des Écritures), ils pensent néanmoins qu'il est nécessaire au salut des nourrissons (suivant leurs traditions).

• Que dit la Bible ?

• Nulle part est-il dit que le baptême est un moyen de grâce et de régénération. En Éphésiens 2: 8-9, nous lisons que la grâce est reçue "par le moyen de la foi". Romains 5: 2 est encore plus clair : "Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ, à qui nous devons d'avoir eu par la foi accès à cette grâce…" Si la grâce de Dieu s'obtenait par le baptême, Jésus et les apôtres n'auraient alors eu de cesse de baptiser ceux qui venaient à eux. mais nous lisons en Jean 4:2 que Jésus ne baptisait pas lui-même (surtout que Jean-Baptiste avait dit à plusieurs reprises que le Christ baptiserait, non d'eau, mais du Saint-Esprit) et en 1 Corinthiens 1: 16-17 cette claire déclaration de Paul : "J'ai baptisé la famille de Stéphanas; du reste, je ne sache pas que j'ai baptisé quelque autre personne. Ce n'est pas pour baptiser que Christ m'a envoyé, c'est pour annoncer l'Évangile." L'exemple le plus fort du salut sans baptême est celui du crucifié qui se repent et à qui Jésus dit: "Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis." (Luc 23: 43)

• Le Saint-Esprit ne vient pas sur l'homme le jour de son baptême. Cela ressort clairement d'Éphésiens 1:13-14 "En Jésus-Christ vous aussi, après avoir entendu la parole de la vérité, l'Évangile de votre salut, en Lui vous avez cru et vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis…" Le Seigneur Jésus avait lui-même promis l'envoi du Consolateur, l'Esprit de vérité (Jean 15: 26); mais le prophète Joël avait auparavant prédit la venue du Saint-Esprit sur toute chair (Joël 2: 28 cité par Pierre en Actes 2: 17). Dans ces prophéties sur l'envoi du Saint-Esprit, le baptême d'eau n'est évidemment jamais mentionné : c'est la foi en Jésus-Christ qui le reçoit.

• La régénération ne s'obtient pas par le baptême; ce sont uniquement la Parole de Dieu (1 Pierre 1: 18) et le Saint-Esprit (Tite 3:5). [Une mauvaise interprétation de Jean 3: 5 et de Tite 3:5 a conduit à croire à la régénération baptismale]

• On ne devient pas un enfant de Dieu par le baptême, selon cette parole explicite de Jésus : "A tous ceux qui l'ont reçue [la véritable lumière, Jésus-Christ] à ceux qui croient en son nom, elle a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, lesquels sont nés, non du sang, ni de la volonté de la chair, ni de la volonté de l'homme, mais de Dieu." (Jean 1: 12-13) Nous comprenons là que l'on devient un enfant de Dieu par la foi en Jésus-Christ et que cette opération miraculeuse n'a pas lieu par la volonté de l'homme, ni par sa naissance ("du sang"), ni par un acte quelconque (y compris le baptême), mais par une opération directe de Dieu.

• D'Actes 2:38, certains commentateurs tirent que le baptême procure la rémission des péchés, et, dans le cas des bébés, l'effacement du péché originel qui les condamnerait en cas de mort subite. Pour une explication détaillée de ce verset, voir le paragraphe suivant Des Versets Mal Interprétés.

5. Des versets mal interprétés.

Jean 3: 5 : "Si un homme ne naît d'eau et d'esprit, il ne peut voir le Royaume de Dieu." Puisqu'il n'est pas précisé de quelle eau il s'agit, ce sont les autres versets sur la nouvelle naissance ou régénération qui vont nous éclairer. Or, aucun d'eux ne mentionne le baptême dans la nouvelle naissance. Ce sont la Parole de Dieu et le Saint-Esprit qui seuls régénèrent, comme nous l'avons vu (1 Pierre 1: 18; Tite 3: 5). Par contre, il existe justement l'expression "l'eau de la Parole" en Éphésiens 5: 26 qui compare la parole de Dieu à de l'eau qui purifie. Certains commentateurs voient dans "l'eau et l'esprit" les deux naissances : l'une, physique, venant de l'eau du placenta et l'autre, spirituelle, par l'action du Saint-Esprit. Quoiqu'il en soit, il ne s'agit pas ici de l'eau du baptême.

