6. Le nombre de pasteurs ou anciens
7. Les décisions dans l'Église
8. Les relations entre églises
Il est évident que l'organisation de l'Église n'est pas la même à ses débuts (peu après la résurrection et l'ascension de Christ) et à sa maturité, lorsque l'apôtre Paul a reçu du Seigneur la doctrine de l'Église (Éphésiens 3).
Au commencement, il n'y avait qu'une église, à Jérusalem.
Au commencement, il y avait des apôtres et des prophètes.
Au commencement, le Nouveau Testament n'était pas encore écrit.
Aujourd'hui, il existe des centaines de milliers d'églises locales, il n'y a plus d'apôtres ni de prophètes et le N.T. est accessible à tous.
L'organisation mentionnée dans le livre des Actes nous servira par ses principes mais ne devra pas être "copiée" à la lettre puisqu'elle a évolué avec les Épîtres de Paul.
Ainsi, les premières églises ont commencé dans des maisons (Romains 16/5; 1 Corinthiens 16/19; Colossiens 4/15; Philémon 1/2); cela ne signifie pas que nos églises aujourd'hui doivent forcément se réunir dans une maison. Sinon, dès que le nombre dépasserait vingt personnes, l'église ne pourrait plus se réunir!
Comme pour le reste de la doctrine du Nouveau Testament, nous irons donc chercher dans les Épîtres et non dans les Actes la direction du Seigneur. Le livre des Actes est un récit d'historien inspiré, décrivant les débuts de l'Église, tandis que les Épîtres sont des traités de doctrine révélée par Christ.
L'organisation de l'Église s'est faite peu à peu, suivant la direction du Saint-Esprit et des besoins. Au départ, à la conversion des trois mille à Jérusalem, les apôtres étaient les seuls à diriger l'église (Actes 5/9-12).
Avec l'augmentation du nombre d'âmes sauvées et l'apparition de problèmes "techniques", les apôtres demandèrent que l'assemblée choisisse sept hommes de qualité pour distribuer la nourriture (Actes 6/3). Parmi eux, Etienne et Philippe se révélèrent être de puissants évangélistes. Mais les apôtres dirigeaient toujours l'église.
Lorsque Pierre, Paul, Philippe et tous leurs compagnons d'œuvre eurent commencé de fonder des églises un peu partout, il devenait évident que les apôtres ne pouvaient plus tout diriger. Ils pouvaient encore rendre des visites, prier, écrire, donner leur avis, mais il fallait nommer des responsables qu'ils appelèrent "anciens" selon la coutume juive (Actes 15/4). Les premiers anciens furent nommés en Judée, dans la première église (Actes 11/30).
Les apôtres ne désignaient pas des anciens immédiatement car des nouveaux convertis n'auraient pu être efficaces. A Lystre et Icone, par exemple, c'est seulement à leur deuxième venue que Paul et Barnabas nommèrent des anciens (Actes 14/22-23).
Les apôtres et les évangélistes évangélisaient le monde, plantant des églises, fortifiant les nouveaux convertis et recevant de Jésus-Christ les doctrines du Nouveau Testament. Les anciens, eux, prenaient soin des églises en leur absence.
En Actes 15/23, lors du Concile de Jérusalem, on trouve les apôtres, les anciens et les frères. Il n'y a pas encore d'évêques ni de diacres officiels. Mais plus tard, à Éphèse, ces anciens sont désignés évêques, ce qui suggère qu'ils devinrent pasteurs à plein temps (Actes 20/28).
En Éphésiens 4/12, on trouve également les apôtres, les prophètes, les évangélistes et les pasteurs et docteurs. Le besoin d'hommes travaillant à plein temps pour l'enseignement et l'administration des églises a donc amené les anciens à devenir pasteurs à part entière.
C'est à Philippes que l'on trouve la forme d'organisation la plus achevée (Philippiens 1/1, écrit env. en 60), c'est-à-dire les évêques, les diacres et les saints. Néanmoins, Pierre dans sa première épître (env. 66) exhorte les anciens et se désigne comme un ancien parmi eux (1 Pierre 5/1). Il faut dire qu'il s'adresse aux juifs chrétiens de la diaspora qui avaient sans doute conservé le terme "anciens".
