Les caractéristiques de l'Église de Jésus-Christ
Lien prophétique avec les fêtes du Lévitique
Le monde est atteint en une génération
Les fausses doctrines menacent l'Église.
Église vient du grec Ekklesia qui signifie littéralement "appelée hors de" (
ek kalew). Ce mot grec désignait un rassemblement de gens ou une assemblée. L'Église est en effet la somme de tous ceux qui ont cru en Christ et qui ont été appelés à sortir du monde pour entrer dans le Royaume du Fils Bien-aimé (Colossiens 1/13).Bien que Jésus-Christ fut le fondement et la pierre de touche de l'Église (Matthieu 16/18; Éphésiens 2/20), il était monté au ciel quand l'Église naquît à la Pentecôte. C'est l'Esprit de Christ, le Consolateur, qui a formé l'Église en scellant tous les disciples. Sans Jésus-Christ l'Église n'est rien. La vraie Église est celle que "Christ a aimé et pour laquelle Il s'est livré", "l'Épouse" (Apocalypse 19/7), "son corps" (Éphésiens 1/23).
L'Église n'existait pas avant la fête de Pentecôte décrite en Actes 2. Paul a été choisi par Dieu pour révéler ce mystère :
"Il n'a pas été manifesté aux fils des hommes dans les autres générations comme il a été révélé maintenant par l'Esprit aux saints apôtres et prophètes de Christ. Ce mystère, c'est que les païens sont cohéritiers, forment un même corps..." Éphésiens 3/4-6
Jésus a mentionné l'Église dans l'Évangile de Matthieu chap.16/18 mais au futur : "Sur cette pierre je bâtirai mon Église et les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle" .
Ce qui caractérise l'Église par rapport aux assemblées de croyants précédentes, c'est
1) qu'elle unit les païens aux juifs dans l'égalité devant Dieu;
2) qu'elle unit les croyants par l'Esprit en un corps dont Christ est la tête;
3) qu'elle unit le croyant à Jésus-Christ d'une façon indissoluble par l'Esprit. "Nous avons tous été baptisés en un seul Esprit pour former un seul corps..." 1Corinthiens 12/13
Ce qui définit l'Église apostolique se trouve au chapitre 2 du Livre des Actes :
1) La repentance et la foi en Jésus-Christ (v.38)
2) Le baptême qui suit la foi en la Parole (v.41)
3) L'enseignement (v.42)
4) La communion fraternelle (v.42)
5) La fraction du pain (v.42)
6) La prière (v.42)
7) La crainte de Dieu (v.43)
8) Prodiges et miracles par les apôtres (v.43)
9) Mise en commun des biens, amour généreux (v.44-45)
10) Réunion chaque jour (v.46)
11) Joie et simplicité de cœur (v.46)
12) Louange envers Dieu (v.47)
13) Bon témoignage envers le peuple (v.47)
14) Âmes sauvées par l'action de Dieu (v.47)
On reste frappé, en lisant le Nouveau Testament, de l'absence d'un grand nombre de choses présentes aujourd'hui dans l'église romaine :
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Pas de messe (le mot signifie "sacrifice"), mais des assemblées (1Corinthiens 11:18). | |
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Pas d'hostie, mais du pain (Actes 2:42). Pas d'eucharistie, mais la fraction du pain ou le repas du Seigneur (1Cor. 11:20). | |
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Pas d'autel, mais la table du Seigneur (1Cor. 10:21). | |
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Pas de prêtres, mais des évêques ou pasteurs ou anciens. En Actes 20:17-28, on découvre que le mot "anciens" et "évêques" désigne les mêmes personnes, les conducteurs de l'église d'Éphèse (voir aussi Tite 1:5-7). Le terme "ancien" provenait de la culture juive, tandis que le terme "évêque" était issu de la culture greco-romaine, puisque les "episcopos" étaient des contremaîtres dans les entreprises. Les anciens étaient aidés de diacres (Philippiens 1:1). | |
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Pas de célibat des prêtres, mais des évêques mariés et pères de famille (1Timothée 2:2-5). | |
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Pas de pape, ni de souverain pontife (ce titre était celui du chef du culte païen de Rome), mais des apôtres, des prophètes et des pasteurs (Ephésiens 4:11). | |
