1. Rendez à César...

2. Notre cité à nous est dans les cieux...

3. La soumission aux autorités.

4. La résistance aux autorités.

5. Le plan de Dieu pour cet âge.

CONCLUSION : critères de vote

Les élections présidentielles de 2002 ont créé un séisme politique en France.

Politique vient de polis (la cité) et tique (un parasite). Non, je plaisante. La politique est tout ce qui a trait à l’organisation de la vie en société.

Quelle doit être l’attitude du chrétien ? Le chrétien doit-il entrer en politique ? Voter ? Et pour qui ? Que disent la Bible et le Seigneur Jésus sur ces questions ?

1. Rendez à César...

Marc 12/13-17 « Ils envoyèrent auprès de Jésus quelques-uns des pharisiens et des hérodiens, afin de le surprendre par ses propres paroles. Et ils vinrent lui dire, Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu ne t'inquiètes de personne; car tu ne regardes pas à l'apparence des hommes, et tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité. Est-il permis, ou non, de payer le tribut à César? Devons-nous payer, ou ne pas payer? Jésus, connaissant leur hypocrisie, leur répondit, Pourquoi me tentez-vous? Apportez-moi un denier, afin que je le voie. Ils en apportèrent un; et Jésus leur demanda, De qui porte-t-il l'effigie et l'inscription? De César, lui répondirent-ils. Alors il leur dit, Rendez à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Et ils furent à son égard dans l'étonnement. »

Les juifs devaient payer un tribut à l’Empire romain qui allait directement dans le trésor de César, le fiscus.

Du temps de Jésus, trois partis dominaient en Judée : les Pharisiens, parti religieux, qui refusaient le joug romain mais ne se révoltaient pas ouvertement; les Hérodiens, parti du roi Hérode, collaborateurs avec l'Empire romain; les Zélotes, parti politique et religieux, qui vivaient dans l'illégalité et faisaient acte de résistance, au besoin par la violence, contre l'Empire romain.

Quoique Jésus réponde à la question de l'impôt à César, il se mettait à dos l'un de ces partis. En acceptant l'impôt, il devenait un "collabo" que le peuple aurait honni; en refusant, il devenait un Zélote qu'on aurait pu livrer aux autorités romaines pour sédition.

Un jeune avocat athée et matérialiste dut un jour faire face à un problème de conscience similaire à la question posée à Jésus. On lui conseilla de lire ce passage de l'Evangile. Curieux, il le lut et ne put que rendre hommage à l’exceptionnelle sagesse de Jésus. Il a en effet dépassé les clivages politiques, évité le piège et retourné contre ses ennemis. En effet, quand ils lui apportent un denier à l'effigie de César, ils reconnaissent qu'ils n'ont pas de souveraineté et qu'ils sont sujets de l'Empire romain.

César Auguste se faisait appeler le Sauveur et exigeait qu’on le vénère comme un dieu vivant. Jésus dit : rendez sa pièce à César mais ne lui rendez pas hommage. C’est à Dieu seul qu’on rend hommage.

Plusieurs principes ressortent de cette réponse de Jésus :

   1 - En tant que chrétiens, nous n’avons pas à juger le monde, mais à nous occuper du dedans, de son église. 

1Cor 5/12-13 "Qu'ai-je, en effet, à juger ceux du dehors? N'est-ce pas ceux du dedans que vous avez à juger? Pour ceux du dehors, Dieu les juge. Otez le méchant du milieu de vous."

    2 - Jésus ne prône pas la révolte et ne cherche pas à établir un royaume chrétien sur terre.

Jean 18/36 "Mon royaume n'est pas de ce monde, répondit Jésus. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi afin que je ne sois pas livré aux Juifs; mais maintenant mon royaume n'est point d'ici-bas."

    3 - Jésus affirme ici la séparation nette entre la Politique et la Foi.

2. Notre cité à nous est dans les cieux...

Philippiens 3/20 « Mais nous, nous sommes citoyens des cieux, d'où nous attendons aussi comme Sauveur le Seigneur Jésus-Christ… »

1Pierre 2/11 : Nous sommes étrangers et voyageurs. Notre véritable demeure est au ciel.

Nous investissons pour l’au-delà : Matthieu 6/19-20 "Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent."

Nos yeux sont tournés vers le haut, vers Christ qui va revenir, et non vers un paradis terrestre utopique. C'est ce qui différencie le chrétien biblique de l'humaniste athée, par exemple. Le chrétien sait que le coeur de l'homme est méchant et tortueux (Jérémie 17/9). Même avec toute sa bonne volonté, l'homme ne peut produire sur terre la paix, l'amour et le bonheur idéal. On a cru que le progrès et les lumières scientifiques conduiraient à la félicité, mais les deux guerres mondiales au XXe siècle ont montré que le progrès n'est pas suffisant. Le problème n'est pas dans la société, mais dans le coeur de l'homme, Jésus l'a répété à plusieurs reprises : "Car c'est du coeur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les débauches, les vols, les faux témoignages, les calomnies." (Matthieu 15:19)

L'humaniste croit encore à la bonté intrinsèque de l'homme. Il pense que nous avançons vers le progrès, que l'évolution humaine nous conduit vers la lumière et la paix. J'ai été humaniste athée avant de croire en Jésus-Christ. J'ai cru un temps en ce progrès parce que je refusais l'idée d'une révélation divine et parce qu'il faut bien être positif quant à l'avenir ! Mais désespéré par mon propre état et par la cruauté humaine, mon optimisme s'est transformé en désenchantement puis en cynisme. Heureusement, mon Créateur m'a sorti de là pour me donner une espérance vivante !

