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par Jean-Louis Bourrel 1 - de l’astrologie chez les peuples de l’Antiquité2 - du retour de Nostradamus en cette fin de millénaire3 - de nos contemporains et de leur comportement4 - de Nostradamus et de son œuvre5 - de Nostradamus et de l’éclipse d’août 19996 - de Nostradamus et de ses exégètes7 - des jugements sur l’œuvre de Nostradamus8 - des prédictions dans l’œuvre de Nostradamus9 - des prédictions de Nostradamus et des prophéties bibliques10 - des caractéristiques des prophéties de la Bible11 - des prophéties de la Bible et de leur accomplissement12 - d’une nécessaire conclusionTitres récents en première page de périodiques : "L’angoissante certitude de Nostradamus" ... "La folie Nostradamus" « Si un homme ou une femme évoque les esprits ou se livre à la divination, ils seront punis de mort; on les lapidera : leur sang retombera sur eux. » (Lév.20:27) « Ne vous tournez point vers ceux qui évoquent les esprits, ni vers les devins; ne les recherchez point, de peur de vous souiller avec eux. Je suis l'Eternel, votre Dieu. » (Lév.19/31). 1 - de l’astrologie chez les peuples de l’AntiquitéManifestation de leur inquiétude, de tous temps les hommes ont cherché à connaître l’avenir par besoin de se rassurer, de savoir comment se comporter, pour conquérir ou se maintenir au pouvoir et pour bien d’autres buts souvent inavouables. Pour ce faire, les civilisations anciennes eurent recours aux méthodes de divination les plus diverses, voire les plus surprenantes. Parce que les astres furent dès les temps anciens considérés comme des divinités, parce qu’il y a aussi un côté mystérieux dans la perception de l’infini des cieux propre à mystifier l’esprit humain, sumériens, chaldéens, babyloniens, égyptiens, cananéens et bien d’autres peuples de l’Antiquité accordèrent une place prépondérante à l’astrologie. L’attaque la plus ancienne se trouve dans la Bible où Moïse déclare au peuple hébreu : « Veille sur ton âme, de peur que, levant tes yeux vers le ciel, et voyant le soleil, la lune et les étoiles, toute l'armée des cieux, tu ne sois entraîné à te prosterner en leur présence et à leur rendre un culte: ce sont des choses que l'Eternel, ton Dieu, a données en partage à tous les peuples, sous le ciel tout entier. » (Deut.4/19). Il faudra ensuite attendre le IIIème siècle de notre ère pour que Sextus Empiricus, médecin et philosophe, vienne opposer les arguments de la raison aux divagations des mages, mais la crédulité humaine restera toujours la plus forte. Les Juifs n’échappèrent pas à la pratique générale et s’adonnèrent à la divination à plusieurs époques de leur histoire. Ils avaient pourtant reçu de sérieuses et multiples mises en garde, avertis que les devins et enchanteurs étaient des imposteurs et qu’en les consultant ils commettaient une faute très grave envers l’Eternel : souillure, commerce avec les mauvais esprits et acte d’apostasie. La loi mosaïque condamnait à mort les devins et ceux qui les consultaient. 2 - du retour de Nostradamusen cette fin de millénaireA la faveur d’une fin de millénaire, d’une éclipse totale de soleil survenant en nos contrées, à cause de l’une de ses très rares prophéties datées : " L’an mil neuf cens nonante neuf sept mois (soit juillet 1999) Du ciel viendra un grand Roy d’effrayeur Ressusciter le grand Roy d’Angolmoy Avant après, Mars régner par bonheur. " (Xième centurie, 72ème quatrain) Nostradamus refait surface et redevient sujet d’actualité, par le jeu de nouvelles publications de ses œuvres et de nouveaux commentaires. Comment cela se peut-il ? La crédulité, l’attirance vers l’occultisme, le goût du merveilleux fut-il irrationnel, n’ont pas été l’apanage des seuls peuples de l’Antiquité car nos aïeux et nos contemporains nous en fournissent la confirmation par leur comportement. 