Quelques chiffres.
Huit titres sont utilisés dans le Nouveau Testament (N.T.) : apôtre, prophète, évangéliste, ancien, évêque, pasteur, docteur et diacre.
Le terme "ancien" (presbuteros en grec) désignant un dirigeant d'église, est employé environ 75 fois dans le N.T., 42 fois pour les anciens d'Israël et 33 fois pour les anciens de l'Église (dont 12 fois dans les Actes, 9 fois dans les Épîtres et 12 fois en Apocalypse pour désigner les 24 vieillards).
Le terme "évêque" (episcopos en grec), désignant un dirigeant qui supervise l'église, est employé 5 fois, la première fois à Éphèse en Actes 20/28.
Le terme "pasteur" (poimen en grec) désignant un dirigeant d'église qui paît le troupeau, est employé 4 fois dans le N.T., 2 fois pour un pasteur et 2 fois pour désigner Christ.
Le terme "évangéliste" (euanggelistes en grec) désignant un serviteur de Dieu qui annonce l'Évangile, est employé 3 fois dans le N.T..
Le terme "docteur" (didaskalos en grec) désignant un enseignant de la Parole de Dieu, est employé 55 fois, dont 48 fois pour Christ dans les Évangiles (traduit par "maître") et 7 fois pour un docteur dans l'Église. ["docteur de la loi" est un autre mot, nominos]
Le terme "diacre" (diakonos en grec, qui vient du mot "courir" désignant un messager) est rendu par Louis Segond "serviteur", "ministre" ou "diacre, diaconesse". Ce mot a plusieurs sens en grec : il pouvait désigner un domestique (par ex. aux noces de Cana, Jean 2/9), un magistrat (Romains 13/4), un serviteur de Dieu en général, qu'il soit apôtre ou non (1 Cor. 3/5), des ministres des Christ (2 Corinthiens 11/23), des diacres, c'est-à-dire une fonction particulière dans l'Eglise destinée à aider les pasteurs et les frères (Romains 16/1, Philippiens 1/1, 1 Timothée 3/8). [Ce mot ne doit pas être confondu avec l'autre mot "serviteur", en grec doulos, qui signifie littéralement "esclave" - ex.: Philippiens 1/1 où les deux mots s'y trouvent].
- Pourquoi tous ces mots?
Une étude, même superficielle, révèle que les évêques, les pasteurs et les docteurs sont tous des anciens.
En Actes 20/17, 28 nous découvrons que les anciens d'Éphèse avaient été établis évêques pour paître le troupeau de Dieu.
Le mot "ancien" vient du grec presbus qui signifie "plus âgé". Cela montre donc que les anciens doivent posséder une certaine maturité, aussi bien dans la foi que dans la vie.
Ce sont les juifs qui utilisaient le plus ce mot "ancien" qui provient de l'Ancien Testament (A.T.). Les anciens d'Israël étaient avec Moïse au nombre de 70 (Exode 24/1 et Nombres 11/24), rendaient la justice dans les villes (Deutéronome 21/19 et Proverbes 31/23) et avaient un rôle de direction et de décision, aussi bien dans le domaine civil que religieux.
Le mot "évêque" désignait chez les grecs un "superintendant", c'est-à-dire un chef dans le domaine civil. Ce mot leur était familier et fut très vite appliqué dans l'Église.
Les juifs avaient donc une tendance d'employer le mot "ancien" et les grecs le mot "évêque", les deux désignant la même personne. En fait, en regardant l'utilisation du mot ancien, on découvre qu'il s'applique à tous ceux qui avaient une responsabilité dans l'église, que ce soit dans la direction ou dans l'enseignement (1Timothée 5/17).
L'évêque fait partie des anciens, comme le pasteur, le docteur ou même le trésorier. Il est possible que les diacres soient inclus dans le terme "anciens", bien qu'ils se distinguent nettement des évêques, 1°) parce qu'ils sont clairement différenciés en Philippiens 1/1, et 2°) parce que, contrairement à l'évêque, on n'exigeait pas d'eux la capacité d'enseigner (1Tim. 3/2, 8).
Les apôtres et les prophètes ont disparu avec l'apôtre Jean et avec l'achèvement du Nouveau Testament.
a) Un don de Christ à l'Église.
