Préparation à la Réforme.

La Bulle de Boniface VIII

En 1302, ce pape publia une bulle déclarant que la soumission au pape était nécessaire au salut de tout être humain. L'empereur Louis de Bavière s'y opposa ce qui attira un interdit sur l'Empire. Un certain Marsiglio de Padoue, italien ayant étudié à l'université de Paris, publia en 1324 son livre Defensor Pacio par lequel il établit clairement que l'Eglise, dans les Ecritures, n'était pas l'autorité ecclésiastique mais l'assemblée des chrétiens, et qu'il était contraire à la pensée divine d'associer Eglise et Etat.

Renforcement de l'Inquisition.

L'Empereur Charles IV succéda à Louis mais se soumit totalement au pape. Cela eut pour effet d'accroître les persécutions contre les non-catholiques. Des inquisiteurs se mirent à poursuivre et à faire exécuter des centaines de milliers de vrais chrétiens accusés d'hérésie, dans l'Europe entière.

Voici le témoignage d'un de ces chrétiens recueilli par un adversaire (document de 1404 conservé à Strasbourg) : «Pendant 200 ans, nos églises connurent des temps prospères et les frères devinrent si nombreux que leurs conciles réunissaient jus-qu'à 700 personnes et plus. Dès lors, une persécution intense fut dirigée contre les serviteurs de Christ. Ils ont été chassés de pays en pays, et cette cruelle croisade se poursuit encore aujourd'hui. Depuis qu'existe l'Eglise chrétienne, jamais les vrais chrétiens n'ont été autant traqués dans le monde, tellement qu'en certains pays on ne rencontre plus guère de saints. Chassés par la persécution, nos frères ont parfois traversé la mer et rencontré des frères. Mais ne pouvant parler la langue du pays, ils ont trouvé les relations difficiles et sont rentrés chez eux. La face de l'Eglise change comme les phases de la lune. Souvent elle est florissante et les saints se multiplient sur la terre; puis elle semble sombrer et disparaître entièrement. Cependant si elle disparaît en un lieu, nous savons qu'elle existe en d'autres pays, même s'il ne s'y trouve que peu de saints menant une vie pure et unis dans une sainte communion. Nous croyons que l'Eglise réapparaîtra, + forte et + nombreuse encore. Le fondateur de notre alliance est Christ et le chef de notre église est Jésus, le Fils de Dieu.» Dans ce même document, l'auteur dénonce les croyances de ces chrétiens : qu'on ne peut être sauvé que par la foi (1 siècle avant Luther); qu'on puisse prier librement, sans texte imposé; qu'on se serve beaucoup des Ecritures en langue vulgaire, les mémorisant et les répétant dans les cultes; la Trinité; la résurrection; le jugement dernier par Christ; les erreurs d'Augustin et de Jérôme, etc…

La découverte de l'Imprimerie.

Un autre livre, du XIVe celui-là, retrouvé dans un couvent de la forêt de Bohème où des Frères s'étaient réfugiés, contient la traduction en allemand du N.T., mais pas à partir de la Vulgate catholique. Cette traduction a été utilisée plus tard dans l'imprimerie et par Luther pour sa propre traduction.

La prise de Constantinople par les turcs en 1453 obligea les savants grecs à s'enfuir vers l'occident avec de précieux manuscrits en grec qui enrichirent les universités. Parmi ces manuscrits se trouvaient de nombreuses portions du N.T. qui permirent de le retrouver dans sa langue originale (et non plus dans l'erronée Vulgate latine).

Gutenberg imprima en 1436 le premier livre au monde, la Bible. Christophe Colomb découvrait l'Amérique (où tant de chrétiens allaient fuir) et Copernic le système solaire. L'impression de la Bible et son étude systématique ne firent que révéler un peu plus la tyrannie du clergé et susciter un mécontentement général à son encontre. Erasme, grand érudit hollandais, fut parmi ceux qui s'insurgèrent contre l'hypocrisie romaine. Il était partisan d'une réforme paisible dans l'église romaine. Il s'opposera plus tard à Luther et reviendra plus ou moins dans le giron catholique. Dans l'introduction à son N.T. grec (qui fut diffusé à des centaines de milliers d'exemplaires) il écrit : «Si nous avions vu le Seigneur de nos yeux, nous ne le connaîtrions pas aussi intimement que par le moyen de l'Ecriture. Je voudrais que même la + faible femme pût lire les Evangiles et les Epîtres de Saint Paul. Je voudrais qu'ils fussent traduits dans toutes les langues, afin d'être lus et compris… Aussi, la première chose à faire est-elle de les rendre intelligible au lecteur. Je soupire après le jour où le laboureur pourra en chanter quelques portions tout en suivant sa charrue…»

Un contexte politique favorable à une réforme.

