L’histoire des populations de l’Inde.

Les Livres Sacrés.

La foi selon les Vedas.

Le Brahmanisme.

 

L’histoire des populations de l’Inde.

Une origine incertaine.

On a peu de connaissances sur l’histoire du continent Indien avant 600 ans av. JC.

On possède quelques éléments sur la migration de la population dite aryenne depuis les plateaux de l’Himalaya et l’Iran jusqu’en Inde.

Quand aux religions, certains anthropologues ont trouvé des traces de monothéisme, mais plus souvent de polythéisme. La première religion connue à travers les Vedas en sanskrit est le Brahmanisme.

Les peuples aryens.

Aryen vient du sanskrit Arya qui signifie Noble.

Les philologues ont découvert que les langues indo-européennes ont une origine commune (ce qui serait une confirmation de l’origine commune des langues avant Babel), provenant peut-être d’une population aryenne.

Ayant migré vers des territoires plus hospitaliers que les hauts plateaux de l’Himalaya, un grand nombre s’est installé sur les rives de l’Indus, probablement à l’époque d’Abraham, env. 2000 ans av. JC.

Leur société était divisée en trois classes, les Prêtres ou Brahmanes, les Rois-Soldats ou Ksatriyas, et la majorité des paysans ou Vaishyas.

Au XIXe siècle, le Comte de Gobineau (1816-1882) et plus tard son disciple H.S. Chamberlain (1855-1927) propagèrent l’idée d’une " race aryenne ", ceux qui parlaient l’Indo-européen et qui auraient contribué seuls aux progrès de l’huamanité.

Cette race aurait été supérieure (dans l’idée de l’Evolution des espèces) aux sémites, aux jaunes et aux noirs, les peuples nordiques étant " les plus purs ".

Cette notion de race aryenne, jamais démontrée et même répudiée par les anthropologues du XXe siècle, a néanmoins beaucoup servi à Adolph Hitler pour justifier l’extermination des juifs, des gitans et de tous les non-aryens.

Si on ne peut pas parler de " race aryenne " ont peut néanmoins parler de populations aryennes parlant une même langue qui ont émigré dans les pays qui entourent l’Himalaya. Cette langue primitive s’est divisée en de nombreuses autres langues que l’on retrouve en Europe.

 

Les Livres Sacrés.

Le Sanskrit et les Vedas.

Le sanskrit est la langue la plus ancienne de l’Inde.

Les textes religieux du Brahmanisme originel, les VEDAS (autour de 1500 av JC) sont écrits en sanskrit. Il s’agit de poèmes oniriques utilisés dans la vénération des dieux.

La Nature était vénérée sous toutes ses formes (soleil, lune, tempêtes, feu, eau, etc.) mais certains poèmes semblent faire allusion à un Dieu unique et créateur : " Au commencement s’éleva la source de la lumière dorée. Il était le seul Seigneur de tout ce qui est. Il a établi la terre et les cieux. Qui est ce Dieu à qui nous offrirons nos sacrifices ? Il est celui qui donne la vie, qui donne la force et qui gouverne tous les hommes, celui qui a établi les cieux et créé la terre. " (traduction de Max Müller 1823-1900 dans son ouvrage l’Antique Littérature Sanskrit).

La foi monothéiste des Santals.

La foi du peuple Santal démontre clairement le monothéisme primitif des peuples (tiré de L’Eternité dans leur Cœur, de Don Richardson, p.38-44).

En 1867, un missionnaire norvégien du nom de Lars Skresfrud part annoncer l’Evangile au nord de Calcutta. Très doué pour les langues, il devient un sujet de curiosité car c’est le seul étranger qui parle aussi bien la langue du pays.

Lars Skresfrud s’intéresse bientôt aux Santals et les trouve particulièrement ouverts à l’Evangile. Un sage nommé Kolean lui explique leur croyance au vrai Dieu qu’ils appellent Thakur Jiu (litt. Le Vrai Dieu). Ils ont abandonné leur vénération pour ce Dieu invisible au profit d’esprits avec lesquels ils ont fait un pacte lorsqu’ils ont du traverser de hautes montagnes pour s’installer en Inde. Ces esprits s’appellent en effet Maran Buru (litt. Esprits de la Montagne) alors qu’il n’y a pas de montagnes là où vivent les Santals.

La mythologie des origines selon les Santals est très proche du récit de la Genèse : " le vrai Dieu créée le premier homme (Haram) et la première femme (Ayo). Il les place à l’ouest de l’Inde. Un être appelé Lita les pousse à faire de la bière de riz, à en répandre sur le sol pour l’offrir à Satan. Ils s’enivrèrent avec le reste puis se réveillèrent nus et honteux. Ils eurent 7 filles et 7 fils qui formèrent 7 clans. Ils partirent et sombrèrent dans la corruption. Le vrai Dieu les appela à revenir à lui. Essuyant un refus, le vrai Dieu cacha un couple de justes dans une caverne du Mont Harata puis détruisit la terre par un déluge. Les descendants du couple saint allèrent habiter une plaine où Dieu les divisa en de nombreux peuples différents. " (Raconté par Lars Skresfrud dans son ouvrage Traditions and Institutions of the Santals, 1887).