3. La soumission aux autorités.

Jésus-Christ est-il venu instaurer un nouvel ordre social, politique?

Non. Il ne cherche pas à modifier la société. A tel point que cela peut aujourd'hui nous étonner. 

Les esclaves chrétiens étaient appelés à respecter grandement leur maître : Ephésiens 6/5-9 "Serviteurs, obéissez à vos maîtres selon la chair, avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre coeur, comme à Christ..." Bien sûr, si l'occasion leur en est donnée, ils doivent chercher à devenir libres : 1Cor 7/21"As-tu été appelé étant esclave, ne t'en inquiète pas; mais si tu peux devenir libre, profites-en plutôt."

Les soldats et les percepteurs d'impôts ont interrogé Jean le Baptiste sur ce qu'ils devaient faire. Quitter leur emploi ? Se battre contre l'Empire ? Détourner l'argent ? Jean répond comme Jésus l'aurait fait : Luc 3/10-14 "N'exigez rien au-delà de ce qui vous a été ordonné. Des soldats aussi lui demandèrent, Et nous, que devons-nous faire? Il leur répondit, Ne commettez ni extorsion ni fraude envers personne, et contentez-vous de votre solde."

De même, les chrétiens persécutés sous les Empereurs intolérants et cruels sont appelés à se soumettre aux autorités, qu'elles soient représentées par le roi ou les magistrats :

Romains 13/1-2 "Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures; car il n'y a point d'autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu. C'est pourquoi celui qui s'oppose à l'autorité résiste à l'ordre que Dieu a établi, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes."

Il existe une certaine confusion entre le devoir du chrétien individuel et le devoir de l’Etat. L'autorité judiciaire et politique vient de Dieu, comme nous l'avons lu plus haut. Même si ses représentants sont corrompus, la notion même d'autorité vient de Dieu. Les autorités sont là pour organiser, régir et assurer la sécurité et la justice au sein d'une nation. Il existe trois formes d'autorité dans la Bible : l'autorité du gouvernement; l'autorité dans la famille; l'autorité dans l'église locale. A chaque fois, le rôle du chef (de l'Etat, de famille ou de l'église locale) est de protéger ceux qui sont sous son gouvernement.

En tant que chrétien individuel, je ne dois pas tuer ni me venger. Je dois même être prêt à pardonner à mes ennemis. Mais l’autorité judiciaire, elle, peut être amenée à condamner et exécuter un coupable dangereux pour le reste de la société. Un bon exemple est celui d'une cousine chrétienne de Corse. Dans ses quatre-vingts ans, elle a été agressée par un voleur à la roulotte. Un jeune à moto lui a arraché son sac en pleine rue. Bilan : le col du fémur cassé, une opération et six mois d'hôpital. La police a pu trouver le jeune criminel. Au moment de témoigner au procès, ma cousine s'est approché du box de l'accusé et lui a offert une Bible en disant : "Je vous pardonne." La cour fut ébahie et le juge continua l'instruction en disant : "C'est tout à votre honneur de lui pardonner, mais la justice doit poursuivre son cours." C'est ainsi que le chrétien doit pardonner à son ennemi mais l'autorité doit punir les coupables afin qu'ils ne constituent plus un danger pour la société.

En tant que chrétien individuel, je suis pacifique et je n'emploierai jamais la force, sauf si je dois défendre ma vie ou celle de ma famille. L’Etat, en tant qu'autorité instituée par Dieu, peut être amené à employer la force pour défendre la souveraineté du pays ou la sécurité de ses ressortissants.

4. La résistance aux autorités.

Actes 5/29 Pierre et les apôtres répondirent, Il faut obéir à Dieu plutôt qu'aux hommes.

Notre soumission s’arrête au domaine spirituel. César ne doit pas me dire qui je dois adorer ou pas. S'il est vrai que la religion ne doit pas se mêler de politique, la politique ne doit pas se mêler de religion non plus ! Sauf, bien sûr, lorsque la religion devient violente et totalitaire. L'Etat étant le gardien des institutions et de la sécurité des personnes, il ne peut laisser prospérer de mouvement religieux dangereux pour l'ordre public.

Si l’Etat demande quelque chose qui va contre ma conscience chrétienne, je dois entrer en résistance.

Ex : les sage-femmes en Egypte ont désobéi à l'ordre du Pharaon qui exigeait qu'elles tuent tous les enfants mâles de parents juifs. Cela peut s'appliquer aujourd'hui à l'avortement de confort (si on oblige un médecin à le pratiquer contre sa conscience) ou à une éventuelle interdiction de prêcher l'Evangile.