Le plus grand bouleversement politique au XVIe siècle fut la disparition totale de l'Empire, de l'Empereur et du règne papal, et l'émergence d'Etats-nations, indépendants et gouvernés par un puissant souverain.

C'est ainsi que le sanguinaire pape Jules vît, avant de mourir, le roi de France François 1er lui résister.  Le pape Léon X, irréligieux mais plus "ouvert" lui succéda. En Angleterre, Henri VIII, favorable à la Réforme, se rebella aussi contre la dictature papale, comme d'autres souverains d'Europe lassés de la tyrannie des papes.

Les peuples eux-mêmes, si longtemps et rudement asservis dans le système féodal, étaient prêts à soutenir par la force toute révolution politique et religieuse qui les libérerait du joug catholique. Les frasques du clergé étant parvenus à leurs oreilles, et la Bible en langue vulgaire se répandant comme des petits pains, les petites gens et les intellectuels ne pouvaient plus supporter les mensonges, et beaucoup payèrent de leur vie leur nouvelle foi en Christ contre l'hypocrisie catholique.

Il ne manquait plus que le détonateur de la Réforme qui sera découvert par Jean de Staupitz en la personne du moine allemand Martin LUTHER.  

L'intervention de Dieu.

Ce point dépasse le cadre d'étude de l'historien proprement dit, mais je me permets de le mentionner en tant que pasteur.

Il existe une conjonction remarquable d'événements qui ont permis à la Bible d'être diffusée, proclamée et crue dans toute l'Europe du XVIe siècle. L'imprimerie, la situation politique et religieuse, le bouillonnement culturel et spirituel.

On est étonné de voir un Lefèvre d'Etaples, un Luther, un Zwingli et un Knox se lever à la même époque en proclamant le même message de salut selon la Bible, sans qu'ils ne se soient jamais rencontrés ! 

Le Détonateur : Martin LUTHER

Vie de LUTHER

Certains protestants ont "embelli" la vie de Luther par des faits légendaires, tandis que les catholiques l'ont couvert d'ignominie. Voici, en tout cas, ce qui est sûr :

Il est né le 10 novembre 1483 à Eisleben (Prusse saxonne) où il mourut le 18 février 1546, à l'âge de 63 ans.

Ses parents étaient de très modeste condition, peu cultivés mais dévots. Ils l'élevèrent avec sévérité (ils avaient 7 enfants), en lui inculquant la prière à Dieu et aux saints, le respect de l'Eglise et des prêtres, et en l'effrayant par des histoires de sorcières.

A l'âge de 18 ans, il entre à l'Université d'Erfurt, la meilleure d'Allemagne. Là, il apprend le latin, la philosophie scolastique et les classiques grecs. Sa conduite est irréprochable, et sa dévotion à l'Eglise et à la vierge Marie est profonde.

A 20 ans, il lit pour la première fois dans une Bible en latin et commence à vraiment s'inquiéter pour le salut de son âme.

A 22 ans, il décide de devenir moine et entre au monastère d'Erfurt. Il écrira plus tard qu'il y est entré par peur de la mort et du jugement à venir. Il voyait la vanité de ce monde et ne voulait s'occuper que du salut de son âme, dans la tranquillité d'un monastère.

Le monastère d'Erfurt, fondé en 1493 par Jean STAUPITZ, vicaire-général d'Allemagne, suivait la règle d'Augustin. On y vénérait beaucoup la Vierge et le pape. L'ascétisme et le renoncement y étaient de rigueur. Luther lavait par terre, quémandait du pain dans les rues, récitait 25 "Notre Père" et "Je vous salue Marie" sept fois par jour, etc… Luther voulait gagner le ciel par sa sainteté et surpassa donc tous les moines en prières, jeûnes, veilles et mortifications. Mais rien de tout cela ne lui apporta la paix de son âme et l'assurance du pardon de ses péchés.