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Pas de statues, ni de saints, ni de vénération de la Vierge (voir Marie selon la Bible), mais un culte centré sur Dieu par Jésus-Christ uniquement (1Timothée 2:5 - Éphésiens 5:19-20). | |
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Pas beaucoup d'argent mais beaucoup de puissance (Actes 3:6). | |
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Pas d'autorité politique ni d'associations avec le gouvernement, qu'il soit juif ou romain (Marc 12:17 - Jean 18:36). |
Si l'on connaît les fêtes de l'Éternel (Lévitique 23) et ce qu'elles représentent prophétiquement, il n'est pas étonnant de voir l'Église naître le jour de la fête de Pentecôte. En effet, la Pâque (Lévitique 23/5-8), avec l'agneau immolé, annonçait la mort de Christ pour nos péchés; la fête des Prémices de la moisson (Lévitique 23/10-11) annonçait la résurrection de Christ, comme "prémices de ceux qui sont morts" (1Cor.15/20); la Pentecôte (Lévitique 23/15-21), cinquante jours après les prémices, exigeait qu'on apportât deux pains cuits avec du levain. Ces pains étaient les premiers produits tirés du blé moissonné peu avant. De même, l'Église est l'association de 2 pains, les juifs et les païens, tous pécheurs (symbolisé par le levain), qui sont le produit de la venue de Christ, de sa mort, de sa résurrection et du don du Saint-Esprit.
Selon la volonté de Dieu, il fallait que l'Église naisse à Jérusalem, parmi le peuple juif : Romains 1/16 "L'Évangile de Christ est une puissance pour le salut de quiconque croit, du juif premièrement, puis du grec..." et Actes 1/8 "vous serez mes témoins à Jérusalem..." Quand le Saint-Esprit est descendu sur les disciples, ils étaient environ 120 (Actes 1/15). Aussitôt après la première prédication de Pierre, 3000 juifs s'y rajoutèrent, convaincus de leurs péchés et croyant en Jésus. Peu après, Pierre et Jean guérirent un boiteux au nom de Jésus et annoncèrent la Bonne Nouvelle à une foule étonnée : 2000 juifs crurent en la Parole (Actes 4/4). Un peu plus tard, on lit que "le nombre de ceux qui croyaient au Seigneur, hommes et femmes, augmentait de plus en plus..." (Actes 5/14) Encore plus tard, en Actes 6/1, nous lisons que "le nombre des disciples augmentait". Puis ce fut le premier martyr chrétien, Etienne (Actes 7), qui clôtura l'évangélisation en Judée. Au chapitre 8, Philippe évangélise la Samarie, et au chapitre 10 Pierre annonce la Parole à un païen, Corneille, à Césarée.
L'Église de Jérusalem fut donc le point de départ de l'Église chrétienne. Ses membres dispersés lorsque la persécution commença à faire rage, furent ceux qui répandirent la Parole partout : Actes 11/19 "Ceux qui avaient été dispersés par la persécution survenue à l'occasion d'Etienne allèrent jusqu'en Phénicie, dans l'île de Chypre, et à Antioche, annonçant la Parole seulement au juifs. Il y eut cependant parmi eux quelques hommes de Chypre et de Cyrène qui, étant venus à Antioche, s'adressèrent aussi aux grecs et un grand nombre de personnes crurent et se convertirent au Seigneur". Il semble qu'Antioche, en Syrie, ait été la deuxième grande église après Jérusalem. Actes 13/1 le confirme en mentionnant les prophètes et les docteurs qui s'y trouvaient. "Ce fut à Antioche, que, pour la première fois, les disciples furent appelés chrétiens" (Actes 11/26).
Plusieurs éléments ont favorisé l'extension de la Parole de Dieu. Il y a de quoi adorer notre Dieu pour sa sagesse immense, car Il a choisi le meilleur moment pour envoyer Son Fils et fonder Son Église. Paul le souligne en Galates 4/4 : "Mais lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils..."
On dénombre 4 éléments majeurs qui ont permis le miracle de toucher le monde de l'époque avec l'Evangile en une génération :
1) La Paix romaine 2) La Puissance de l'Evangile 3) La Persécution 4) Paul l'apôtre.
