John Wycliffe au XIVe siècle (1320-1384).
Introduction
II Chroniques 34/14-21 "Au moment où l'on sortit l'argent qui avait été apporté dans la maison de l'Eternel, le sacrificateur Hilkija trouva le livre de la loi de l'Eternel donnée par Moïse. Alors Hilkija prit la parole et dit à Schaphan, le secrétaire, J'ai trouvé le livre de la loi dans la maison de l'Eternel. Et Hilkija donna le livre à Schaphan. Schaphan apporta le livre au roi, et lui rendit aussi compte, en disant, Tes serviteurs ont fait tout ce qui leur a été commandé; ils ont amassé l'argent qui se trouvait dans la maison de l'Eternel, et l'ont remis entre les mains des inspecteurs et des ouvriers. Schaphan, le secrétaire, dit encore au roi, Le sacrificateur Hilkija m'a donné un livre. Et Schaphan le lut devant le roi. Lorsque le roi entendit les paroles de la loi, il déchira ses vêtements. Et le roi donna cet ordre à Hilkija, à Achikam, fils de Schaphan, à Abdon, fils de Michée, à Schaphan, le secrétaire, et à Asaja, serviteur du roi, Allez, consultez l'Eternel pour moi et pour ce qui reste en Israël et en Juda, au sujet des paroles de ce livre qu'on a trouvé; car grande est la colère de l'Eternel qui s'est répandue sur nous, parce que nos pères n'ont point observé la parole de l'Eternel et n'ont point mis en pratique tout ce qui est écrit dans ce livre."
Néhémie 8/1- "Alors tout le peuple s'assembla comme un seul homme sur la place qui est devant la porte des eaux. Ils dirent à Esdras, le scribe, d'apporter le livre de la loi de Moïse, prescrite par l'Eternel à Israël."Nous voyons ici l’effet de la redécouverte du message de la Bible par le peuple juif. Il y a des réformes, des repentances, des pleurs, mais aussi la purification et la joie!
A plusieurs reprises, les israélites ont totalement délaissé les Saintes Ecritures. Le résultat fut la décadence, la défaite et le désespoir.
Quand ils ont rouvert la Bible et ont décidé d’y obéir, on y voit la repentance, le réveil et le renouvellement.
Cela est vrai pour une nation, pour un peuple, pour une église ou pour un individu.
Car la Bible est un livre vivant, extraordinaire. Si vous commencez à la lire et à la mettre en pratique, votre vie va changer et votre espérance va naître.
Pendant le Moyen-Age, la connaissance de la Bible fut réservée à une élite. Le peuple, dans sa grande majorité, n’y avait pas accès.
Etait-ce seulement par ignorance? Non, il avait une volonté délibérée de l’Eglise Romaine de mettre de côté la Bible.
Pourquoi? Parce que ses chefs ont élaboré un système religieux fondé, non sur les Ecritures mais sur des traditions humaines.
La papauté, les prêtres, la messe, le Purgatoire, l’adoration de la Vierge et des saints, les Indulgences, etc. rien de tout cela n’est dans la Bible.
Le Vatican interdisait clairement aux fidèles de lire la Bible en langue vulgaire de peur qu’ils ne s’égarent, mais surtout de peur qu’ils ne trouvent pas confirmées toutes les traditions rajoutées plus tard.
Le pape Innocent III écrit en 1199 : "Notre vénérable frère nous a fait savoir que dans le diocèse de Metz une multitude de laïques et de femmes, entraînés par un désir immodéré de connaître les Ecritures, ont fait traduire en français les Evangiles, les épîtres de saint Paul, les Psaumes, et plusieurs autres livres, dans le but coupable et insensé de se réunir, hommes et femmes, en secrets conciliabules dans lesquels ils ne craignent pas de se prêcher les uns aux autres."