Les Vedas.

Les Vedas sont des textes sacrés en Sanskrit destinés à révérer les divinités de la Nature. On en compte 4 : le Rigveda (Sagesse des Versets), recueil d’hymnes destinés à la récitation par les prêtres ; l’Ayurveda (Sagesse des Formules Sacrificielles), recueil de Mantras (formule mystique d’incantation); le Samaveda (Sagesse des Chants),d’autres hymnes ; et l’Atharvaveda (Sagesse des prêtres d’Atharva), constitué d’incantations, de sorts magiques appartenant plus au folklore qu’à la religion.

 

La foi selon les Vedas.

Les Vedas présentent l’existence de 33 divinités, toutes reliées à la Nature. Les dieux sont vénérés selon des rites précis, loués pour leurs qualités propres. Il y a de nombreux prêtres, mais pas encore de temples ni de pouvoir sacerdotal.

Les offrandes servent uniquement à apaiser les dieux et à obtenir des bénédictions matérielles. Il n’est pas encore question de péché ou de migration des âmes. Il y a néanmoins des traces d’une croyance en la félicité éternelle

400 ans après le Rigveda, on trouve au sein du polythéisme hindou le Dieu créateur, appelé Brahma. Il est souvent accompagné de deux autres dieux, Vishnou le Protecteur, et Shiva la Destructrice. Mais il ne reste pas longtemps un Dieu personnel.

Petit à petit, le polythéisme se change en panthéisme avec le texte des Upanishads et la croyance en Prajapati, le Tout. Brahma cesse d’être un Dieu personnel pour devenir une conception philosophique, celle du tout en laquelle le croyant espère se fondre pour ne plus se réincarner.

 

Le Brahmanisme.

Le Brahmanisme originel

Le Brahman est un prêtre qui vit dans l’ascétisme, le végétarisme et le pacifisme afin d’être exalté jusqu’à atteindre l’essence divine, Brahma.

Cette foi originelle est en fait très proche du Bouddhisme. Le ritualisme extrême et le pouvoir des prêtres va pousser plus tard le Bouddha à réformer l’Hindouisme pour le ramener à sa forme originelle.

Les Brahmanes étaient des penseurs étonnants. Ils passaient leur temps à sonder les choses et à étudier méthodiquement les différentes formes de pensées, de logiques, de philosophies et les circonstances de la vie. De nombreux philosophes grecs comme Platon, Pythagore et Aristote se sont inspirés de leurs prédécesseurs brahmanes.

Cet esprit est resté jusqu’aujourd’hui. Les Hindous, les Bouddhistes et les Indiens en général sont capables de raisonnements qui dépassent la moyenne (on trouve beaucoup d’informaticiens géniaux et de joueurs d’échecs parmi eux).

Le but du brahmanisme primitif était de quitter le monde des sens, de la matière et des désirs (qu’ils appellent maya, une illusion) pour n’être plus qu’un esprit absorbé dans l’Esprit Universel, Brahman.

Brahman est la seule chose réelle dans l’univers. Mais il se cache derrière et dans sa création. On peut le trouver en supprimant tout désir, tout sentiment, toute émotion, tout sens matériel ; on peut aussi le trouver en soi, puisqu’il se cache en nous.

Cette croyance est apparentée au Nihilisme, puisque l’illumination brahmanique est de mourir à tout ce qui est de ce monde. Elle mène à l’indifférence totale, puisque tout ce qui se passe sur la terre n’est qu’une illusion.

La corruption du Brahmanisme.

Les Brahmanes étaient de plus en plus adorés comme des dieux. Ils exigeaient de plus en plus de rituels et de sacrifices (parfois humains) de la part du peuple. Ils exerçaient un pouvoir sans partage.

Ils détachèrent finalement l’exigence morale des premiers brahmanes de la religion et sombrèrent dans la corruption.

L’adoration joyeuse et enfantine des éléments de la Nature fut changée en des rites morbides et sanglants offerts à des divinités cruelles et démoniaques.

Cela ressemble beaucoup à la corruption de l’Eglise Romaine pendant tout le Moyen-âge: l'élévation d'une caste de prêtres, la confiscation de la foi aux fidèles, l'introduction de superstitions et de traditions qui obscurcissent la foi au Créateur.

Cette corruption amènera un certain Siddharta à réformer le Brahmanisme par une nouvelle révélation qui fera de lui "le Bouddhâ", c'est-à-dire "l'Illuminé".

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