Le premier élément favorable est la Paix romaine. Cet Empire donnait au monde une unité de langue, de culture et de moyens de communication qui permirent aux chrétiens d'évangéliser le monde en quelques années. La paix qui y était gardée (avant son déclin et l'invasion des hordes barbares) favorisa la progression des églises, bien que les persécutions sous Néron aient causé tant de morts. Tous les citoyens romains parlaient au moins le latin et le grec. Le fait que le Nouveau Testament (et l'Ancien sous la forme de la traduction des Septante) ait été rédigé en grec commun (koine) fut aussi déterminant. Au temps de Christ, la philosophie grecque était à son déclin après l'apogée atteinte par Platon. Il existait une soif d'absolu, de pureté, de vérité, que les dieux païens et les philosophes n'avaient pu combler. C'est pourquoi il y avait beaucoup de prosélytes grecs dans les synagogues, qui avaient trouvé en l'Éternel et dans Sa loi le vrai Dieu.
Le deuxième élément est la Puissance de l'Évangile pour sauver. Bien qu'étant une folie pour les grecs et un scandale pour les juifs (I Cor.1/23), le message de l'Évangile contient une puissance spirituelle supérieure qui peut régénérer (Tite 3/5), renouveler, recréer (II Cor.5/17) l'être entier de celui qui croit. Les philosophies rendaient un peu plus sage, la religion un peu plus pieux, mais la Bonne Nouvelle transforme durablement vers une sainteté, une joie, une simplicité et une charité au-delà des capacités humaines. Les miracles qui accompagnèrent la vie de Jésus et celle des apôtres furent aussi le sceau de Dieu sur cette nouvelle entité : l'Église de Jésus-Christ : Hébreux 2/3-4 "Le salut, annoncé d'abord par le Seigneur, nous a été confirmé par ceux qui l'ont entendu, Dieu appuyant leur témoignage par des signes, des prodiges, et divers miracles, et par les dons du Saint-Esprit distribués selon sa volonté."
Le troisième élément est la Persécution des premiers chrétiens. Depuis le départ, les autorités ont maltraité les chrétiens. Cela commence avec Pierre et Jean qui sont arrêtés par le sanhédrin en Actes chap.4, et à qui l'on défend de ne plus parler de Jésus avant de les relâcher. Cela continue en Actes 5 lorsque les sadducéens jettent les apôtres dans la prison publique. Certains veulent les faire mourir (v.33) mais Gamaliel, le professeur de Paul, intervient et on leur donne seulement des coups de bâton (v.40). Ce qui est remarquable, c'est que plus on les persécute, plus les chrétiens se multiplient. Luc répète souvent au long de ces premiers chapitres que le nombre des disciples augmentait. Comment expliquer pareille chose? Il faut dire d'abord que la puissance du Saint-Esprit dépassait largement la puissance de l'opposition. Ensuite, la persécution a un rôle purifiant et motivant qui fait des disciples de Christ de véritables flammes qui embrasent les gens autour d'eux. Quand on est opprimé pour sa foi, on n'a plus qu'un refuge : le Seigneur Jésus-Christ. Dans ces moments, on le prie plus, on délaisse les péchés, on n'est plus attiré par un monde qui nous rejette et la puissance de Dieu se manifeste plus à travers nous (I Pierre 4/14). Il en fut de même en Russie où la persécution a multiplié les chrétiens tandis que la liberté actuelle aurait tendance à les corrompre par l'amour du monde. Enfin, la persécution a entraîné une fuite des chrétiens qui ont ainsi répandu leur foi dans le monde entier. C'est au chap.7 que se trouve le premier martyr après le Seigneur, Etienne, diacre de l'église de Jérusalem (Actes 7/57-60). Le sang appelant le sang, le meurtre d'Etienne ouvrît la voie au déchaînement sanguinaire contre les chrétiens. Au chap.8, c'est Saul qui "ravage l'Église de Dieu" en faisant emprisonner plusieurs disciples. Au v.1 nous lisons : "...et tous, excepté les apôtres, se dispersèrent dans les contrées de Judée et de la Samarie." Puis au v.4 : "Ceux qui avaient été dispersés allaient de lieu en lieu, annonçant la Bonne Nouvelle de la Parole." En Actes 11/19 Luc continue : "Ceux qui avaient été dispersés à l'occasion de la persécution d'Etienne, allèrent jusqu'en Phénicie, dans l'île de Chypre, et à Antioche, annonçant la parole..." En comprenant ces choses, on ne peut que louer Dieu qui, dans Sa sagesse immense, a retourné le mal en bien, en rendant les persécutions utiles à l'annonce de l'Évangile dans tout l'Empire romain. Même l'arrestation de Paul lui permît de faire appel à César et de témoigner à de nombreux dignitaires romains, jusqu'à l'Empereur lui-même!