Jean STAUPITZ, très influencé par le piétisme catholique, encouragea Luther à regarder aux mérites de Christ et à exprimer sa repentance, non par des pénitences physiques, mais par un changement de cœur. Il lui communiqua également sa désapprobation de la papauté. Il le poussa finalement à sortir du monastère pour devenir prêtre, docteur en divinité et prédicateur à l'université de Wittenberg.

Avec l'aide de STAUPITZ, et par une étude systématique des Epîtres de Paul, Luther parvînt à la conviction que le pécheur est justifié par la foi seule, sans la pratique de la loi. Cette foi lui apporta la délivrance et la paix qu'il recherchait depuis tant d'années.

A l'âge de 27 ans, le prêtre Luther fit un voyage à Rome afin d'y contempler la gloire de l'Eglise. Mais il fut très déçu par l'impiété et l'indifférence des ecclésiastiques romains. Ils vivaient dans le luxe et la mondanité, sous les ordres du pape Jules II qui, à ce moment, revenait d'une certaine ville que son armée (!) avait prise dans le sang. Quand il célébra une messe, les prêtres romains lui dirent : "Dépêche-toi d'en finir et de renvoyer son fils à notre Dame!" Pour dire "idiot" à Rome, on disait "un bon chrétien"…

LE 31 OCTOBRE 1517, Luther placarda sur la porte de l'église catholique de Wittenberg ses 95 thèses contre les Indulgences. Ces thèses et le mouvement de protestation parvinrent jusqu'au pape Léon X qui les méprisa, mais envoya un émissaire en la personne du dominicain Sylvestre Mazzolini, dit "Prierias". Celui-ci écrivit une lettre contre Luther, le traitant d'hérétique et l'enjoignant de se soumettre à l'autorité du pape. Après plusieurs joutes épistolaires, avec d'autres émissaires et, finalement, avec le pape lui-même, une Bulle d'Excommunication lui fut envoyée le 15 juin 1520. En réponse, Luther invita le pape à réunir un Concile sur ces questions, en le traitant d'hérétique endurci, de blasphémateur et de moqueur de la Sainte Eglise. Puis il brûla publiquement la Bulle le 10 décembre 1520 devant les professeurs et les étudiants de l'université.

Mais, comme un cheval bridé pendant des années s'emballe sitôt qu'il est libre, le mouvement de protestation lancé par Luther connût quelques extrêmes.

Un groupe appelé "les nouveaux prophètes" ou "les fanatiques de Zwickau" s'éleva à Wittenberg. Mené par Andreas CARLSTADT, Nicolas STORCH, et Martin CELLARIUS, ce mouvement était contre les images, la messe, le célibat des prêtres, la présence réel-le dans l'hostie et l'aspersion des nourrissons. C'est pourquoi on les a appelés "baptistes" alors qu'ils n'étaient en réalité qu'anti-pédobaptistes. Leur tendance au mysticisme (Nicolas Storch prétendait recevoir des révélations de l'Ange Gabriel) les a finalement discrédité et Luther, par son autorité, fit cesser les troubles. Néanmoins, son compagnon Mélanchton était troublé par leurs arguments contre le baptême des enfants. Luther, lui, révéla dans tout cela qu'il ne voulait pas totalement quitter le catholicisme, mais le réformer seulement.

L'extension du Protestantisme en Europe.

En France.

Les protestants français s'appelaient les HUGUENOTS (nom d'origine incertaine, venant peut-être de l'allemand eidgenossen qui désignait des révoltés).