et le concile de Toulouse (canon 14) en 1229 : "Nous interdisons la lecture de l’Ancien et du Nouveau Testament aux laïcs, excepté le Psautier et le Bréviaire pour le service divin et les Heures de la Vierge Marie pour la dévotion. Nous interdisons que les autres parties de la Bible soient traduites en langue vulgaire. (…) On détruira entièrement jusqu’aux maisons, aux plus humbles abris et même aux retraites souterraines des hommes accusés de posséder les Ecritures. On les poursuivra jusque dans les forêts et les antres de la terre. On punira sévèrement même quiconque leur donnera asile. "
et le Concile de Tarragon en 1234 disait : "Nous avons arrêté que personne ne doit posséder les livres de l’Ancien et du Nouveau Testament en langue romane et si quelqu’un les possède qu’il les livre à l’évêque du lieu pour qu’il les brûle, faute de quoi, qu’il soit clerc ou laïque, il sera tenu pour suspect d’hérésie jusqu’à ce qu’il soit lavé de tout soupçon."
La seule version de la Bible en circulation pendant 12 siècles dans l’Eglise romaine fut la Vulgate latine, une traduction de Jérôme au IVe siècle.
Cette traduction contenait environ 4000 erreurs, sans parler des commentaires entre les versets qui tordaient le sens des Ecritures.
Seuls les clercs et les moines pouvaient lire la Bible qui était en latin. De rares traductions en Provençal, par exemple, ont été réalisées au Moyen-Age mais l’interdiction papale (avec coercition) avait freiné l’enthousiasme.
Comme le peuple était tenu dans l’ignorance, il s’adonnait à beaucoup de superstitions et vivait dans la crainte. L’Eglise se présentait alors comme seul médiateur entre Dieu et les hommes. Il y avait clairement de l’abus.
La lumière de la réforme a commencé à pointer au XIIe siècle.
1) Pierre Valdo au XIIe siècle.
Pierre Valdo était un riche marchand lyonnais. Il était catholique et s’intéressait à la Bible. En 1176, ne lisant pas le latin, il demanda à un moine de lui traduire les Evangiles en Provençal. Petit à petit, il découvrît les merveilles du message de Jésus. Profondément touché par l’histoire du jeune homme riche, il vendît tous ses biens et donna l’argent aux pauvres pour suivre Jésus. Il commença à prêcher la Bible et fut suivi par une multitude, les Pauvres de Lyon qui bouleversèrent la ville.
Ils enseignaient que tout homme devait posséder une Bible en langue vulgaire et que la Bible était l’autorité finale dans la vie du croyant.
Pierre Valdo et son groupe demandèrent à être reconnus par le pape mais furent excommuniés. Ils durent fuir dans les Alpes où ils se mêlèrent sans doute aux Vaudois.
2) John Wycliffe au XIVe siècle (1320-1384).
Cet éminent professeur d’Oxford découvre le message de la Bible et réalise que l’Eglise Romaine a usurpé sa place.
Il affirmait : "Je ne me plie à l’autorité d’aucun homme à moins qu’il ne me cite la parole de Dieu. Il est impossible qu’aucune parole ou aucun acte humain ait la même autorité que les Saintes Ecritures. Les croyants devraient juger eux-mêmes sur ce qui est vrai en matière de foi et avoir la Bible en une langue compréhensible pour eux. Car les lois faites par les prélats ne doivent pas être reçues comme autorité suprême et l’on ne doit pas se confier absolument en leurs paroles, leurs actes et leurs instructions à moins qu’elles ne soient fondées sur l’Ecriture Sainte qui contient toute la vérité…"
Il traduisit la Bible en anglais et fut condamné par le pape en 1382. Mais les nobles et le peuple anglais le protégèrent. Ses disciples furent appelés les Lollards.
Des étudiants de Bohême visitèrent l’Angleterre et furent influencés par les Lollards.
Jan Huss a écrit : "Il est faux d'affirmer que le pape et ses cardinaux sont les successeurs de St Pierre… Ce n'est pas le pape mais Christ lui-même qui est la tête de l'Eglise, et non pas les cardinaux mais le peuple fidèle à Christ qui constitue le corps de l'Eglise Catholique. Si le pape est désapprouvé, c'est parce qu'il n'est ni la tête, ni même un membre de la Sainte Eglise de Dieu, mais plutôt du diable et de sa synagogue... Il est faux de dire que nous devons obéir à tout ce que le pape et les cardinaux commandent, à moins qu'ils n'enseignent ce qui se trouve dans les Saintes Ecritures."