Le quatrième élément est l'apôtre Paul lui-même. Le Seigneur l'a dit ainsi au disciple Ananias en Actes 9/15 : "Va, car cet homme est un instrument que j'ai choisi pour porter mon nom devant les nations, devant les rois, et devant les fils d'Israël; et je lui montrerai tout ce qu'il doit souffrir pour mon nom." Paul avait un certain nombre d'atouts qui ont sans doute contribué au choix du Seigneur : il était très instruit dans la Torah, et même une autorité, car son professeur était Gamaliel (Actes 22/3); il était sans doute membre du sanhédrin car le souverain sacrificateur lui remît des lettres pour arrêter les chrétiens de Damas (Actes 22/5). Il était un juif respecté parce qu'il appartenait à la tribu de Benjamin (tribu honorable) et qu'il était un pharisien, très zélé de surcroît.. Il était aussi un citoyen romain (Actes 22/25) ce qui lui permît d'échapper à la justice des juifs et de comparaître devant les autorités romaines pour leur rendre témoignage. Il est à noter que, comme son Sauveur, Paul aurait pu échapper à la condamnation romaine s'il l'avait voulu. Pour Jésus, cela se passa devant Pilate : Jean 19/9-11. Pilate avait entendu Jésus et l'avait livré aux juifs. Mais quand il entendit qu'il se déclarait Fils de Dieu, il eut peur et interrogea Jésus de nouveau. Si Jésus avait dit: "Je suis innocent", il l'aurait sans doute relâché malgré la vindicte populaire. Mais Jésus ne répondit rien, comme un agneau muet devant ceux qui le tondent. Pour Paul, cela se passa devant le roi Agrippa qui était curieux à son sujet. A la fin de leur entretien, agrippa dit au Gouverneur Festus : (Actes 26/32) "Cet homme pouvait être relâché s'il n'en eût pas appelé à César." Eh oui! Mais le Seigneur voulait que Paul témoigne à César, et Paul voulait obéir au Seigneur...
Pierre était l'apôtre des juifs et Paul celui des païens (Galates 2/8). Et c'est parmi les païens qu'il y avait le plus de travail, les juifs étant une minorité dans le monde. Paul, fut le premier grand missionnaire et il est très intéressant d'étudier la façon dont il a évangélisé le monde. Quand on considère le tracé des voyages de Paul, on remarque qu'il a suivi un grand demi-cercle allant d'Antioche à Rome et qu'il est toujours allé vers l'ouest. La Chine et l'Inde actuelles ne l'ont pas intéressé. Il a recherché les villes les plus importantes du monde, celles dont la culture et le commerce rayonnait partout. De plus, il ne visitait pas toutes les villes d'un district. Par exemple, il n'est pas allé à Colosses mais a compté sur les nouveaux convertis d'Éphèse pour l'évangéliser. Il commençait toujours par évangéliser les juifs dans la synagogue. Il arrivait souvent qu'on lui demande de parler quand il était là, vu qu'il était de l'école de Gamaliel (Actes 13/15). Des juifs et des grecs prosélytes se convertissaient en entendant Paul expliquer que Jésus était le Messie. Les juifs qui refusaient cette idée se fâchaient contre Paul et même le poursuivait pour le tuer. A ce moment, Paul allait vers les païens. La plupart du temps, il devait fuir (Actes 9/20-25; 13/42-47; 14/1-2; 17/1-5; 18/4-6; 19/8-9) Mais il n'allait pas n'importe où : il choisissait les lieux de rassemblement et de discussion les plus propices à l'annonce de l'Évangile. A Éphèse, il s'installe dans l'école d'un nommé Tyrannus car c'est là que les Éphésiens aimaient à s'instruire. A Athènes, il parle sur la place publique, l'agora, et prêche à l'Aréopage, lieu de discussions morales et philosophiques. Selon le besoin, les fruits et la direction du Saint-Esprit, Paul restait plus ou moins longtemps dans un lieu. A Éphèse, il resta deux ans (Actes 19/10) mais 3 semaines seulement à Thessalonique (Actes 17/2). Plusieurs fois, Paul et Barnabas restèrent