Tout commença sous François 1er (1515-1547), ouvert à la culture et fier de faire imprimer les livres les plus érudits. La Sorbonne, Université prestigieuse et catholique, abrita à cette époque des hommes ouverts à tout. Jacques Lefèvre d'Etaples (1455-1536) en était un, qui réalisa une Bible en français (1523) à partir de la Vulgate et de textes grecs. Il voulait réformer l'église romaine de l'intérieur, par les Ecritures. Marguerite, sœur de François 1er fut gagnée aux idées humanistes et protégea les huguenots chaque fois qu'elle le pût. Autour de Lefèvre d'Etaples, dans leur fief de Meaux, se réunirent Farel, Vatable, Bude, etc. C'est sous l'explosion de la Réforme en Allemagne et les écrits de Luther que ces français devinrent de vrais protestants. En 1525, le mouvement fut dissous par François 1er. Bien que manquant de tête, le mouvement prît de l'ampleur en France, surtout avec l'excellente traduction d'Olivétan en 1535. Mais c'est Calvin, d'origine française qui popularisera la Réforme en France. Même les vaudois du sud de la France feront alliance avec lui et fuiront à Genève lors des persécutions. Ils deviendront de vrais calvinistes. Les huguenots étaient en fait les calvinistes français. Pendant le règne d'Henri II (1547-1559) on estime qu'un sixième de la population française était protestante.

En Hongrie.

2 à 3 millions de Hongrois professaient la foi protestante à cette époque. Comme les Magyars n'aimaient pas les allemands, ils évitèrent les luthériens. Kasper Karoli traduisît la Bible en Magyar.

En Ecosse.

L'Eglise catholique était particulièrement corrompue en Ecosse. Cela accéléra la venue du Protestantisme.

Il y eût d'abord Patrick Hamilton, étudiant à Wittenberg, qui ramena les idées de justification par la foi et fût brûlée pour elle en 1528. Puis suivit Georges Wishart, brûlé en 1546, qui influença beaucoup John KNOX (1505-1572). Ce dernier fût l'instrument de la Réforme en Ecosse. Mary Stuart, écossaise, épousa François II, mêlant ainsi les intérêts français (portés vers l'église romaine) à l'affaire. Knox, après avoir passé 1 an et demi d'esclavage pour sa foi, dans des navires de guerre français, visita l'Europe et devînt en Ecosse un fervent prédicateur calviniste. En même temps, les seigneurs Ecossais avaient décidé en 1557 de mettre leurs biens en commun pour établir la Parole de Dieu en Ecosse. En 1560, Knox établît le Protestantisme au Parlement, déclara la messe illégale et institua un gouvernement sur le modèle de Genève (en 1567).  

En Hollande.

Depuis longtemps sous la domination espagnole, la Hollande vît la Réforme comme un moyen de devenir indépendante.

Encore une fois, les hollandais préférèrent le Calvinisme, plus démocratique, au luthéranisme, favorable au joug d'un prince. Il faut noter également qu'Erasme était hollandais et qu'ils eurent très tôt un N.T. entre les mains par son intermédiaire.

Jusqu'à 1525, les luthériens gagnèrent la Hollande. Puis jusqu'à 1540, ce fut au tour des anabaptistes, menés par Menno SIMONS. Mais dès 1560, la majorité des hollandais étaient calvinistes. Comme quelqu'un l'a clairement énoncé : "Ni l'obéissance passive des luthériens, ni l'esprit révolutionnaire des anabaptistes n'attirèrent les hollandais qui leur préférèrent le Calvinisme, qui leur promettait la libération des tyrans espagnols." Le héros de la Réforme hollandaise fût Guillaume d'Orange qui fit la guerre aux espagnols. Malgré son assassinat en 1584, les espagnols furent chassés et la Hollande libérée.

C'est aussi de Hollande que vînt Jacques ARMINIUS (1560-1609). Il voulût modifier le Calvinisme qui semblait faire de Dieu l'auteur du mal, et faire des hommes des automates sans volonté. Il appela à un synode national sur la question mais mourût avant que celui-ci soit convoqué. Le synode de Dort, en 1619, condamna les idées arminiennes et scella la doctrine calviniste en ses cinq points TULIP. Les arminiens furent persécutés jusqu'en 1625 au moins. Au XVIIe siècle, ce mouvement s'étendît avec le Méthodisme.

D'après les œuvres d'Arminius, on en déduit qu'il croyait les choses suivantes :             

-Dieu décrète le salut ou la perdition suivant sa prescience et non suivant sa bon plaisir.

-Les hommes peuvent résister à la grâce de Dieu.                                                       

-Les hommes sauvés auraient la force de ne pas chuter mais pourrait néanmoins perdre leur salut.                                                                                                       

-L'homme peut initier le salut de son âme après que Dieu lui ait conféré la grâce première qui rendrait sa volonté capable de coopérer avec Dieu.