Tite 3: 4-5 : "Il nous a sauvés, non à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais selon sa miséricorde, par le bain de la régénération et le renouvellement du Saint-Esprit." Le bain a parfois été traduit "baptême", ce qui a augmenté la confusion des lecteurs. Le mot grec employé n'est pas baptisma mais loutron qui décrit un lavage, une purification. Il n'est pas question ici du baptême d'eau, mais d'une purification spirituelle. En d'autres termes, ce verset ne dit pas que le baptême d'eau régénère, mais que la régénération est comme un lavage, mais spirituel.

1 Pierre 3:21: "Cette eau [du Déluge] était une figure du baptême, qui n'est pas la purification des souillures du corps mais l'engagement d'une bonne conscience envers Dieu, et qui maintenant vous sauve, vous aussi, par la résurrection de Jésus-Christ". Ce verset signifie-t-il que le baptême sauve ? Oui, mais pas du jugement à venir, mais plutôt de retomber en arrière à cause des persécutions qui faisaient rage. Le mot "sauver", dans le N.T. ne fait pas toujours allusion au salut éternel de l'âme; par exemple, en 1 Timothée 2: 15 il est écrit que la femme sera sauvée en devenant mère ! Elle sera sauvée d'une vie de péché et d'oisiveté, mais c'est autre chose. En Philippiens 1:19, Paul dit : "Je sais que cela tournera à mon salut grâce à vos prières et à l'assistance de l'Esprit de Jésus-Christ". Paul était déjà sauvé, mais il parle ici, soit de sa libération de prison, soit plus vraisemblablement, de sa fermeté dans l'épreuve malgré la mort qui le guettait (comme l'indique le contexte v.20-26).

C'est donc le contexte immédiat qui permet de voir si "sauver" a trait au salut éternel ou non. Or, la 1ère Épître de Pierre est écrite à des chrétiens persécutés sous Néron, afin de les encourager à rester soumis et sans reproches au milieu des calomnies et des violences perpétrées contre eux.

Mais même si "sauver" avait ici trait au salut éternel, c'est notre résurrection avec Jésus-Christ, par la foi, qui nous sauve, le baptême en étant seulement l'illustration. Car l'eau du Déluge n'a pas sauvé Noé, mais bien son obéissance à Dieu en entrant dans l'arche. De même, le baptême, figuré par l'eau du Déluge, ne sauve pas, mais exprime visiblement la nouvelle naissance obtenue par l'obéissance à l'Évangile.

Actes 2:38: "Pierre leur dit : Repentez-vous et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, en rémission des péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que Dieu les appellera." Le N.T. montre que c'est le sang de Jésus-Christ qui procure la rémission des péchés (Matthieu 26:28; Colossiens 1:14), et que son sang est reçu par la foi et non par le baptême. 1 Pierre 3:21 affirme bien que le "baptême n'est pas la purification des souillures du corps mais l'engagement d'une bonne conscience envers Dieu..." Actes 10:43 précise bien que le pardon des péchés est offert "à tous ceux qui croient au nom de Jésus". Enfin, l'expression d'Actes 2:38 "pour la rémission des péchés" peut-être aussi traduite, selon les autorités les plus compétentes en matière de grec, par "à cause du pardon des péchés". De toutes façons, les autres prédications dans les Actes ne mentionnent pas le baptême comme condition du pardon : Actes 5:31 "… pour donner à Israël la repentance et le pardon des péchés" ; Actes 10:43 (cité plus haut); Actes 13:38-39 "C'est par Jésus que le pardon des péchés vous est annoncé et que quiconque croit est justifié par lui de toutes les choses dont vous ne pouviez être justifiés par la loi de Moïse."; Actes 26:18 "… pour qu'ils reçoivent, par la foi en moi, le pardon des péchés et l'héritage avec les sanctifiés." Il existe enfin un argument grammatical qui démontre que le baptême n'est pas pour la rémission des péchés en Actes 2:38; le verbe "repentez-vous" et le possessif "vos" de "vos péchés" sont au pluriel en grec. Par contre "soyez baptisés" est au singulier, ce qui met cette phrase en parenthèse dans le discours de Pierre. Le pardon des péchés provient de la repentance, et non du baptême (Luc 24: 47).

