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Les différents noms.
 | L’eucharistie : litt. " action de
grâces ", reconnaissance envers Dieu. |
 | La communion : communion avec le Fils qui a donné sa
vie pour nous ; communion entre disciples. |
 | La Sainte Cène : litt. " le Saint
Repas ", allusion au dernier repas de Pâque que Jésus a pris avant
de mourir. |
 | Expression biblique : LE REPAS DU SEIGNEUR (1 Cor
11 :20). Les autres expressions ne s’y trouvent pas. |
Qui l’a institué ?
 | C’est une institution qui vient directement de
Jésus-Christ. |
 | Jésus a dit en prenant le dernier repas :
" Faites ceci en mémoire de moi… " (Luc
22 :19 ; Matt 26 :26-27 ; Marc 14 :22) |
 | Paul rapporte les paroles mêmes du Seigneur :
" Faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en
boirez " (1Cor. 11 :25). |
 | Ce repas commémoratif vient donc de Dieu lui-même. Il n’est
pas une tradition des hommes. |
 | Il en est de même avec le baptême des disciples selon l’ordre
exprès de Jésus en Matthieu 28 :19. |
 | Le N.T. ne connaît que deux ordonnances : le baptême
et le repas du Seigneur. |
Les éléments qui composent le repas.
 | Il y a tout d’abord la TABLE DU SEIGNEUR (1
Cor.10 :21). Nul mention d’un autel. |
 | Il y a ensuite LE PAIN et LA COUPE (Matt.26 :27 ;
Marc 14 :23 ; Luc 22 :20 ; 1Cor 10 :16) |
 | LE PAIN, au moment où Jésus l’a
pris, était forcément sans levain puisque la Pâque juive est aussi appelée
" la fête des pains sans levain ". |
 | Paul précise encore que le levain est symbole d’impureté :
" Célébrons donc la fête, non avec du vieux levain, non avec un
levain de malice et de méchanceté, mais avec les pains sans levain de la
pureté et de la vérité. " (1 Cor. 5:8) |
 | Dans toute la Bible, A.T. et N.T., le levain est symbole de
péché, d’impureté, de méchanceté. En effet, le levain était fait avec
de la pâte à pain qu’on laissait se décomposer. La décomposition
symbolise la corruption. La grande majorité des offrandes dans la loi de
Moïse sont faites avec des pains sans levain. |
 | Le pain sans levain pour le repas du Seigneur est conforme
au fait que le Seigneur Jésus était sans péché, bien qu’il ait porté
nos péchés : " Christ aussi a souffert une fois pour les
péchés, lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu… "
(1 Pierre 3:18) |
 | Puisque le pain représente le corps de Christ livré pour
nous, il nous semble donc juste d’utiliser du pain sans levain. |
 | Aujourd’hui, l’église orthodoxe et de nombreuses
églises protestantes prennent du pain levé, tandis que l’église romaine
et certaines églises évangéliques prennent du pain sans levain. |
 | LA COUPE était généralement remplie de vin mêlé
d’eau, car c’est ainsi que l’on buvait le vin au Moyen-Orient.
Néanmoins, les évangélistes n’utilisent jamais le mot vin mais plutôt
" fruit de la vigne " (Matt 26 :29 ; Marc
14 :25 ; Luc 22 :18). En grec, il y a deux mots pour désigner
le fruit : genema, utilisé ici pour " le fruit de la
vigne " et qui signifie litt. " ce qui est né
de " ; et karpos, utilisé par exemple en 1Cor 9 :7
comme le produit de la vigne et non le fruit en lui-même. |
 | On peut donc utiliser du vin ou du jus de raisin. Mais il
est important, par contre, que TOUS les disciples en boivent selon l’ordre
de Jésus-Christ (Matthieu 26 :27). |
 | Il y a enfin LA PRIÈRE, l’action de grâces en
élevant le pain puis en élevant la coupe : " Et, ayant pris
une coupe et rendu grâces, il dit, Prenez cette coupe, et
distribuez-la entre vous … Ensuite il prit du pain; et, après avoir
rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant, Ceci est mon
corps, qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi. "
(Luc 22:17, 19) |
 | Dans tous les textes sauf Luc, le pain est pris avant la
coupe. Il est préférable de se baser sur le texte de 1 Cor.11 pour l’ordre
des choses. |
Pour qui est le Repas du Seigneur ?