3 - de nos contemporains et deleur comportementPendant des siècles l’humanité vécut au rythme des saisons. Les inventions techniques étaient peu nombreuses, les transformations de la société lentes, assimilées au fil des générations. Le fils reprenait sur place le métier du père, chacun vivait dans le cadre peut-être pesant mais aussi sécurisant des traditions religieuses, familiales et locales. Les moyens de déplacement et de communication étant très limités, le monde se réduisait à l’environnement local. En cent cinquante ans, de façon accélérée tout a basculé. Les fondements de la société sont ébranlés, la famille remise en question, l’avortement légalisé, les perversions favorisées, la morale contestée, la drogue entrée dans les mœurs, l’idée de nation vendue à l’encan. "Dieu est mort" ont proclamé des écrivains et philosophes, ce que beaucoup ont fini par croire, ecclésiastiques compris. A présent les techniques évoluent de façon effrénée, à même de bouleverser profondément les organisations humaines, au delà des transformations provoquées par l’automobile en l’espace d’un siècle. Il règne aujourd’hui le sentiment diffus que l’avenir nous échappe, que la science et la technique n’apportent pas la solution tant espérée à nos problèmes, qu’elles peuvent même se retourner contre nous, et que si le progrès matériel est incontestable, d’autres problèmes prennent corps pour lesquels elles ne donnent pas la moindre réponse. La finalité essentielle reste invariable : l’argent seul est roi et en son nom tout fini par être normal. L’argent seul donne le pouvoir et tout ce qui s’ensuit. Les politiciens prétendent agir au nom des peuples mais on n’a jamais autant parlé de corruption. Que reste-t-il pour l’individu ? Sans certitudes, sans espérance, gardant au fond de lui-même des aspirations remontant à la nuit des temps, il ne lui reste plus qu’à vivre dans l’instant présent et dans l’évasion : Vive le monde virtuel ! et « Mangeons et buvons … » , les Ecritures ajoutent : « … car demain nous mourrons. » (Es.22/13) mais la mort n’a même plus droit de cité, sauf en termes édulcorés. Vivre dans l’instant présent et dans l’imaginaire, cela permet d’oublier le reste. Quand on ne croit plus à rien on finit par prêter foi à n’importe quoi. La réincarnation qui pendant longtemps passa pour l’une des bizarreries des religions orientales a acquis ces dernières années ses lettres de noblesse pénétrant les esprits incrédules et rationnels. Nos contemporains ont le sentiment profond que le rationalisme moderne n’a pas de sens, ne les mène nulle part, d’où leur inquiétude face à l’avenir. Et puis qu’est-ce que l’avenir ? Et pourquoi connaître l’avenir ? Les Ecritures nous renseignent : « Dieu fait toute chose bonne en son temps; même il a mis dans leur cœur la pensée de l'éternité, bien que l'homme ne puisse pas saisir l'œuvre que Dieu fait, du commencement jusqu'à la fin. » (Eccl.3/11). Refusant de chercher Dieu, n’ayant de ce fait plus de guide sûr, ayant en outre l’impression que le monde ne va pas vers des "lendemains qui chantent", l’homme cherche pourtant une réponse à ses questions essentielles et existentielles, et finit par aller vers les mages et voyants. Satisfaction de l’illusion ; on ne vit pas que dans l’instant présent, laissons place au rêve et à l’incertain, d’autant plus s’il vous est dit favorable. De la rationalité sans finalité naissent donc les comportements les plus permissifs et les plus irrationnels, superstitions comprises, et cela concerne toutes les couches de la société, gens de pouvoir inclus. Jean Jaurès, Georges Clemenceau, Raymond Poincaré, esprits forts de la IIIème République, Vincent Auriol, René Coty, Charles de Gaulle, Antoine Pinay, Konrad Adenauer, Winston Churchill, Richard Nixon, Jean Cocteau, André Malraux, Staline, Hitler et la plupart des gloires du IIIème Reich, eurent recours à des devins et astrologues dont on connaît les noms... (4). Les devins de tout acabit interviennent dans les médias et font si bien que, selon l’hebdomadaire Le Point, 27000 Français les consultent chaque jour, soit dix millions de personnes par an. Une fin de millénaire provoque la résurgence naturelle des tenants de Nostradamus. Pourquoi s’en étonner ? Voilà seulement de quoi occuper les esprits, pour certains bénéficier d’une notoriété passagère et pour d’autres vendre livres et revues. Qui dit marché, dit marchands, et quand il y a des gens crédules, il y a des charlatans. Attachons-nous donc aux propos de Nostradamus. 