Attention : l'interdiction de salut au drapeau chez les Témoins de Jéhovah n’est pas biblique. Les Hébreux avaient des bannières (Nombres 1/52). La France ne demande pas que l’on adore le drapeau mais qu’on honore ce qu‘il représente. De même, le refus des transfusions sanguines n'est pas biblique. Il est interdit dans la loi de Moïse de manger le sang, mais transfuser n'est pas manger. Plusieurs enfants et adolescents de témoins de Jéhovah sont morts (volontairement ou non) parce qu'ils refusaient une transfusion salutaire.

5. Le plan de Dieu pour cet âge.

Tite 2/14 « Il s'est donné lui-même pour nous, afin de nous racheter de toute iniquité, et de se faire un peuple qui lui appartienne, purifié par lui et zélé pour les bonnes oeuvres. »

Le but de Dieu n’est pas de christianiser le monde, mais de sauver individuellement les âmes et les ajouter au peuple de Dieu.

L’Evangile a un effet transformateur sur la société : il change les mentalités. Mais l’Evangile n’est pas politique. La politique est indispensable mais elle a ses limites. Elle ne peut pas changer le coeur humain, contrairement à l'Evangile. Toutes les politiques d'éducation, de réinsertion ou de solidarité ne remplaceront jamais l'effet détonant du message de Jésus-Christ dans la vie d'un enfant ou d'un jeune. L'Evangile a changé Saul le colérique, intolérant et persécuteur, en un Paul homme doux et humble, persécuté sans se défendre (1Timothée 1). L'Evangile a changé Zachée, le percepteur malhonnête et avare en un homme généreux et honnête qui rend au quadruple tout ce qu'il a volé (Luc 17). L'Evangile a changé Marie de Magdala, la prostituée, en une femme pure au service des autres et de Jésus. L'Evangile a changé le geôlier de Paul, homme dur et insensible, en un être humain, sensible et doux qui nettoie les plaies de ses prisonniers (Actes 16). L'Evangile transforme un possédé irrécupérable pour la société en un homme normal, délivré de tout mal (Marc 5). etc.

Il existe une complémentarité bénéfique entre le rôle de l'Etat (garantir la sécurité des biens et des personnes, gouverner les institutions, fournir certains services au public) et le rôle des églises (annoncer l'Evangile de Jésus-Christ, former des disciples dignes de Dieu, instruire dans la parole de Dieu, encourager les bonnes oeuvres).

Malheureusement, le monde se dirige vers un gouvernement mondial dirigé par l’Antichrist. L’Empire romain reconstitué va imposer sa loi. Alors que l'amour du plus grand nombre se refroidira (Matt 24/12) et que les hommes avanceront toujours plus dans la violence (2Timothée 3), un faux Sauveur se présentera aux hommes leur promettant la justice et la paix. Il viendra par la puissance de Satan et opérera des prodiges mensongers (2Thessaloniciens 2/9). Il s'attaquera violemment au peuple de Dieu (les chrétiens et les juifs) et demandera à être adoré comme Dieu. 

Nous ne pouvons pas arrêter cette évolution : elle fait partie du châtiment de Dieu sur l’humanité rebelle. Nous pouvons par contre conduire les âmes à Christ pour qu’elles échappent à la condamnation de Dieu.

. CONCLUSION : critères de vote

Le Saint-Esprit appelle les chrétiens à prier pour leurs autorités : 1Timothée 2/1-2 "J'exhorte donc, avant toutes choses, à faire des prières, des supplications, des requêtes, des actions de grâces, pour tous les hommes, pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité, afin que nous menions une vie paisible et tranquille, en toute piété et honnêteté."

Nous avons ce privilège en France, non seulement de pouvoir prier mais aussi de pouvoir voter ! Il faut utiliser ce droit comme une responsabilité de citoyen.

Nous ne votons pas pour une idéologie, nous ne cherchons pas le Sauveur en un homme politique, mais nous votons pour un gouvernement qui ira dans le sens de la paix, la tranquillité des croyants, et la justice, la sécurité et la prospérité du pays.

Le chrétien ne doit pas suivre une idéologie humaine, parce que les idéologies sont des systèmes de croyance qui remplacent la foi. Le marxisme, l'ultra-libéralisme ou le mondialisme promettent un bonheur terrestre illusoire et conduisent à l'exploitation de l'homme par l'homme.

Des critères de vote pourraient être les suivants :

    - pas d'empêchements contre l'Evangile et la foi en général.

    - encouragement de la famille et respect de la vie depuis le sein de la mère jusqu'à la vieillesse.

    - respect pour le peuple juif (Genèse 12/3; Matthieu 25/40).

    - valeurs de justice, de vérité, de moralité encouragées et respectées.

En tant que disciple de Jésus, nous ne souhaitons pas quelqu'un qui veuille imposer à la société des valeurs chrétiennes. On ne peut pas imposer à un incroyant des valeurs chrétiennes ! C'est aux églises et aux chrétiens individuels de démontrer par leur vie que la pureté, l'amour et la paix se trouvent en Jésus-Christ.

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