peu de temps à cause des juifs qui les poursuivaient. Voici le témoignage de Paul sur l'opposition qu'il a reçu : I Thessaloniciens 2/15-16 "Ce sont ces juifs qui ont fait mourir le Seigneur Jésus et les prophètes, qui ne plaisent point à Dieu et qui sont ennemis de tous les hommes, nous empêchant de parler aux païens pour qu'ils soient sauvés, en sorte qu'ils ne cessent de mettre le comble à leurs péchés." II Corinthiens 1/8 : "Nous ne voulons pas, en effet, vous laisser ignorer frères, au sujet de la tribulation qui nous est survenue en Asie, que nous avons été excessivement accablés, au-delà de nos forces, de telle sorte que nous désespérions même de conserver la vie." II Corinthiens 11/23-26 : "Souvent en danger de mort, cinq fois j'ai reçu des juifs 40 coups moins 1, trois fois j'ai été battu de verges, une fois j'ai été lapidé, trois fois j'ai fait naufrage, j'ai passé un jour et une nuit dans l'abîme. Fréquemment en voyage, j'ai été en péril sur les fleuves, en péril de la part des brigands, en péril de la part de ceux de ma nation, en péril de la part des païens, en péril dans les villes, en péril dans les déserts, en péril sur la mer, en péril parmi les faux frères." Avant de quitter une ville, Paul prenait soin de former des anciens qui dirigerait l'église naissante. Il revisitait le plus souvent possible les églises qu'il avait fondé, afin de les encourager à persévérer. S'il ne pouvait pas s'y rendre, empêché par le diable, ou par le Seigneur, ou par les hommes, il leur écrivait (Romains 1/11) ou envoyait ses compagnons aux nouvelles (I Thessaloniciens 3/6). Paul se faisait un devoir d'annoncer gratuitement l'Évangile (II Corinthiens 11/ 7-9). Pour cela, il utilisait son métier (les étudiants de la Torah apprenait tous un métier manuel), fabricant de tente (Actes 18/3). Les églises suppléaient à ses autres besoins, celles de Macédoine, notamment, très généreuses (II Cor. 8/1-3). Paul se faisait aussi un devoir de ne pas évangéliser là où un autre ouvrier du Seigneur travaillait (Romains 15/20). C'est d'ailleurs une des raisons qui montrent que Pierre n'est pas le fondateur ni l'évêque de Rome, sinon Paul n'aurait pas voulu s'y rendre et aurait salué ce grand apôtre dans sa lettre aux Romains. Mais par-dessus tout, Paul se laissait conduire par l'Esprit de Dieu (Actes13/4; 16/6). Les auteurs chrétiens sont unanimes (comme Tertullien) pour dire que Paul a été exécuté à Rome par l'épée sous l'Empereur Néron.
Quelques précisions sur l'extension en Europe.
(ROME) Le Christianisme a atteint Rome où une très grande église s'est formée. Au milieu du IIIe siècle (250), elle comptait, selon Eusèbe, 1 évêque, 46 surveillants, 7 diacres et une multitude de sous-diacres, 42 acolytes (qui servaient à l'autel), 50 lecteurs, exorcistes et gardiens des portes, et 1500 veuves et pauvres soutenus par elle. A partir de ces chiffres, on peut en estimer les membres à 50.000 soit 1/20e de la population de Rome. L'étendue des Catacombes où les chrétiens ont été enterrés témoigne également de leur grand nombre à Rome.
(ITALIE) De Rome, l'Italie a été évangélisée. En 150, il y avait 12 évêques d'Italie, et 60 un siècle plus tard. Les Annales romaines font part d'une persécution en Gaule en 177, ce qui montre que des églises s'y trouvaient depuis un moment.
(FRANCE) Les Églises de Lyon et de Vienne étaient liées à des Églises d'Asie mineure à qui elles ont envoyé des rapports sur la persécution. Irénée, évêque de Lyon, était un disciple de Polycarpe, chrétien de Smyrne (Asie mineure). Grégoire de Tours atteste qu'au milieu du IIIe siècle, Rome envoya 7 missionnaires en Gaule. L'un d'eux, Denys, fonda la 1ère église de Paris, fut martyrisé à Montmartre et devint le Saint Patron de la France.