4 - de Nostradamus et de son œuvreQui était donc ce personnage ? De son vrai nom, Michel de Nostredame, il est né en 1503 à Saint-Rémy-de-Provence, de parents d’ascendance juive. Doué pour les études, il est "bachelier en médecine" en 1524 à Montpellier. Envoyé en Languedoc lors d’une épidémie de peste il fait l’admiration de tous par son abnégation et son efficacité, ce que rappellera son pseudonyme, Nostradamus, latinisme pouvant s’interpréter par « Nous donnons du nôtre », nostra damus. Il fonde un foyer, bientôt détruit par la peste et voyage sans but défini une dizaine d’années pour éviter semble-t-il des complications dangereuses avec l’Eglise catholique. Second mariage en 1547 à Salon-de-Provence où il exerce la double activité de médecin et « d’astrophile » (il ne dira jamais astrologue). Ses compétences l’amènent à intervenir à Aix et à Lyon lors d’autres épidémies de peste. Les conditions selon lesquelles se manifestèrent ses talents de devins sont incertaines ; des anecdotes sont bien rapportées mais leur authenticité est plus que douteuse. Il fait paraître en 1550 un premier almanach, recueil de prévisions à court terme, genre qui faisait fureur à l’époque. En 1555 il publie les Prophéties, séries de cent quatrains ou centuries. Le succès est considérable, six éditions du vivant de l’auteur, près de cent à ce jour, qui feront de Nostradamus un personnage illustre en son temps, consulté par les plus grands dont Catherine de Médicis et les rois Henri II et Charles IX. Les propos sont d’un style énigmatique, plein de latinismes inattendus, de symboles obscurs, sans ordre, les dates rarissimes, « perpétuelles vaticinations pour d’icy à l’année 3797 » , « lesquelles j’ay un peu voulu rabouter obscurément », écrira leur auteur. Nostradamus se défendit, dans la préface de son œuvre, d’être prophète, déclarant : « Je ne veux point attribuer titre de si haute sublimité » . Quelle modestie ! Personnage fabuleux de son vivant, il vécut fort bien de son art médical mais surtout de ses talents de divination et c’est certainement là qu’il faut chercher la clé du mystère : « Ses prophètes prédisent pour de l'argent… » (Michée 3:11). Il meurt en 1566 à Salon après avoir été honoré deux ans auparavant par une visite royale et avoir entretenu sa vie durant des relations passablement ambiguës avec la très puissante Eglise catholique. 5 - de Nostradamus et de l’éclipse d’août 1999Dès l’Antiquité, le phénomène des éclipses était suivi et avait donné lieu à bien des cogitations. La connaissance de l’univers ne progressera que très lentement, malgré les contributions de personnages comme Anaxagore, philosophe et astronome grec (5ème s.av.JC), de l’école d’Alexandrie et de Ptolémée (3ème s.av.JC - 2ème s.ap.JC), et des Arabes qui définirent les premières tables de calculs. La grande révolution sera le fait de Copernic (1473-1543) qui démontrera les mouvements des planètes sur elles-mêmes et autour du soleil et sera pour cela déclaré hérétique en 1616… L’œuvre de Copernic, imprimée l’année de sa mort, tombera rapidement dans l’oubli et ne sera donc diffusée que très progressivement. L’invention de la lunette astronomique ne date que de 1608. Pour toutes ces raisons il est douteux de penser que Nostradamus ait eu de grandes connaissances astronomiques aussi, tenter des rapprochements entre l’éclipse solaire qui préoccupe actuellement nos contemporains, ou toute autre, et les cogitations divinatoires de ce dernier relève de la plus grande fantaisie. 6 - de Nostradamus et de ses exégètesLa liste des exégètes des Centuries a commencé de bonne heure : moins d’un demi-siècle après leur parution, un ami du médecin Jean Aymé de Chavigny, publiait à Lyon une première étude très élogieuse : « La Première face du Janus François, extraite et colligée des Centuries de Michel de Nostradamus, par les héritiers de Pierre Roussin » (Lyon 1594) (3). Cet ouvrage ne fut que le premier d’une longue série de commentaires parus à toutes les époques et jusqu’à ce jour, chaque auteur plus affirmatif que tous les précédents, dévoilant une nouvelle lecture décodée des quatrains hermétiques, de nouvelles corrélations avec des évènements passés, d’actualité récente, ou à venir. 