Du verset 39, on a tiré que le don du Saint-Esprit par le baptême était aussi bien pour les adultes que pour les enfants. Or, Pierre veut dire ici aux juifs, que la promesse du Saint-Esprit est aussi pour leurs descendants (pour peu qu'ils se repentent eux aussi et croient en Jésus) et pour les Gentils que Dieu appellera. Cette dernière expression, d'ailleurs, est significative car il faut être appelé par Dieu au travers de Sa Parole pour se repentir et croire. Or, un bébé est incapable d'être appelé puisqu'il est incapable de répondre.

Colossiens 2:11-12: "C'est en Lui que vous avez été circoncis d'une circoncision que la main n'a pas faite, mais de la circoncision de Christ, qui consiste dans le dépouillement du corps de la chair : ayant été ensevelis avec Lui par le baptême, vous êtes aussi ressuscités en Lui et avec Lui, par la foi en la puissance de Dieu." De ce verset, de nombreux théologiens ont tiré que la circoncision des juifs préfigurait le baptême chrétien. Puisque les nourrissons juifs étaient aussi circoncis, pourquoi ne baptiserions-nous pas non plus les nôtres ?

Les Colossiens juifs étaient tentés de revenir au Judaïsme et de circoncire les chrétiens. Paul explique ici que les chrétiens sont déjà circoncis, non pas d'une circoncision physique, mais d'une circoncision spirituelle opérée par le Saint-Esprit. Cette circoncision spirituelle était en fait"le dépouillement du corps de la chair" c'est-à-dire la mise à mort de leur nature pécheresse. Cela eut lieu au moment où ils ont cru en Christ et en sa puissance de délivrance du péché.

Le baptême d'eau ne fait qu'illustrer encore une fois cette mort et cette résurrection spirituelles. L'identification réelle avec Christ dans sa mort et sa résurrection se fait au moment où l'on se tourne vers Lui et où l'on croit qu'il nous sauve et nous pardonne.

Il n'est pas honnête de tirer de ces versets que le baptême équivaut à la circoncision sous l'Ancienne Alliance. Au contraire, Paul dit que notre circoncision n'a pas été faite de main d'homme. Or, le baptême est un acte physique, fait par les mains de l'homme. Il ne peut donc s'agir ici du baptême d'eau. En Philippiens 3: 3, Paul écrit : "Les circoncis, c'est nous qui rendons à Dieu notre culte par l'esprit de Dieu, qui nous glorifions en Jésus-Christ et ne mettons pas notre confiance en la chair."

Si le baptême remplaçait la circoncision, Paul n'aurait pas manqué de le dire ici. Mais non seulement ne parle-t-il pas du baptême, mais affirme-t-il que le vrai culte n'est pas rendu par des rites extérieurs et matériels mais par l'Esprit de Dieu, sans se confier en rien de charnel.

De plus, la circoncision était réservée aux mâles (Genèse 17: 10) : pourquoi baptise-t-on aussi les petites filles dans ce cas ?... Enfin, la circoncision était le signe de l'Alliance entre Dieu et Abraham (qui allait devenir le peuple juif) selon Genèse 17:11. Cette alliance n'était pas individuelle mais collective. Le fait d'être circoncis ne sauvait pas, mais permettait de rester dans l'Alliance de grâce. Le baptême est un acte individuel, et non pas collectif. C'est pourquoi il ne concerne que des disciples (Matthieu 28:19), hommes et femmes.

Galates 3: 26-27: "Car vous êtes tous fils de Dieu par la foi en Jésus-Christ; vous tous qui avez été baptisés en Christ, vous avez revêtu Christ." D'abord, il faut noter que l'on devient enfant de Dieu par la foi, et non par les œuvres de la loi. L'expression "baptisés en Christ" ne fait pas allusion au baptême d'eau mais au baptême du Saint-Esprit. Il faut se rappeler que le verbe grec baptizo signifie "plonger".

Paul dit ici aux Galates que, par la foi, ils ont été "plongés" ou "incorporés" à Christ, et qu'ils ont revêtu Christ, c'est-à-dire Sa justice.