 | De toute évidence, le repas du Seigneur n’est pas
réservé à n’importe qui. Il est pour les DISCIPLES. |
 | Seuls les 12 disciples ont pu participer au dernier repas. |
 | En 1 Cor 11:29 il est précisé que " celui qui
mange et boit sans discerner le corps du Seigneur, mange et boit un jugement
contre lui-même. " Il faut donc que celui qui participe au repas
ait bien compris que c’est en l’honneur de Jésus-Christ qui est mort pour
nos péchés. Si la personne n’y voit qu’un casse-croûte, elle s’attirera
un jugement contre elle-même. |
 | Dans le livre des Actes (2 :41, 46), ont voit que ceux
qui étaient sauvés après la prédication de Pierre, furent baptisés et
purent faire partie de la nouvelle église. Seuls les chrétiens convertis et
baptisés " rompaient le pain " avec les autres. |
 | Ce fait est confirmé par l’histoire. Voici ce que Justin
Martyr, dans ses Apologies (livre 1, chap.65-66) décrit :
" Après les prières, nous nous saluons les uns les autres par un
saint baiser [homme avec homme, femme avec femme]. Ensuite, le pain et la
coupe remplie d’eau et de vin sont apportées à celui qui préside sur les
frères [l’évêque]. Il les reçoit, et offre sa louange, sa gloire et ses
remerciements au Père de tous, par le nom du Fils et du Saint-Esprit, pour
tous ses dons. Quand il a terminé sa prière et ses actions de grâces, la
congrégation répond : Amen. Ensuite, les diacres donne à tous ceux qui
sont présents du pain consacré [litt. " remercié " ] et
du vin mêlé d’eau, et les apporte à ceux qui sont absents [les malades].
Cette nourriture, que nous appelons l’eucharistie, personne ne peut la
prendre si ce n’est ceux qui ont cru et ont été baptisés, et qui vivent
selon les commandements de Christ. Car nous ne les prenons pas comme du pain
et du vin habituels… " On notera qu’à cette époque on avait introduit une
tradition qui séparait les disciples baptisés des incroyants et des
catéchumènes. |
 | Le mot " messe " vient de l’expression
latine " ite missa est " (litt. ‘allez, c’est terminé’).
Le culte était divisé en 2 parties : la première, composée de
prières, de chants et d’un sermon, était pour tout le monde ; la
deuxième (l’eucharistie) était réservée aux chrétiens baptisés. C’est
pourquoi, à la fin de la première partie, on disait aux visiteurs et au
catéchumènes : " ite missa est ", vous pouvez
partir. Plus tard, le mot " missa " a désigné la
liturgie catholique de la messe. |
 | Aujourd’hui, c’est l’inverse qui se passe puisque dans
les églises de multitude, tout visiteur, qu’il soit croyant ou non
(personne ne l’avertit ni ne vérifie) peut prendre l’hostie. |
 | Nous croyons que les Ecritures n’encouragent pas
" la Sainte Cène fermée " comme on l’appelle, pour une
raison principale : 1 Cor. 11 :26 : " Car toutes les
fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez
[proclamez] la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne. " |
 | Cette proclamation de la mort du Seigneur pour nos péchés
et de son retour pour nous chercher est en elle-même un message de salut
destiné aux incroyants qui seraient présents. C’est pourquoi il nous
paraît important d’avoir le repas du Seigneur le dimanche lorsque tout le
monde est présent. |
Le Seigneur est-il dans le pain et le vin ?
 | Cette idée qu’en prenant le repas du Seigneur, on reçoit
littéralement Jésus-Christ dans notre corps est très ancienne et très
répandue mais nous paraît totalement erronée. |
 | L’église romaine, l’église orthodoxe, l’église
luthérienne et l’église anglicane croient en la présence de Christ dans
les éléments. |
 | Tout cela vient d’une mauvaise interprétation de Jean
chap.6. |
 | En Jean chap.6, Jésus n’est pas en train d’instituer la
Sainte Cène mais d’enseigner la voie du salut. |
 | Au début du chapitre 6 (v.1-13), Jésus réalise le miracle
de la multiplication des pains. Plus tard, les pharisiens demandent à
Jésus : " Quel miracle fais-tu pour que nous croyons en
toi ? Moïse nous a donné le pain du ciel… " Et là Jésus
explique qu’il est le pain du ciel, le pain de vie, un pain qui n’est pas
pour la vie physique, seulement, mais pour la vie spirituelle et éternelle. |
 | En Jean 6, Jésus n'institue pas un rite ou un repas. Il
prend l'image de la multiplication miraculeuse des pains pour dire qu'il est
lui-même le pain de vie. Il tire une application spirituelle d'un fait
matériel. |
 | Quand Jésus dit au v.54 " celui qui mange ma
chair et qui boit mon sang a la vie éternelle " , il ne parle pas
au sens littéral puisqu'il dit au v.63: " c'est l'esprit qui
vivifie. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. " |
 | " Manger la chair et boire le sang "
signifie, selon les mots du Seigneur, " venir à lui, croire en lui
" (v.35). De même, au v.51 Jésus dit " Si quelqu'un mange
de ce pain, il vivra éternellement " mais il avait précisé avant
au v.47 : "Celui qui croit en moi a la vie éternelle." |