Il apparaît que la fonction de pasteur (alias ancien, alias évêque) est un don à l'église. Nous voyons cela en Romains 12/6-7 et en Éphésiens 4/11.
Par contre, en 1 Corinthiens 12/28 (écrite vers 56), le terme "ancien" ou "pasteur" n'apparaît pas. Les dons spirituels mentionnés sont uniquement les dons miraculeux nécessaires à la naissance de l'Église : dons de connaissance pour inspirer le N.T., les doctrines et les principes fondamentaux; dons de miracles pour appuyer le témoignage des apôtres (Hébreux 2/4).
b) Une fonction de direction.
Les mots employés sont sans équivoque quant au rôle de direction de la part des pasteurs : ils dirigent l'Église (1 Timothée 5/17), ils ont la charge du troupeau (Actes 20/28), ils veillent sur les âmes (Hébreux 13/17), ils administrent (Tite 1/7), ils s'occupent des problèmes de doctrine et d'organisation (Actes 15/2, 6), il prennent soin de l'Église (1 Timothée 3/5), ils nourrissent le troupeau ((1 Pierre 5/2), ils forment d'autres anciens (2 Timothée 2/2) et ils enseignent et prêchent la parole pour préparer les saints à leur ministère (Éphésiens 4/12).
Les termes employés pour désigner les relations entre les frères et leurs anciens sont aussi éloquents : l'Église doit les considérer, les aimer (1 Thessaloniciens 5/12-13), les honorer (1 Timothée 5/17) et leur obéir (Hébreux 13/17).
Tous ne sont pas appelés à diriger mais le Seigneur a établi une organisation composée d'hommes et de femmes qu'il a doués par Son Esprit. Le don de direction est clairement cité en Romains 12/6-8 : "...Que celui qui préside le fasse avec zèle..." Or, le mot traduit par "présider" est en grec prohistemi, qui signifie littéralement "se tenir devant" ou "se tenir au-dessus" que l'on retrouve ailleurs pour désigner la direction de l'Église par l'évêque (1 Thessaloniciens 5/12).
Néanmoins, la parole est claire : il n'y a pas de hiérarchie dans l'Église, mais des dons différents. Certains sont appelés à conduire, enseigner, administrer, sans qu'ils soient pour autant "supérieurs" devant Dieu; l'autorité suprême dans l'Église réside en Jésus-Christ et dans les Saintes Écritures.
Le pasteur est serviteur de l'Église, mais il n'a de comptes à rendre qu'à Dieu, le Souverain Berger et celui qui l'a appelé (1 Pierre 5/4).
Qui peut devenir ancien?
Tout le monde ne peux pas devenir ancien ou pasteur.
Les femmes, en aucun cas puisqu'elles ne peuvent prendre d'autorité sur l'homme (1 Timothée 2/12).
Les nouveaux convertis ne peuvent y prétendre non plus (1 Timothée 3/6).
L'homme en question doit être ancien dans la foi, par définition, c'est-à-dire ayant acquis assez de maturité (1 Pierre 5/5) et ayant traversé victorieusement assez d'épreuves pour être digne de son ministère (2 Timothée
le pasteur doit avoir reçu lui-même un enseignement le plus complet possible des doctrines de la Bible. Encore une fois, le zèle sans intelligence est insuffisant (Romains 10/2). L'exemple le plus frappant est celui d'Apollos (Actes 18/24-26). Il était fervent d'esprit et parlait de Jésus à ses compatriotes juifs, mais Aquilas et Priscille durent le prendre à part pour lui exposer plus exactement la voie du Seigneur.
Il doit être irréprochable à tous égards, soit devant Dieu, soit devant les frères, soit devant le monde (1 Timothée 3/2-5).
Il doit être un modèle pour les autres (1 Timothée 4/12). Cela sera sa plus grande autorité.
Il doit être mari d'une seule femme (1 Timothée 3/2). La polygamie n'existant pas dans le monde grec, ce verset nous amène à penser que l'évêque ne pouvait pas être un homme divorcé puis remarié [Un homme veuf remarié peut-il être évêque? C'est à l'église de le déterminer].