7 - des jugements sur l’œuvre de NostradamusMontaigne (1533-1592), contemporain de Nostradamus, juge de façon très circonspecte les mages et devins, dénonçant : « le parler obscur, ambigu et fantastique du jargon prophétique, auquel leurs auteurs ne donnent aucun sens clair, afin que la postérité y en puisse appliquer de tel qu’il lui plaira. » (Essais - Des Prognoftications). Plus récemment, le 4 septembre 1981, l’hebdomadaire Match publiait l’interview d’un théologien psychothérapeute, Mr Tony Anatrella, qui jugeait avec bon sens les vers très obscurs de Nostradamus : « Sa méthode est celle des voyants de toujours, à savoir qu’il utilise un langage ésotérique pour décrire des faits suffisamment vastes pour que le réel, quel qu’il soit, puisse y être intégré. Quoi qu’il arrive, il aura toujours raison, mais suffisamment pour convaincre les esprits crédules. » (3). Nostradamus ne les contredirait certainement pas; lui qui écrivit dans une lettre du 1er mars 1555 : « Je me suis voulu estendre par obstruses et perplexes sentences ... sans figures ... nubileuses … » (3). 8 - des prédictions dansl’œuvre de NostradamusSi des exégètes passionnés ont cherché de tous temps à donner des éclaircissements à ces fameux quatrains, leurs "lumières" reposent sur des montages passablement acrobatiques. Des rapprochements ont ainsi été faits concernant la mort du roi Henri II, l’assassinat du duc de Guise, la fuite de Varennes … évènements sur lesquels se fonde la pseudo-crédibilité des Centuries et en fait la renommée, mais au demeurant rien de bien concluant, ni de bien certain. Les zones d’obscurité persistent et laissent le champ libre à toutes les supputations, c’est ainsi que Richelieu, Louis XIV, Robespierre, Napoléon, Hitler et combien d’autres ont été découverts au sein des mystérieux versets par ces multiples experts qui échafaudèrent des théories tout aussi ténébreuses et multiples que contradictoires. Ces cogitations n’ont pas de conclusions et n’engagent personne, ce qui permet de les renouveler périodiquement sans épuiser le sujet, mais avec grand profit. Chaque lecteur est libre d’avoir un avis sur la question; on peut « croire » à certaines prédictions et ignorer les autres ; ce n’est qu’une question de point de vue et de sensibilité imaginative. Un éminent médecin du XVIIème siècle, Gui Patin, portait ce jugement : « Tout ce qu’a fait Nostradamus ne sont que des rêveries et des rébus de Provence ! » (3). En quelque sorte, une gigantesque galéjade ! 9 - des prédictions de Nostradamus et des prophéties bibliquesOn se garde bien d’évoquer la question de savoir pour quelle raison, et de qui Nostradamus tient-il ce pouvoir prophétique. Dieu qui ne peut se contredire déclare : « J'anéantis les signes des prophètes de mensonge, et je proclame insensés les devins; je fais reculer les sages, et je tourne leur science en folie. » (Es.44/25). Si la plus grande fantaisie règne dans l’interprétation des Centuries, il en est différemment avec la parole de Dieu : « Moi, l’Eternel, je dis ce qui est vrai, je proclame ce qui est droit. ... Je le jure par moi-même, la vérité sort de ma bouche et ma parole ne sera point révoquée. » (Es.45/19b,23a), texte qui ne laisse aucune latitude et met chacun dans la situation du choix : accepter la parole telle qu’elle nous est donnée, ou la refuser avec toutes les conséquences que cela comporte, situation inconfortable pour nos contemporains, l’homme moderne se voulant libre de ses opinions, mais n’acceptant surtout pas la notion d’un Dieu tout-puissant et souverain devant lequel il se trouvera un jour, responsable de toutes ses pensées et de tous ses agissements. 10 - des caractéristiques desprophéties de la BibleExaminons à présent les caractéristiques de la prophétie divine ; par prophétie nous entendons « la prédiction d’évènements, non par une simple intuition ou prescience humaine, mais par une communication directe de la part de Dieu » (2). « J’annonce dès le commencement ce qui doit arriver, et d’avance ce qui n’est pas encore accompli ; je dis : Mes arrêts subsisteront, et j’exécuterai toute ma volonté. » (Es.46/10). « Qui a, comme moi, fait des prédictions Qu'il le déclare et me le prouve! » (Es.44/7a). Comme nous ne pouvons pas dire si des paroles ont été communiquées de