Lorsqu'un enfant romain devenait adulte, il recevait une toge spéciale qui lui conférait tous les droits d'un membre de la famille et de l'État romain. Avant cela, il n'était qu'un enfant. Cette coutume romaine illustre ce qui se passe quand on se tourne vers Jésus-Christ par la foi : on reçoit une nouvelle nature (Éphésiens 4:24: "revêtir l'homme nouveau, créé selon Dieu"), la Justice de Christ qui fait que l'on est pleinement accepté dans la famille de Dieu, jouissant de tous les privilèges d'un enfant de Dieu (Rom. 8: 14-17).

1 Corinthiens 7: 14 : "Car le mari non-croyant est sanctifié par la femme, et la femme non-croyante est sanctifiée par le mari; autrement vos enfants seraient impurs, tandis que maintenant ils sont saints." L'interprétation de ce verset est assez simple : lorsqu'un homme ou une femme se convertissait, il pouvait penser devoir quitter son conjoint et ses enfants parce que ceux-ci n'étaient pas croyants. Les juifs ne se mariaient pas avec les païens (voir Esdras 10), et les nouveaux chrétiens avaient peut-être des velléités de divorce. Paul les encourage à rester avec leur famille, en ajoutant que leur conjoint et leurs enfants sont sanctifiés par leur présence. Cela ne signifie pas qu'ils seront automatiquement sauvés, mais que Dieu ne regarde pas comme un péché de vivre avec eux.

Ce verset va plutôt à l'encontre du baptême des nourrissons, car il en ressort que c'est la présence d'un converti dans la famille qui sanctifie les enfants, et non leur baptême. D'ailleurs, il faudrait aussi baptiser le mari dans ce cas !…

6. Des arguments insuffisants.

• Les partisans de l'aspersion des nourrissons sont appelés pédobaptistes, et leurs opposants des anti-pédobaptistes.

• Les pédobaptistes, ne pouvant pas vraiment justifier leur pratique par les Écritures, en sont venus à des arguments que nous jugeons insuffisants.

• Voici, par exemple, quelques arguments de Luther et de Zwingli contre les écrits baptistes de Balthazar HUBMAÏER :

-que le baptême des nourrissons soit nul parce qu'il a été donné par l'église catholique apostate, n'était pas un problème pour Luther. Il écrit que si l'on doit rejeter tout ce qu'a fait le catholicisme, il faudrait alors rejeter le christianisme.

-que les nourrissons soient tout à fait inconscients de leur baptême, et donc incapables d'aucune foi, n'était pas gênant non plus. Nous ne nous rappelons pas de notre naissance physique, dit Luther, et pourtant elle est bien arrivée… Il ajoute, en outre, que les nourrissons ont une certaine foi, "une foi qui sommeille". Il va même plus loin dans son livre sur la captivité de Babylone (1520) où, bien qu'il attaque Rome avec vigueur, il pense que "Dieu nous a conservé le sacrement du baptême net des traditions humaines".

Au sujet de l'impossibilité de croire pour un nourrisson, il répond ainsi : "Comme la Parole de Dieu est capable de changer le cœur d'un impie, de même la prière de l'Église, à qui toutes choses sont possibles, change le petit enfant par la foi qu'il plaît à Dieu de verser dans son cœur, et ainsi le nettoie et le renouvelle…" Comment ? Luther, qui a bouleversé le monde en redécouvrant la justification par la foi personnelle, semble dire que les nourrissons sont lavés par la foi de l'Église, dans le livre même où il dénonce le catholicisme ? Oui. Et c'est ce qui a fait de l'église protestante une église de multitude, composée de personnes irrégénérées (avec quelques vrais convertis), à qui l'on a dit qu'ils étaient devenus chrétiens par le baptême.

-Zwingli et Luther utilisent beaucoup l'argument de la circoncision : le baptême serait aux chrétiens ce que la circoncision était aux juifs. [Pour les faiblesses de cet argument, voir plus haut l'étude de Colossiens 2/11-12]

-Dans un débat contre Hubmaïer, Zwingli décocha ce qu'il croyait être l'argument absolu contre les baptistes : "Trouvez-moi un seul exemple de quelqu'un qui a été rebaptisé dans le Nouveau Testament !" Et Hubmaïer, de répondre aussitôt : "Il y en a un : ces 12 hommes que Paul rencontre à Éphèse en Actes 19, et qui n'avaient été baptisés que du baptême de Jean ; après avoir exprimé leur repentance et leur foi en Jésus-Christ, Paul les rebaptise (v.5) au nom de Jésus-Christ". Zwingli en resta tout retourné...