Tout porte à croire que les évêques d'églises déjà bien établies étaient à temps plein dans leur ministère : "Il n'est pas de soldat qui s'embarrasse des affaires de la vie, s'il veut plaire à celui qui l'a enrôlé." (2 Timothée 2/4) "Occupe-toi de ces choses, donne-toi tout entier à elles, afin que tes progrès soient évidents pour tous." (1 Timothée 4/15 - voir aussi la comparaison avec les lévites mis totalement à part pour leur service: Nomb. 3/12; 18/23).
Si Paul a travaillé occasionnellement, c'est pour pouvoir annoncer l'Évangile gratuitement (2 Thess. 3/8). C'est lui qui insiste pour que celui qui annonce l'Évangile vive de l'Évangile (1 Corinthiens 9/14) et qui recommande de rémunérer particulièrement les anciens qui dirigent et enseignent bien (1 Timothée 5/17).
Il n'est pas exigé dans la Bible que le pasteur provienne de l'église même. Si c'était toujours le cas, on ne pourrait pas fonder de nouvelles églises! Il n'y a donc aucun problème à ce qu'un évêque vienne d'ailleurs, pourvu qu'il soit accepté par l'église.
C'est Jésus-Christ qui, premièrement, appelle quelqu'un au ministère : "Paul, apôtre de Jésus-Christ par la volonté de Dieu... qui nous a sauvés et nous adressés une sainte vocation..." (2 Timothée 1/1&9). Cette sainte vocation, dans le contexte, ne peut être que l'appel de Paul et Timothée au ministère.
Cela n'empêche pas que quelqu'un puisse "aspirer à la charge d'évêque" (1 Timothée 3/1). Pour être responsable d'une église, il faut le vouloir! C'est une tâche qui réclame tout son temps, son être et sa vie. Mais tous ceux qui désirent diriger ne sont pas aptes ou ne sont pas appelés par Dieu.
Le Saint-Esprit établit le pasteur sur une église: Actes 20/28. C'est aussi lui qui demanda à Saul (Paul) et Barnabas de quitter l'église d'Antioche pour partir en mission fonder d'autres églises (Actes 13/2-4).
D'autres anciens sont amenés à approuver l'appel d'un homme et à l'établir sur une église (1 Tim. 4/14 - Tite 1/5).
L'église doit, en tous les cas, décider d'accepter l'ancien qui lui est présentée (1 Corinthiens 11/19; 16/3).
En Actes 14/23, les apôtres font nommer des anciens dans chaque église qu'ils viennent de fonder. Le mot "nommer" est en grec cheirotoneo qui signifie littéralement "tendre la main". Il semble donc que les apôtres aient proposé des personnes qui étaient acceptées par l'église naissante lors d'un vote à main levée.
La procédure finale n'a pas une importance vitale. Ce qui compte, ce sont les qualifications du pasteur considéré: un homme irréprochable, éprouvé, capable d'enseigner et responsable.
Ils sont toujours désignés au pluriel, preuve qu'il y en avait plusieurs dans chaque église, bien que la Parole n'en exige pas plusieurs.
Il est certain qu'une église grandissante aura besoin de plusieurs anciens pour bien s'occuper de tout : évangélisation, prédication, enseignement, administration, etc.
Certaines églises se retrouvent sans pasteur pour en prendre soin. Dans ce cas, la parole n'empêche pas d'avoir des frères qui suppléent au manque, tout en priant que le Seigneur donne un pasteur à l'église (Matt. 9/38).
Quoiqu'il en soit, la sagesse dit qu'il vaut mieux un pasteur qualifié que dix anciens incompétents qui causeront des troubles et finiront par se quereller : "Mes frères, qu'il n'y ait pas parmi vous un grand nombre de personnes qui se mettent à enseigner, car vous savez que nous serons jugés plus sévèrement." (Jacques 3/1).
Il est intéressant de noter qu'en 1 Timothée 3, Paul parle de l'évêque au singulier (v.2) et des diacres au pluriel (v.8). En Tite de même, Paul demande à ce serviteur de Dieu d'établir des anciens (pluriel) dans chaque ville, s'il s'y trouve quelque homme (singulier) irréprochable (Tite 1/5-6). Mais encore une fois, le nombre d'anciens n'est jamais imposé dans les Écritures.