cette façon à un homme jusqu’à ce quelle ses réalisent. « Peut-être diras-tu dans ton cœur : Comment connaîtrons-nous la parole que l'Eternel n'aura point dite? Quand ce que dira le prophète n'aura pas lieu et n'arrivera pas, ce sera une parole que l'Eternel n'aura point dite. C'est par audace que le prophète l'aura dite. » (Deut.18/21-22), la valeur de la prophétie dépend donc de savoir si celui qui l’a prononcée vit en contact avec Dieu. On ne peut déterminer cela que sur la base de ses autres enseignements et de la piété de sa vie (2). La description des faux prophètes de l’Ancien Testament est éloquente : menteurs, infidèles, adultères, opportunistes, corrompus..., les références à l’appui ne manquant pas. Sans jeter d’inutiles suspicions sur la vie de Nostradamus, il est évident qu’il ne fut pas un homme de Dieu et ne put donc faire des révélations en son nom, les dernières prophéties reconnues étant celles contenues dans l’Apocalypse de Jean et datant de la fin du premier siècle. Les Ecritures disent aussi comment Dieu communique : « Ecoutez bien mes paroles! Lorsqu'il y aura parmi vous un prophète, c'est dans une vision que moi, l'Eternel, je me révélerai à lui, c'est dans un songe que je lui parlerai. » (Nom.12/6) ; le texte ajoute : « Il n'en est pas ainsi de mon serviteur Moïse. Il est fidèle dans toute ma maison. Je lui parle bouche à bouche, je me révèle à lui sans énigmes, et il voit une représentation de l'Eternel. » (Nom.12/7-8a). La prophétie doit être donnée en un langage clair, non susceptible d’équivoque, ne pouvant donner lieu à plus d’une explication, excluant tout pressentiment humain et donc suffisamment éloignée de son accomplissement, tel est en Es.44/28 l’exemple de celle concernant Cyrus, énoncée 150 ans à l’avance. Cette clarté gênante des prédictions divines a amené des esprits « modernes et éclairés » à contester le caractère prophétique des prédictions ; pour un esprit rationnel, il est en effet impossible qu’elles aient été proclamées avant l’événement ; pourtant : « Dieu n'est point un homme pour mentir, Ni fils d'un homme pour se repentir. Ce qu'il a dit, ne le fera-t-il pas? Ce qu'il a déclaré, ne l'exécutera-t il pas? » (Nom.23:19). "Par ce que Dieu a créé et soutient l’esprit de l’homme, rien dans la conscience humaine n’est indépendant de lui. Dieu concourt aux pensées de l’homme comme il concourt aux lois de la nature, sans détruire ni l’une ni l’autre et sans devenir complice du péché." (2). Sa prescience et sa toute-puissance lui permettent de dépasser le cadre physique auquel nous sommes naturellement contraints. 11 - des prophéties de la Bibleet de leur accomplissementLa possibilité de la prophétie est confirmée par maints accomplissements qui rendent d’autant plus crédibles les prédictions non encore accomplies. La multiplicité des prophéties concernant Jésus-Christ et leur réalisation à la lettre, certaines annonces étant faites mille ans et même quinze cents ans à l’avance, ôtent toute latitude au hasard. La probabilité qu’un homme puisse les accomplir aussi parfaitement est nulle. Aucun être humain ne peut se prévaloir de faits semblables, tels furent Confucius (6ème s. av. JC), Bouddha (5ème s. av. JC) ou Mahomet (6ème s.), fondateurs de religions, qui ne furent l’objet de la moindre prédiction et n’en firent aucune. Le domaine prophétique qui concerne Jésus-Christ est tel que l’on ne peut ici citer toutes les références d’annonces et d’accomplissements. Il traite de la généalogie du Messie, né de la postérité de la femme, de celle d’Abraham et de celle de David, de la tribu de Juda et fils d’une vierge. Il détermine ses lieu et époque de naissance, annonce des évènements survenus en ce temps : massacre d’innocents, venue d’un précurseur. Il définit sa personne comme oint du Saint-Esprit, comme prophète et sacrificateur, comme Rédempteur des nations. Il parle sa mission, de son zèle, de son enseignement en paraboles, des miracles qu’il accomplira, de son entrée dans le Temple et à Jérusalem. Il évoque les difficultés qu’il rencontrera avec Israël, son rejet par ses frères, la trahison dont il sera victime, de son prix : « Et ils pesèrent pour mon salaire trente sicles d'argent. » (Zac.11/12), et