Quand on le condamna à mort, il s'agenouilla pour prier ainsi : "Seigneur Jésus-Christ, pardonne mes ennemis qui m'accusent faussement et qui ont appelés de faux témoins contre moi. Pardonne-les, dis-je, dans ta grande miséricorde." Quand il monta sur le bûcher, on lui mit une couronne de papier avec des démons dessinés et le titre "Hérétique". Voyant cela il dit : "Mon Seigneur porta une couronne d'épines pour moi; pourquoi ne porterais-je pas cette couronne combien plus légère, pour lui?" En posant la couronne, l'évêque dit : "Nous recommandons ton âme au diable", ce à quoi il répondit : "Je te recommande mon âme, Seigneur Jésus-Christ et mon esprit que tu as racheté…" Ensuite, il pria longuement et cita les Psaumes 31 et 51. On l'attacha à des fagots auxquels on mit le feu non sans lui avoir préalablement demandé de se repentir de ses erreurs. Il mourut en priant Jésus-Christ et sans renier quoi que ce soit. Plus tard, les frères moraves reprirent le flambeau et évangélisèrent le monde.
Le message libérateur prêché par ces hommes courageux allait bouleverser le monde.
L’invention de l’imprimerie permît la multiplication des Bibles. Le premier livre imprimé par Gutenberg fut la Bible en 1436.
Les humanistes du XVIe siècle découvrirent les manuscrits grecs du N.T. et le traduisirent en langue vulgaire. Erasme en Hollande, Lefèvre d’Etaples en France.
Les imprimeurs jouèrent un grand rôle : Simon de Colines qui imprima la Bible de Lefèvre et surtout Robert Estienne (1503-1559) l’imprimeur de François 1er. Il connaissait le latin, le grec et l’hébreu. Voici ce qu’il disait de la Bible : "Où est-ce qu’il y a plus grande lumière qu’en l’Eglise de Christ, en laquelle s’administre tous les jours non pas ce que les hommes ont songé, mais la pure parole de Dieu, laquelle découvre les impiétés des hommes et leurs péchés, réduit en la voie ceux qui sont errants et vagabonds, propose le salut qui est ordonné de Dieu avant tout temps en un seul Christ rédempteur et nous amène et confirme en une certaine espérance de la vie éternelle?" (dans Censure des Théologiens).
Les colporteurs furent les messagers de Dieu pour porter la parole traduite par les humanistes et imprimée par des frères courageux.
"A côté des prédicateurs s’organisa l’invincible armée du colportage. Missionnaire d’un nouveau genre, le colporteur descend le cours du Rhin, en traversant Bâle, Strasbourg, Mayence… Du côté de la France, il s’arrête d’abord à Lyon, première étape de la Réforme; de là, il rayonne sur le Charolais, la Bourgogne, la Champagne et jusqu’aux portes de Paris. Il s’enfonce au cœur du midi, dans les gorges des Cévennes, dans les murs de Nîmes et de Montpellier. Infatigable à la marche, cheminant la balle au dos ou trottant sur les pas de son mulet, il s’introduit dans les châteaux, dans les hôtelleries et les chaumières, apôtre et marchand tout à la fois, vendant et expliquant la parole de Dieu… " (M Lénient, La Satire en France).
Dès que Lefèvre eut publié sa traduction du NT en français en 1523, des colporteurs se mirent à le proposer au peuple. Même des grands seigneurs et des hommes de culture se mirent au colportage!
Plusieurs furent torturés et brûlés vifs car le colportage avait été interdit.
L’un d’eux, Nicolas Nail, fut arrêté et soumis à la question. En sortant du banc de torture où il n’avait pas abjuré on lui mit un baillon de bois sur la bouche attaché par derrière avec des cordes au point que sa bouche en fut déchirée. On l’amena au parvis de Notre-Dame pour qu’il s’incline devant la statue de la vierge. Ne pouvant parler, il lui tourna le dos. La foule en rage voulut le mettre en pièces. Nicolas finit sur le bûcher Place Maubert en 1553, le corps enduit de graisse et saupoudré de soufre.