7. A quoi sert donc le baptême ?

• Si le baptême n'est pas un moyen de grâce et n'a aucun effet spirituel sur le croyant, à quoi peut-il bien servir ?

• Le baptême constitue une déclaration publique, une prise de position témoignant de l'identification avec Jésus-Christ, dans sa mort et sa résurrection.

• Les juifs qui se faisaient baptiser par Jean venaient se repentir en reconnaissant qu'ils n'étaient pas prêts à accueillir le Messie. Ce baptême ne les a pas pardonnés, mais il était un témoignage visible de cette repentance intérieure, donc invisible. De même, le baptême d'eau au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit ne pardonne pas les péchés, mais est un témoignage visible que la personne est passée "de la mort à la vie", "des ténèbres à la lumière et de la puissance de Satan à Dieu" (Jean 5: 24; Actes 26: 18).

• Le fait d'être plongé sous l'eau illustre la mort avec Christ, et celui d'en ressortir, la résurrection, c'est-à-dire une marche en nouveauté de vie (Romains 6: 4).

• Le baptême n'ajoute rien au salut, puisque le salut est uniquement par la foi. Sinon, cela serait aussi par une œuvre -le baptême- qu'on serait sauvé. Jésus a bien insisté sur le fait que "ce qui est chair reste chair, et ce qui est de l'esprit est esprit" (Jean 3: 6). L'eau du baptême n'a donc aucun effet. La cérémonie du baptême ne rapproche pas le baptisé du salut. Il doit déjà être sauvé pour être baptisé. Mais son témoignage public aura au moins deux effets: il se rappellera toute sa vie son engagement devant Dieu et devant les hommes à garder une conscience pure et à vivre pour Christ son Sauveur (1 Pierre 3:21); ceux qui le verront seront touchés et confrontés à ce choix décisif : être réconciliés ou non avec Dieu par Jésus-Christ.

8. D'où vient l'aspersion des bébés ?

• Certains historiens affirment que cette pratique remonte au temps des apôtres eux-mêmes. Pour ce faire, ils citent les Pères de l'Église (Augustin, Irénée, Origène, et d'autres), déclarant qu'il était un devoir de baptiser les bébés et que cette pratique datait des apôtres et était répandue partout.

• Cet argument historique me paraît insuffisant pour les raisons suivantes :

1°) Même si ceux qui ont suivi les apôtres ont pratiqué le baptême ou l'aspersion des bébés, il n'y a aucun exemple ni aucune preuve qu'un apôtre l'ait jamais enseigné ou pratiqué. Le Nouveau Testament, duquel nous devons tirer toute doctrine, ne mentionne jamais cette pratique et ne l'encourage pas, au contraire.

2°) S'il est reconnu par tous les historiens valables que le baptême des bébés remonte tout près de la période des apôtres, il ne s'agit pas d'une pratique courante et automatique. Le baptême des petits enfants avait lieu en cas de danger de mort, et non pour tous les enfants. L'Empereur Constantin, au IVe siècle, fit repousser la date de son baptême à son lit de mort, parce qu'il croyait que le baptême purifiait des péchés passés uniquement. Grégoire de Naziance, Chrysostome et Augustin, venant tous trois de familles chrétiennes, ne furent baptisés qu'à l'âge adulte.

3°) Ce n'est pas parce que la pratique de l'aspersion des bébés fut présente très tôt et encouragée par les Pères de l'Église, que cela est conforme aux Écritures ! Les Épîtres du N.T. et le livre de l'Apocalypse (chap. 1-3) révèlent que les fausses doctrines étaient déjà très présentes dans les premières églises. Très tôt, contre l'enseignement biblique, il est conféré au baptême une valeur de régénération et il prend donc une importance grandissante dans les pratiques ecclésiastiques. C'est de cette fausse doctrine qu'est venue la pratique du baptême des petits enfants. De tous les écrits des Pères, il ressort en effet que leur croyance en un baptême qui sauve, régénère, pardonne les péchés et confère le Saint-Esprit les amène à militer pour le baptême des bébés. Le rapprochement erroné entre la circoncision juive et le baptême chrétien vient également de là.