L'historien SCHAFF résume bien l'antagonisme Calvinisme/Arminianisme : "Le Calvinisme insiste sur la souveraineté divine et la grâce arbitraire de Dieu; l'arminianisme insiste sur la responsabilité de l'homme. Le premier restreint la grâce salvatrice aux seuls élus; le second l'étend à tous les hommes pour peu qu'ils veuillent croire. Les deux sont vrais dans ce qu'ils affirment, et les deux sont faux dans ce qu'ils renient. Si une vérité importante est appuyée à l'exclusion d'une autre d'égale importance, elle devient une erreur et perd son effet sur la conscience. La Bible nous offre une théologie plus humaine que le Calvinisme, plus divine que l'arminianisme, et plus chrétienne que les deux." (The Swiss Reformation p.815-816).  

En Angleterre.

Henri VIII, roi d'Angleterre, avait épousé Catherine d'Aragon, veuve de son frère, afin que la couronne ne perde pas l'immense dot de celle-ci. Ne pouvant avoir d'enfant, il s'inquiéta pour la succession au trône et se demanda si cette stérilité n'était pas un jugement de Dieu (Lévitique 20/21). Il chercha donc bientôt à divorcer. En plus de cela, il tomba amoureux d'Anne BOLEYN. Le pape Clément VII ne put lui accorder une autorisation de divorce parce qu'il était soumis à Charles V, roi d'Espagne, et neveu de Catherine! Henri VIII se tourna alors vers les protestants. Il prît Thomas CRANMER comme archevêque de Canterbury. Ce dernier, connu pour sa rigueur avec la Bible, avait montré au roi —par les Ecritures—que son mariage avec Catherine n'aurait jamais dû avoir lieu, et qu'il était donc sans valeur. Le séparation était donc possible. Le pape ayant refusé le divorce, Henri le fît approuver par le Parlement et appliquer par le clergé anglais. C'est ainsi que le protestantisme pénétra la société anglaise.

En 1534, Henri décréta l'Acte de Suprématie qui stipulait que le roi d'Angleterre —et no le pape— était le chef de l'église anglaise. Cela consomma la séparation entre l'église de Rome et l'église devenue "anglicane". Mais cette séparation ne fût que par intérêt, et non à cause d'une volonté de suivre les Ecritures. Les Six Articles du Parlement anglais de 1539 réaffirment la transsubstantiation, le célibat des prêtres et la confession auriculaire. Edouard VI succéda à Henri, à l'âge de 9 ans. Le Duc de Somerset, très favorable à la Réforme prit donc la régence. Il fit annuler les Six Articles, légalisa le mariage des prêtres et introduisit la langue commune dans les offices. Il fit éditer un Livre de Prière Commune (en 1549), écrit par Cranmer, où l'on encourageait la lecture de la Bible et la participation de la congrégation dans l'adoration. Mais en 1553, c'est Marie TUDOR, fille de Catherine d'Aragon, qui prend le trône. Elle entame une contre-réforme catholique. Elle annulera tous les décrets protestants du Parlement et persécutera à mort les évêques protestants, dont Latimer, Cranmer et Ridley, qui seront brûlés. Cette persécution ravivera la flamme protestante et l'inimitié des anglais contre Marie Tudor. Latimer est d'ailleurs fameux pour avoir dit à Ridley devant le bûcher : "Notre mort allumera un feu en Angleterre qui, par la grâce de Dieu, ne pourra pas être éteint."  

En Irlande.

L'Angleterre réussît à s'agréger le pays de Galles et l'Ecosse, mais échoua quant à l'Irlande catholique. En 1557, des indépendantistes irlandais se révoltèrent contre leur colonisateur et furent battus. Le Parlement anglais vota alors qu'on attribue deux tiers des terrains confisqués sur le sol irlandais à des anglais. Plus tard, le roi d'Angleterre Jacques 1er décida de coloniser le Nord de l'Irlande, la région d'Ulster et la ville de Belfast par des presbytériens écossais. Ainsi, l'Irlande du Nord est associée à la couronne d'Angleterre, tandis que l'Irlande du Sud reste une république indépendante (bien que soumise au pape). Les conflits actuels sont la prolongation des premiers conflits entre protestants et catholiques.

 

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