(ESPAGNE) Clément de Rome a écrit que Paul a porté l'Évangile jusqu'aux "limites de l'ouest", probablement l'Espagne, ce qui s'accorderait avec Romains 15/28.
(ROYAUME-UNI) Des églises celtes existaient en Angleterre, en Irlande et en Écosse indépendamment de Rome. St Patrick a évangélisé l'Irlande, St Augustin en G.B. et St Colomba en Écosse. Les barbares d'Europe du Nord et de l'Ouest ne se sont convertis réellement qu'à partir du Ve siècle.
Depuis la naissance de l'Église, des faux-docteurs, des loups déguisés en agneaux des apostats, se sont glissés dans les rangs des vrais enfants de Dieu. La plupart des épîtres formant le N.T. ont été écrites pour corriger ou répondre aux fausses doctrines qui menaçaient les jeunes églises.
La première et la plus virulente était le retour au judaïsme.
Comme la plupart des 1ers chrétiens étaient des juifs, la tentation fut grande de garder la tradition judaïque tout en étant chrétien. Il y avait deux sortes de judaïsants : les premiers sont des ennemis de l'Évangile (dont parle Paul en I Thess. 2/15) qui faisaient semblants de devenir chrétiens et qui s'introduisaient dans les églises pour ramener leurs frères juifs au judaïsme. Paul les mentionne souvent, notamment en Galates 2/4 : "...à cause des faux frères qui s'étaient furtivement introduits et glissés parmi nous, pour épier la liberté que nous avons en Jésus-Christ avec l'intention de nous asservir". On les retrouve aussi dans l'église de Corinthe qui remettent en question l'apostolat de Paul. II Cor. 11/13 : "Ces hommes-là sont de faux apôtres, des ouvriers trompeurs, déguisés en apôtres de Christ..." Les seconds sont les chrétiens juifs troublés par ces faux apôtres. L'Épître aux Galates, aux Corinthiens, aux Hébreux, à Timothée, aux Romains (2), aux Philippiens (3/2-3), la 2e Épître de Pierre, et l'Apocalypse traitent de cette question en profondeur. Doit-on rester sous la loi de Moïse? Est-on sauvé par les œuvres? Doit-on se faire circoncire, s'occuper des généalogies, des fêtes, des détails de la Tradition, du Talmud, de la Mishna et de la Kabbale? Voilà les questions qui troublaient beaucoup d'esprits et auxquelles les apôtres ont répondu . C'est sur cette question que s'est tenu le 1er Concile, à Jérusalem en 50 : Actes 15/ Galates 2 Les apôtres, les anciens et l'Église se réunirent (Actes 15/4). Jacques, le frère du Seigneur (et non l'un des 12) présidait le débat en tant que pasteur de Jérusalem. On remarque la part que l'assemblée a pris : v.22 "Il parut bon au apôtres, aux anciens, et à toute l'Église de choisir parmi eux..." C'est probablement le premier et le dernier Concile où l'Assemblée a eu son mot à dire... Très vite, les évêques s'arrogèrent seuls le droit de délibérer sur la doctrine et la discipline de l'Église.
La seconde était le Gnosticisme.
Cette hérésie a vite envahi le christianisme au point que l'Épître de Paul aux Corinthiens, aux Colossiens et la 1ère Épître de Jean ont été écrites pour la réfuter. Son origine est surtout païenne. C'est un syncrétisme (mélange de doctrines, de systèmes religieux) de philosophies grecques et de la mystique orientale. Il est inspiré des idées de Platon (la matière est mauvaise, l'existence d'un monde idéal céleste et immatériel), de Zénon -les stoïques- (le bonheur est dans la vertu et l'indifférence, l'insensibilité à ce qui nous touche habituellement), d'Aristote et Pythagore (ces études symboliques sur les nombres). De l'Orient sont venues les légendes, les miracles, les mystères, surtout d'Égypte, de Syrie (le dualisme des Zoroastriens) et d'Israël (qui a donné la Kabbale) On retrouve aussi dans le Gnosticisme du Bouddhisme et de l'Hindouisme. Ce syncrétisme entre la froideur intellectuelle grecque et le bouillonnement mystique oriental, date des conquêtes d'Alexandre le Grand qui a apporté la philosophie grecque à l'Est; cela est revenu à l'Ouest (devenu l'Empire Romain) sous une forme mélangée. On dit souvent que Phyllon d'Alexandrie (juif contemporain de Jésus) fut le fondateur du Gnosticisme, mais il n'en fut qu'un des éléments car il mélangea la religion juive à la philosophie de Platon. Le Gnosticisme en tant qu'hérésie est la combinaison complexe entre le christianisme, le judaïsme, le mysticisme, le paganisme et la philosophie grecque.