4°) L'arrivée en masse des païens dans l'Église à partir du IVe siècle a contribué à introduire des pratiques païennes "christianisées", comme la vénération des images, des reliques, des saints, et le rite d'initiation dans l'Église, c'est-à-dire l'aspersion du nourrisson. En effet, dans les dix premiers jours qui suivaient la naissance d'un enfant, les païens l'initiaient à la divinité familiale. Devant la statue de ce dieu, la mère courait autour d'un feu, tenant l'enfant dans ses bras, afin que les mauvais esprits le quittent. De même, le rite d'exorcisme dans le baptême chrétien est apparu à ce moment, alors que rien dans le N.T. ne l'y autorise.

9. Les problèmes que pose l'aspersion des nourrissons.

• Les églises pédobaptistes (qui aspergent les nourrissons) acceptent en leur sein le nouveau-né qui est baptisé. Cela signifie que l'enfant est membre de l'église sans avoir cru ni s'être repenti ni avoir été régénéré. Cela ne peut causer que des problèmes par la suite. L'homme ainsi introduit dans l'église se croira chrétien alors qu'il ne l'est pas. De plus, l'église n'osera jamais l'exclure, aussi vile que soit sa conduite, puisqu'il est censé avoir été régénéré par son baptême et qu'il pourrait, selon leur raisonnement, manifester d'un moment à l'autre les signes de sa régénération.

• Le fait d'introduire comme membres les bébés qui sont baptisés est contraire aux Écritures. L'Église doit être composée en effet de saints (1Pierre 2:9), c'est-à-dire de personnes qui sont nées de nouveau et sont devenues de nouvelles créatures (2 Corinthiens 5: 17). L'Église doit être la plus pure possible, lavée et purifiée par l'eau de la Parole (Éphésiens 5: 26) et non être un ramassis de personnes qui ne montrent aucun signe de transformation et de pureté. C'est d'ailleurs faire un très grand tort à ces personnes que de les bercer dans l'illusion qu'ils sont chrétiens alors qu'ils ne le sont pas, car cela les fermera d'autant plus à l'Evansville et au message de repentance.

• L'Église romaine a baptisé de force des milliers de barbares, croyant ainsi les sauver de leur idolâtrie; mais elle n'a fait qu'introduire en son sein des hypocrites qui, par peur des représailles ont fait semblant d'être chrétiens tout en continuant leur paganisme à couvert.

• L'embarras vient surtout pour les églises pédobaptistes modernes qui ne croient pas que le baptême sauve. Elles évitent là un grand écueil, mais on est en droit de leur demander pourquoi elles aspergent des bébés, puisque le baptême ne sauve pas ? Pourquoi ne pas suivre jusqu'au bout le N.T. et, surtout, l'ordre exprès de Christ qui exige que seuls les disciples soient baptisés ? Elles seraient ainsi véritablement composées de pierres vivantes, de chrétiens nés de nouveau et montrant des fruits dignes de la repentance.

Conclusion—

• Au regard des Saintes Écritures, que je veux prendre pour seul appui afin de ne pas tomber dans les égarements des traditions humaines, l'aspersion des nourrissons est une hérésie. Ce sont des croyants qui doivent être baptisés, et par immersion, selon l'ordre du Seigneur Jésus-Christ : "Allez, faites de toutes les nations des disciples, et baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit." (Matt. 28: 19)

• Je crois en conséquence qu'un chrétien qui se convertit à l'âge adulte doit être baptisé ensuite, même s'il a été aspergé étant enfant.

• Je crois aussi que l'église locale doit vérifier soigneusement, avant d'accepter quelqu'un comme membre par le baptême d'eau, que la personne manifeste les fruits d'une vraie conversion, d'une foi vivante et d'un désir profond de marcher avec le Seigneur.

• Je crois que l'aspersion enlève au baptême tout son sens d'identification avec la mort et la résurrection de Jésus-Christ : je ne le considère donc pas comme valable. Cela ne m'empêchera pas d'entretenir des relations fraternelles avec des personnes ainsi aspergées. "Car ce n'est rien d'être circoncis ou incirconcis; ce qui est quelque chose, c'est d'être une nouvelle créature." (Galates 6: 15).

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