Quoique l'Écriture ne donne aucune précision à ce sujet, le bon sens réclame aussi qu'un des anciens soit le principal, afin que tous marchent dans une même direction.
L'église de Philippes fut confrontée à ce problème lorsque des diaconesses furent divisées sur un point. Paul les exhorte à marcher d'un même pas (Philippiens 3/16, 4/2) et demande au fidèle serviteur (l'évêque principal ?) de les y aider.
De plus, il faut bien qu'il y ait un pasteur principal pour que Paul demande à Timothée d'être prêt à reprendre, devant les autres, les anciens qui pèchent (1 Timothée 5/20).
On a remarqué que les diacres s'opposent presque systématiquement au pasteur dès qu'ils sont élus. Inconsciemment, ils imaginent devoir défendre l'Église contre le pasteur... Cela est regrettable. Les diacres doivent donner leur avis, certes, mais leur tache principale est d'assister le pasteur dans tout ce qu'il ne peut pas faire (Actes 6/2-3) et non de diriger l'Église.
Une étude approfondie montre que l'église toute entière est souvent appelée à prendre des décisions (Actes 11/22; 14/27; 15/22).
Pour autant, l'église ne fonctionne pas comme une démocratie, mais comme une mini-théocratie, c'est-à-dire que Jésus-Christ, le chef de l'Église, donne par son Saint-Esprit, des hommes, des directives et des âmes nouvelles.
Néanmoins, sur un grand nombre de points, l'église n'a pas besoin de directives directes à part les Écritures.
En effet, elle doit garder la saine doctrine, la foi transmise aux saints une fois pour toutes et contenue dans la Bible (Jude v.3; 1 Timothée 3/15). Le pasteur est spécialement appelé (et équipé) pour réfuter tout contradicteur et, au besoin, doit lui fermer la bouche (Tite 1/9-11).
L'Église doit propager l'Évangile autour d'elle sans avoir besoin d'une directive précise pour s'y lancer. Le Saint-Esprit ouvrira une porte ici ou là (Colossiens 4/3) et appuiera de sa puissance les efforts d'évangélisation (1 Thessaloniciens 1/5).
L'Église doit se conserver pure et retirer de son sein ceux qui veulent vivre dans l'iniquité (2 Thessaloniciens 3/11-15). Pour exercer la discipline, le Seigneur Jésus a laissé un principe important : si un frère a péché, l'offensé doit chercher à régler la chose en privé. Si l'offenseur refuse, on appellera deux ou trois témoins (les anciens si possible); s'il refuse encore, c'est l'assemblée qui tranchera (Matthieu 18/15-17). L'Église doit toute entière participer à la discipline pour que celle-ci soit efficace et amène l'offenseur à la repentance (1 Corinthiens 5/4, 12).
L'église ne doit pas décider en assemblée de tous les détails! Les anciens et les diacres sont là pour administrer la majeure partie des choses. Les frères sont appelés à suivre leurs conducteurs et se soumettre à leurs directives afin que l'unité règne (Hébreux 13/17).
Sur la question des liens entre églises, le N.T. ne donne pas de directives précises mais des principes. L'esprit d'amour (Jean 13/35), de libéralité (2 Corinthiens 8/7) et d'unité (Éphésiens 4) est encouragé. Mais les églises locales restent indépendantes. Seuls les apôtres avaient une autorité qui s'étendait sur plusieurs églises (en grande partie parce qu'ils en étaient les fondateurs).
Indépendance ne signifie pas isolement ni autonomie complète.
Les églises avaient de fréquents liens, et les plus pauvres subsistaient parfois grâce aux dons d'autres églises (Romains 15/26; 1 Corinthiens 16/1).
L'autonomie financière d'une église locale est toutefois souhaitable. La dépendance de l'État est inexistante dans le N.T. et à refuser à tous prix.
Les liens entre les anciens des églises et les missionnaires étaient très forts, et le fait de rester une église solitaire n'est jamais encouragé dans le N.T. (3 Jean 1/8-10).
Il semble qu'il ait existé dès le départ des communions d'églises de la même région : en Galatie (Galates 1/2) et en Achaïe (2 Corinthiens 1/1) par exemple. Certaines épîtres s'adressaient d'ailleurs aux églises de la région et devaient être transmises d'église en église (Colossiens 4/16), preuve que des liens réguliers existaient.