de l’usage que l’on ferait de cet argent. Il précise les conditions de son sacrifice et de sa mort : les coups, crachats et moqueries dont il sera l’objet, sa crucifixion, ses mains et pieds percés : « Ils ont percé mes mains et mes pieds. Je pourrais compter tous mes os. » (Ps.22/17-18), le sort de ses vêtements, sa soif, le vinaigre offert, ses os qui ne furent point brisés. Il spécifie qu’il sera compté parmi les malfaiteurs, mais enterré avec le riche. Il définit le but de sa mort, à savoir expier nos péchés. Il proclame enfin sa résurrection : « Car tu ne livreras pas mon âme au séjour des morts, Tu ne permettras pas que ton bien-aimé voie la corruption. » (Ps.16/10), le troisième jour, et son ascension à la droite de Dieu. Une telle multiplicité de prédictions, fidèlement réalisées, jusqu’aux moindres détails, est confondante. Il y a là une preuve formelle de l’existence de Dieu, de la divinité de Jésus-Christ et de l’inspiration de la Bible. Que l’on est loin des affabulations de Nostradamus et de ses exégètes ! Devons-nous en rester là ? Autant de prophéties, aussi fidèlement réalisées se retrouvent en ce qui concerne l’histoire passée et récente d’Israël. On n’a jamais vu un pays perdre sa souveraineté (en 586 av.JC) et la retrouver vingt-cinq siècles après, il y a cinquante ans, comme a annoncé en Es.66/7-9. Un passé récent nous a permis de constater : le retour de la dispersion, le rétablissement d’Israël, la résurrection nationale, le reboisement des collines dénudées, le refleurissement du désert, le renouvellement des villes ravagées, l’exploitation des richesses locales, la réunification de Jérusalem, le recul des frontières, un reste spirituel… événements correspondant à autant d’annonces prophétiques claires et accomplies (6). 12 - d’une nécessaire conclusionNotre respect et notre émerveillement devant la prophétie biblique doit être pour nous source de réconfort pour notre foi et certitude que toutes les prédictions non encore accomplies concernant en particulier le retour de Jésus-Christ, l’enlèvement de l’Eglise, les temps de l’Apocalypse, le Millénium et la Fin des Temps verront le moment venu leur pleine réalisation. « Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. Pour ce qui est du jour ou de l'heure, personne ne le sait, ni les anges dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul. Prenez garde, veillez et priez; car vous ne savez quand ce temps viendra. » (Mc.13/31-33). L’exactitude de la réalisation des prophéties bibliques doit renforcer en nous la certitude que nous avons dans la vérité des Ecritures, dans la vérité des promesses de Dieu et dans ses instructions, et doit nous conduire vers une fidélité accrue envers lui. « Voici, l’obéissance vaut mieux que les sacrifices, et l’observation de sa parole que la graisse des béliers. Car la désobéissance est aussi coupable que la divination, et la résistance ne l’est pas moins que l’idolâtrie et les téraphim. « (1Sam.15/22-23) (1). « Hommes, c'est à vous que je crie, et ma voix s'adresse aux fils de l'homme. Ecoutez, car j'ai de grandes choses à dire, et mes lèvres s'ouvrent pour enseigner ce qui est droit. Car ma bouche proclame la vérité, et mes lèvres ont en horreur le mensonge; toutes les paroles de ma bouche sont justes, elles n'ont rien de faux ni de détourné; toutes sont claires pour celui qui est intelligent, et droites pour ceux qui ont trouvé la science. Préférez mes instructions à l'argent, et la science à l'or le plus précieux ; car la sagesse vaut mieux que les perles, elle a plus de valeur que tous les objets de prix. » (Prov.8/4,6-10). ___________________ (1) Teraphim = idoles utilisées dans un sanctuaire de maison, analogues aux lares des romains, dieux protecteurs du foyer domestique. Sources : (2) "Esquisse de théologie biblique" de H.C.Thiessen, Editions Farel 1987. (3) Historia, Novembre 1981, N°420, pages 43 à 54. (4) Historia, N°397 bis, 1979, pages 77 à 87. (5) Le Figaro Magazine, 12 juin 1999. (6) "Le Grand Retour au Pays de la Bible", de P.Despagne, MB 1984. (8) La Bible Online 1999, Editions Clé. (9) "L’éclipse", d’Albert Ducrocq, Editions du Rocher, 1999.
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