La Bible a bouleversé la vie de plusieurs hommes qui, en la propageant, changèrent le cours de l’histoire de l’Europe et du monde.
Je voudrais parler de deux hommes : Martin Luther et Menno Simons.
Catholique très dévoué à la Vierge. Lit la Bible pour la première fois à 20 ans. S’inquiète pour le salut de son âme. Du coup, rentre au couvent à 22 ans.
Luther lavait par terre, quémandait du pain dans les rues, récitait 25 "Notre Père" et "Je vous salue Marie" sept fois par jour, etc… Luther voulait gagner le ciel par sa sainteté et surpassa donc tous les moines en prières, jeûnes, veilles et mortifications. Mais rien de tout cela ne lui apporta la paix de son âme et l'assurance du pardon de ses péchés.
A 27 ans il visita Rome, ville sainte à ses yeux. Il fut très déçu par l’impiété et l’hypocrisie. Il y célébra une messe trop longue aux goût des prêtres italiens qui lui dirent : " Dépêche-toi d'en finir et de renvoyer son fils à notre Dame!"
Le vicaire-général d’Allemagne, Jean Staupitz, conseilla Luther. Influencé par les piétistes catholiques, il lui apprît à passer de ses péchés aux mérites de Christ, de la loi à la croix, des œuvres mortes à la foi. Il lui enseigna que la repentance n’est pas faite de pénitences imposées mais un changement de cœur qui vient quand on contemple le sacrifice de Christ à la croix.
L’étude des épîtres de Paul convainquit Luther de la véracité de ses dires.
Se destine à la prêtrise mais se faisait un honneur de ne pas lire la Bible parce que, croyait-il, elle était la source de nombreuses hérésies!
Consacré prêtre en 1524 et mène une vie mondaine et licencieuse.
Il avait certains doutes quant à la présence réelle dans l'hostie et ne savait plus que prêcher à ses fidèles, tant son cœur était vide. Il décida finalement de lire le Nouveau Testament. Il découvrît alors que l'Eglise Romaine trompait tout le monde.
Son cœur était tourmenté. Il était curé mais ne croyait plus aux dogmes catholiques. Il n'approuvait pas les réformateurs qui ne suivaient pas jusqu'au bout les Ecritures. Il n'approuvait pas non plus les débordements hérétiques des disciples de Jean de Leyde. Beaucoup le respectaient car il avait une compréhension profonde et équilibrée des Ecritures, mais sa vie de péché le paralysait totalement.
Finalement, après bien des luttes intérieures, et en partie à cause du besoin urgent des âmes qui l'entouraient, sans véritable berger, il se repentît devant Dieu : "Je suppliais mon Dieu avec larmes et gémissements qu'il me fît grâce, à moi, pauvre pécheur et qu'il me donnât un cœur pur; qu'il oubliât, par les mérites du sang de Christ, ma vie impure, vaine et licencieuse et qu'il me donnât sagesse, esprit, hardiesse ainsi qu'un cœur vaillant pour prêcher purement son nom adorable et sa sainte Parole. Je commençai dès lors à annoncer publiquement, du haut de la chaire, au nom du Seigneur, la doctrine d'une vraie repentance, à ramener le peuple au chemin étroit, à protester contre les péchés, les vices, la vie antichrétienne, contre toute idolâtrie et tout faux culte. Je m'exprimai ouvertement sur le Baptême et sur la Cène, dans le sens et la doctrine de Christ…"
Si vous n'avez encore jamais lu la Bible, il est temps de commencer pour que vous découvriez sa puissance et sa consolation merveilleuses !
Je vous conseille de l'entamer par le Nouveau Testament et de ne pas chercher à la lire comme un livre normal, du début à la fin. Chaque livre biblique a son intérêt : Genèse raconte les origines; les Psaumes sont des prières émouvantes remplies de consolation; les Proverbes, un livre de sagesse utile à tout moment; les Evangiles décrivent la personne extraordinaire de Jésus-Christ, ses actions et ses paroles, etc...
LISEZ LA BIBLE !