Les gnostiques considéraient que le Christianisme était à l'apogée de la gnose (la connaissance des mystères de la religion, du grec gnosis
Gnosij). Les gnostiques étaient très orgueilleux et pensaient qu'on pouvait atteindre la divinité par la connaissance, par la raison humaine. Ils s'opposaient aux "pistiques" (du grec pistis Pistij= foi), les vrais croyants, qui savent que "par la foi en Jésus-Christ nous avons la liberté de nous approcher de Dieu avec confiance" (Ephés. 3/12). Les gnostiques s'appelaient aussi "spirituels" par rapport aux autre chrétiens qu'ils considéraient comme "charnels", ce qui éclaire les 2 premiers chapitres de I Corinthiens. Cette gnose est une théosophie (doctrine imprégnée de magie et de mysticisme qui vise à la connaissance de Dieu par l'approfondissement de la vie intérieure et à l'action sur l'univers par des moyens surnaturels tels que magie, spiritisme) ésotérique (dont le sens caché est réservé à des initiés) inspiré de la religion Satanique babylonienne.Les caractéristiques du Gnosticisme sont les suivantes :
1) le Dualisme, l'affirmation d'un antagonisme entre Dieu et la matière dès le départ.
2) La séparation entre Dieu et le démiurge (du grec Demiourgoj = architecte), architecte de l'Univers (cp. avec les Francs-maçons).
3) Le Docétisme (du grec dokeo Dokew = imaginer) qui ne donne à Christ qu'une apparence humaine.
Quelques doctrines du Gnosticisme. Dieu envoie de son sein des émanations de sa puissance appelés éons (du grec
aiwn = temps, éternité). L'ensemble des éons a le Christ pour chef et forme le Pleroma (plénitude en grec), le monde idéal de lumière. Le démiurge, Créateur, appartient, lui, à l'autre monde Kenoma, du vide, des ténèbres. Cela éclaire les 1ers chapitres de Colossiens où Christ est présenté comme le Créateur et la plénitude à la fois! Selon le Gnosticisme la matière est la source du mal; elle existe indépendamment de Dieu car Dieu n'a pu créer le mal. Il arrive que la matière prenne le dessus sur la lumière ce qui amène la nécessité d'un "salut". Le démiurge était celui qui tirait la lumière vers les ténèbres, mais le Christ est celui qui ramène à la lumière, loin de la matière. Le Christ, chef des éons, aurait pris une apparence humaine (comme un hologramme) selon certains gnostiques, ou aurait possédé le corps de l'homme Jésus selon d'autres. Cette idée de la matière mauvaise a donné 2 comportements différents chez les gnostiques : 1) des ascètes qui voulaient dominer la matière en refusant toute chose charnelle. 2) des libertins qui, prenant l'adage des Nicolaïtes ("Il faut abuser de la chair pour la conquérir") se sont plongés dans le vice sous prétexte que la matière était inférieure à leur esprit.Le Gnosticisme tel qu'il apparaît aujourd'hui, se manifeste chez toutes les sociétés initiatiques et occultes (Francs-maçons, Rosicruciens), par le mouvement Nouvel-âge, dans la sophrologie, etc...
Parmi les croyants, on le retrouve dans le Rationalisme (il n' y a pas de miracles, tout doit s'expliquer par la raison) et l'Agnosticisme (Dieu existe mais il est inconnaissable). L'intellectualisme de certains théologiens est une forme de Gnosticisme en ce qu'ils veulent tout expliquer par la raison et tout connaître en dénigrant la foi simple en la Parole de Dieu. En I Corinthiens, Paul parle de la bonne connaissance, celle reçue du Saint-Esprit en nous, et de la mauvaise connaissance ("la fausse science" I Timothée 6/20), celle qui enfle et qui est purement humaine.