 | Pour conclure sur Jean 6, Jésus utilise l'image de manger
du pain et boire du vin pour venir à Christ et croire en son sacrifice pour
avoir la vie. "Manger Christ" c'est "croire en lui". |
 | Même lors de la dernière Pâque, les disciples n'ont pas
pu littéralement manger le corps de Christ puisque Jésus était là avec
eux. Il en est de même aujourd'hui : Jésus est assis pour toujours à la
droite de Dieu (Hébreux 10:12); il ne peut donc revenir dans l'hostie. |
 | Le danger de cette doctrine de la présence réelle est qu’elle
accorde au pain et au vin un effet spirituel, salvateur même. Cela contredit
complètement le reste des Ecritures qui dit que la purification, le pardon et
le salut s’obtiennent uniquement par la foi, par l’opération du
Saint-Esprit qui donne la vie. La chair, c’est-à-dire tout ce qui est
matériel, physique, ne sert à rien. Jésus avait donné une indication
similaire à Nicodème (Jean 3) au sujet de la nouvelle naissance :
" Ce qui est né de la chair reste chair, et ce qui né de l’Esprit
est esprit ". La nouvelle naissance est produite par le Saint-Esprit
au moment où la personne croit en l’Evangile. |
 | Le pain et le vin ne produisent pas la pureté et n’aident
pas au salut, et cela pour deux raisons essentielles : 1°) Christ est
mort une fois pour toutes (Rom 6:10; Hébr 7:27; 9:12; 10:10) et la foi en son
sacrifice nous sauve une fois pour toutes : " C'est en vertu de
cette volonté que nous sommes sanctifiés, par l'offrande du corps de
Jésus-Christ, une fois pour toutes… Car, par une seule offrande, il a
amené à la perfection pour toujours ceux qui sont sanctifiés. "
(Hébreux 10:10, 14) 2°) Dieu demande que l’on soit pur pour prendre la
Sainte Cène (1 Cor.11 :27-32). Cela prouve que la pureté est obtenue
par autre chose que le pain et la coupe. La pureté de l’âme est acquise
par la foi dans le sacrifice accompli une fois pour toutes il y a 2000 ans.
Tout est ramené à cette croix, à ce moment où Jésus-Christ a porté nos
péchés. |
 | La superstition s’est vite emparée de la Sainte Cène
pour en faire un acte aux vertus magiques. Le repas du Seigneur est un
mémorial, en mémoire de celui qui est mort pour nous. |
Pourquoi Christ a-t-il institué le Repas du Seigneur ?
 | C’est un ordre qui nous oblige au devoir de mémoire. |
 | Nous sommes si prompts à oublier ce que Dieu a fait, la
grâce qu’il a déployée, à nous habituer à tout, à considérer le salut
et la bénédiction de Dieu comme un dû… |
 | Ce mémorial, répété régulièrement, avec les
explications nécessaires, permet à tous de ne jamais oublier que nous devons
la vie à notre Sauveur. Il nous a rachetés à un grand prix, et nous ne nous
appartenons plus à nous-mêmes (1 Cor.6 :19-20). |
 | L’homme veut toujours ramené la gloire et le mérite à
lui-même. Nous n’avons pas pu nous racheter, nous n’avons pas pu nous
améliorer et gagner la faveur de Dieu. C’est uniquement grâce à
Jésus-Christ que nous avons pu connaître Dieu et être réconciliés avec
Lui : " Et tout cela vient de Dieu, qui nous a réconciliés
avec lui par Christ, et qui nous a donné le ministère de la
réconciliation. Car Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec
lui-même en n'imputant point aux hommes leurs offenses, et il a mis en nous
la parole de la réconciliation. " (2 Cor. 5:18-19) |
 | Le repas du Seigneur est aussi une proclamation de l’amour
de Christ. |
 | " Car toutes les fois que vous mangez ce pain et
que vous buvez cette coupe, vous annoncez [proclamez] la mort du Seigneur,
jusqu'à ce qu'il vienne. " (1 Cor.11 :26). Le mémorial a
aussi un sens didactique : il permet d’enseigner, d’annoncer, de
proclamer la mort, la résurrection et le retour de Christ. Sa mort en
offrande pour nos péchés, sa résurrection en victoire sur la mort, son
retour en Roi pour nous prendre avec lui et pour établir la justice. Ce sont
les fondements du christianisme et leur répétition (sans qu’elle devienne
machinale) établit les chrétiens dans la foi et ouvre les yeux des
incroyants sur l’amour et la justice de Dieu. |
 | Cela nous rappelle aussi notre espérance vivante :
" Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce fruit de la
vigne, jusqu'au jour où j'en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de
mon Père. " (Matthieu 26:29) Un jour, nous entrerons dans la
présence de l’Agneau, devant le trône de Dieu, et nous prendrons part à
un festin céleste. Là, la communion avec Jésus-Christ sera parfaite. La
mort ne sera plus. Les larmes ne seront plus. Cette vie terrestre n’est pas
la fin de tout : la vie éternelle nous attend avec certitude parce que
Jésus est notre Sauveur. |
Voilà tout ce que le repas du Seigneur peut nous
apporter : la reconnaissance, la mémoire, l’espérance.
Que cette ordonnance ne nous cache pas celui qui doit seul
être adoré, notre Père par le Seigneur Jésus-Christ.
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