Le mot "églises" (au pluriel) apparaît 34 fois dans le N.T.. Les églises envoient, par exemple, un ouvrier pour qu'il travaille avec Paul (2 Corinthiens 8/18-19); toutes les églises envoient une salutation à l'église de Rome (Romains 16/16); les églises de païens imitent les églises de Judée (1 Thess. 2/14); Paul enseignait dans toutes les églises (1 Corinthiens 4/17); il existait une discipline pratiquée dans toutes les églises (1 Cor. 11/16; 14/33-34).
Il faut regretter que ce bel ensemble n'ait pas duré et que certains évêques, à l'image de Diotrèphe, ait commencé à dominer sur le troupeau et sur d'autres églises, notamment l'évêque de Rome, qui "régnait" sur la plus grande église du monde d'alors.
Certains Corinthiens, par orgueil, croyaient pouvoir se passer de la communion des autres églises et des apôtres. Ils se jugeaient plus spirituels que tout le monde, y compris l'apôtre Paul lui-même. Dans sa deuxième lettre aux Corinthiens, Paul leur témoigne son amour et dit: "C'est votre cœur qui s'est rétréci pour nous. Élargissez aussi votre cœur!" (2 Cor 6/12-13). Mais pour qu'il n'y ait aucun malentendu sur ce point, Paul poursuit en disant : "Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger..." (v.14). La communion entre églises est nécessaire pour l'avancement du royaume de Dieu et pour l'exhortation commune, mais doit se restreindre aux églises qui sont fondées sur les Écritures et qui enseignent tout le conseil de Dieu avec fidélité. L'Écriture est claire quand elle appelle les chrétiens à se séparer et s'éloigner des faux docteurs.
Un certain nombre de principes se dégagent donc du Nouveau Testament concernant le gouvernement de l'Église.
1°) Au fur et à mesure des besoins (taille grandissante des églises, disparition des apôtres, etc.) l'organisation de l'Église a pris forme pour aboutir à celle que l'on trouve en Philippiens 1/1, c'est-à-dire les évêques, les diacres et les saints.
2°) La taille de l'église va déterminer le nombre d'anciens et de diacres. Tant qu'un pasteur et des diacres suffisent, point n'est besoin d'ajouter d'autres anciens. Si l'assemblée grandit, la présence d'autres anciens (pour l'évangélisation, pour l'enseignement, pour les enfants, etc.) deviendra nécessaire.
3°) Tous ceux qui avaient une responsabilité précise dans l'église sont appelés anciens. Mais les évêques, les prédicateurs et les enseignants bibliques sont les conducteurs principaux de l'église.
4°) La direction des églises était confiée à des personnes irréprochables et capables, choisies par le Seigneur et par l'église. Il y a donc une organisation humaine (bien que soumise au Saint-Esprit) en charge de l'église. Ce n'est plus Christ qui, d'une façon directe, dirige l'Église par révélations et par châtiments exemplaires (ex. Actes 5, Ananias et Saphira), car les dons de connaissance et de prophétie ont disparu avec l'achèvement du N.T. (1 Corinthiens 13/8). Les anciens dirigent donc l'église en suivant de près les enseignements du N.T. et en formant à leur suite des hommes fidèles et capables (2 Tim. 2/2).
Christ demeure évidemment le chef de l'Église (Éphésiens 1/22), le souverain berger (1 Pierre 5/4) et celui qui sauve, sanctifie, unit, châtie, protège, etc., tout en confiant à des hommes et à l'Église des responsabilités importantes.
Si les dirigeants dirigent mal et que les saints les laissent ainsi faire, l'église locale périclitera. Si les pasteurs laissent entrer des fausses doctrines, ils seront tenus responsables par le Seigneur des dégâts causés.
5°) Les évidences bibliques sont en faveur d'un évêque à temps plein, salarié par son église.
6°) Les formes épiscopales (église romaine, anglicane et orthodoxe), ou presbytérales (églises protestantes) ne correspondent pas au modèle biblique où l'assemblée entière prend part à un certain nombre de décisions.